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Adoption du budget 2027 et rôle de la Banque de France — façade classique en pierre de taille, cour pavée déserte et grille en fer forgé sous la lumière d'octobre à Paris.
Consommation

Budget 2027 : la Banque de France appelle à adopter le texte

Le gouverneur de la Banque de France appelle l'exécutif et les parlementaires à adopter le budget 2027, quitte à recourir aux outils constitutionnels. Face à une dette publique supérieure à 113 % du PIB, l'institution prévient que les banques centrales ne compenseront aucun blocage politique.

Par Éloïse Lefort2 min de lecture
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À Bangkok, lors des réunions du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale, Emmanuel Moulin est intervenu ce 14 octobre 2026. L'examen du projet de budget pour 2027 venait de s'ouvrir la veille à l'Assemblée nationale. Le gouverneur de la Banque de France a appelé l'exécutif et les parlementaires à « prendre leurs responsabilités ». Dans un hémicycle sans majorité absolue, il a mis en garde contre le risque d'un blocage politique.

La fermeté face aux blocages parlementaires

« Il existe un certain nombre de dispositions dans la Constitution française permettant qu’un budget soit voté ou adopté même sans majorité au Parlement », a rappelé le gouverneur, en fonction depuis le 2 juin 2026. Cette mise au point vise des leviers comme l'article 49 alinéa 3 (Règle constitutionnelle permettant au gouvernement de faire adopter un texte sans vote, sauf adoption d'une motion de censure.), qui autorise une adoption sans vote. Elle renvoie aussi aux délais stricts imposés par l'article 47.

Emmanuel Moulin a surtout dissipé toute illusion sur un éventuel filet de sécurité financier. Ni l'institution nationale ni la Banque centrale européenne (BCE) ne viendront au secours des forces politiques si les débats s'enlisent. Le banquier central a prévenu : « Je ne pense pas que la BCE ou la Banque de France puissent faire grand-chose concernant ce processus parlementaire. »

Des comptes publics sous haute pression

L'exécutif s'est fixé pour objectif de ramener le déficit public (Solde annuel négatif des administrations publiques, constaté lorsque les dépenses excèdent les recettes.) à 5 % du PIB dans le budget de l'État (Document prévoyant et autorisant l'ensemble des recettes et des dépenses de l'État pour une année civile.) pour 2027. Cette cible intervient après plusieurs années de dérapage des comptes de l'État, des collectivités et de la Sécurité sociale.

Déficit public de la France entre 2020 et 2024 : repli de 9,2 % à 4,7 % du PIB suivi d'une remontée jusqu'à 5,8 %.
Évolution du déficit des administrations publiques françaises entre 2020 et 2024.LaBanque.org — données : InseeSource

Le redressement s'annonce exigeant. Selon l'Insee, le déficit public a atteint 5,8 % du PIB en 2024, soit 169,6 milliards d'euros, après un point bas à 4,7 % en 2022. Dans le même temps, la dette publique (Cumul des emprunts contractés par l'État, la Sécurité sociale et les collectivités pour financer leurs déficits.) atteignait 113,0 % du PIB fin 2024, représentant 3 305,3 milliards d'euros.

Présente à Bangkok, la directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, a partagé le même constat. Elle a prévenu qu'il « faudra du temps » pour rétablir une entière confiance auprès des investisseurs. Pour les deux institutions, l'adoption du budget demeure le test central de la crédibilité financière française.

Pour aller plus loin

Sources

Dans le dossier « Dette publique »

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