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Ce qui a été décidé
Au 17 juillet 2026, le taux en vigueur du Livret A reste de 1,5 %, fixé par l’arrêté du 28 janvier 2026 pour la période du 1er février au 31 juillet. Le compte épargne logement (CEL) reste, lui, rémunéré à 1 % jusqu’à cette même date. À compter du 1er août 2026, sous réserve de publication de l’arrêté au Journal officiel, le Livret A passera à 1,7 %. Le ministère de l’Économie l’a annoncé le 15 juillet, sur proposition du gouverneur de la Banque de France. Le LDDS, indexé sur le Livret A, passera lui aussi à 1,7 %.
Le Livret d’épargne populaire (LEP), réservé aux ménages sous conditions de ressources, sera maintenu à 2,5 % par le ministre de l’Économie Roland Lescure, sur préconisation du gouverneur de la Banque de France, afin de préserver un avantage marqué pour l’épargne des ménages les plus modestes. C’est donc une hausse annoncée pour le Livret A, mais pas celle qui avait été anticipée début juin : l’hypothèse de 1,8 % reposait sur l’accélération de l’inflation au printemps, avant l’intégration des données définitives de juin publiées par l’Insee.
Le point juridique doit rester explicite. Au 17 juillet 2026, les sources indexées de Légifrance ne font pas encore apparaître l’arrêté ministériel formalisant les taux applicables du 1er août 2026 au 31 janvier 2027. La décision est établie par le communiqué de Bercy, la recommandation de la Banque de France et la mise à jour de Service-Public.fr ; l’arrêté visible à cette date reste celui du 28 janvier 2026.
Pourquoi la formule mène à 1,7 %
La règle officielle est fixée par l’arrêté du 27 janvier 2021. Le taux du Livret A correspond en principe au plus élevé entre un plancher de 0,5 % et la moyenne de deux indicateurs : l’inflation hors tabac en France, mesurée en moyenne semestrielle, et la moyenne semestrielle de l’€STR.
Cette formule n’est pas un automatisme absolu. L’article 1er, II, 2° de l’arrêté du 27 janvier 2021 prévoit une clause de dérogation : sur proposition du gouverneur de la Banque de France, le ministre chargé de l’Économie peut retenir un taux différent lorsque les circonstances le justifient. Cette faculté a été utilisée régulièrement : gel du Livret A à 3 % de 2023 à 2025, taux retenu à 1,5 % en février 2026 malgré une formule à 1,4 %, et maintien annoncé du LEP à 2,5 % au 1er août 2026 malgré une formule à 2,2 %. Le maintien du LEP n’est donc pas une reconduction automatique, mais un coup de pouce discrétionnaire.
Pour la révision d’août 2026, la Banque de France retient une inflation hors tabac moyenne de 1,52 % sur janvier-juin 2026 et un €STR moyen de 1,95 %. Avec ces données publiées arrondies, le calcul donne (1,52 + 1,95) / 2 = 1,735 %. L’arrêté prévoit ensuite un arrondi au dixième de point le plus proche. Avec les données non arrondies, la formule ressort autour de 1,746 %, juste sous le seuil de bascule de 1,75 % qui aurait conduit à 1,8 %. La marge réelle est donc d’environ 0,004 point : le 1,7 % annoncé était serré.
L’écart avec l’anticipation de 1,8 % tient surtout au ralentissement de juin. L’inflation hors tabac est revenue à 1,7 % sur un an, après 2,4 % en mai, ce qui a suffi à placer la formule sous le seuil d’arrondi vers 1,8 %.
Les autres produits d’épargne
À compter du 1er août, le LDDS suivra le Livret A et passera donc à 1,7 %, net d’impôt comme lui. Le LEP sera maintenu à 2,5 %, avec un avantage de 0,8 point par rapport au Livret A. Le CEL devrait remonter à 1,25 % brut : sa formule correspond aux deux tiers du Livret A, arrondis au quart de point le plus proche. Mais ce 1,25 % n’est pas comparable tel quel au 1,7 % du Livret A ou du LDDS, car les intérêts des CEL récents sont en principe imposables et soumis aux prélèvements sociaux. Avec un prélèvement forfaitaire unique de 30 %, le rendement net ressortirait autour de 0,88 %.
Le PEL ne changera pas au 1er août. Son taux dépend de la date d’ouverture et reste fixé pour la durée du plan. Les PEL ouverts depuis le 1er janvier 2026 sont rémunérés à 2 % brut, selon l’avis publié au Journal officiel fin 2025 ; avec un PFU de 30 %, cela correspond à environ 1,40 % net.
Combien cela rapporte en euros
Pour un Livret A rempli au plafond de 22 950 €, le passage de 1,5 % à 1,7 % représente d’abord un écart en rythme annuel. Sur une année pleine, un livret au plafond rapporterait 390,15 € à 1,7 %, contre 344,25 € à 1,5 %, soit 45,90 € d’écart théorique. Mais aucun épargnant ne percevra exactement 45,90 € de plus au titre de 2026 pour cette seule décision, car le taux est révisé tous les six mois.
En 2026, un Livret A au plafond aura été rémunéré à 1,7 % en janvier, à 1,5 % de février à juillet, puis à 1,7 % d’août à décembre si l’arrêté attendu confirme la décision annoncée. Pour un livret déjà au plafond toute l’année et sans mouvement, cela représente environ 367,20 € d’intérêts sur 2026. L’effet propre de la hausse du 1er août est plus limité : 22 950 € x 0,2 % x 5/12, soit environ 19,13 € de plus entre août et décembre qu’un maintien à 1,5 % sur cette période.
L’écart avec le scénario à 1,8 % reste, lui aussi, un ordre de grandeur annualisé. À 1,8 %, un Livret A au plafond aurait rapporté 413,10 € sur une année pleine. La décision annoncée à 1,7 % représente donc 22,95 € de moins par an qu’un taux à 1,8 % pour un livret plein, avant d’être ramenée à la durée réelle d’application.
Pour un encours moyen, l’ordre de grandeur est plus modeste. La Banque de France fait état d’environ 58 millions de livrets A au 31 décembre 2025. Ce ne sont pas 58 millions de détenteurs : le stock comprend aussi des livrets détenus par des personnes morales et des livrets inactifs. En rapportant les 444,6 milliards d’euros d’encours de Livret A fin mai 2026 à cet ordre de grandeur, on obtient environ 7 700 € par livret, pas par personne. À ce niveau, le passage de 1,5 % à 1,7 % ajoute environ 15 € d’intérêts par an en rythme théorique, et un peu plus de 6 € sur les cinq derniers mois de 2026.
Le rendement réel dépend de l’indicateur d’inflation retenu. Face à la moyenne hors tabac de 1,52 % utilisée dans la formule, un taux de 1,7 % à compter du 1er août serait légèrement positif. Face à l’inflation totale de juin, à 1,8 % sur un an, il serait légèrement négatif. Face au pic de mai, à 2,4 %, il ne compenserait pas la hausse des prix. Le Livret A deviendra donc un peu plus rémunérateur à partir d’août, sans toujours garantir un gain de pouvoir d’achat selon le mois de comparaison.
Un contexte de décollecte et d’arbitrages
Cette hausse annoncée intervient après plusieurs mois de sorties. La Caisse des Dépôts indique que la collecte Livret A + LDDS a été négative de 0,77 milliard d’euros en mai 2026. Le seul Livret A a perdu 0,63 milliard sur le mois, pour un encours de 444,6 milliards d’euros fin mai. La décollecte cumulée du Livret A atteint 5,01 milliards d’euros depuis janvier.
Il ne faut pas en conclure que les ménages cessent d’épargner. Une partie des flux s’oriente vers d’autres supports, notamment l’assurance-vie. France Assureurs relève 14,0 milliards d’euros de cotisations en mai 2026, une collecte nette de 4,0 milliards sur le mois et un encours total de 2 162 milliards d’euros fin mai.
Le Livret A garde toutefois une fonction particulière. Les fonds centralisés par la Caisse des Dépôts servent à financer des missions d’intérêt général. En 2025, le Fonds d’épargne a consacré 22,9 milliards d’euros au logement social et à la politique de la ville, permettant notamment la construction de 123 036 logements et la rénovation de 235 291 logements existants. La même ressource finance aussi la transformation écologique et d’autres investissements publics de long terme.
Dates à retenir
Le nouveau taux doit s’appliquer le 1er août 2026, sous réserve de publication de l’arrêté au Journal officiel. Les intérêts du Livret A sont calculés par quinzaine : un dépôt effectué jusqu’au 15 du mois produit des intérêts à partir du 16 ; un dépôt effectué à partir du 16 produit des intérêts à partir du 1er jour du mois suivant.
Les intérêts cumulés sont ajoutés au capital le 31 décembre. La prochaine révision ordinaire sera calculée par la Banque de France autour du 15 janvier 2027 pour une application attendue au 1er février 2027, sauf circonstance exceptionnelle justifiant une révision intermédiaire.
