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Faux courtiers et arnaques en bourse : vérifier un intermédiaire avant d’investir
Avant d’ouvrir un compte-titres, de passer un ordre de bourse ou d’envoyer de l’argent à un « conseiller », prenez 10 minutes pour vérifier qui est réellement derrière le site et s’il est autorisé à proposer des services d’investissement en France. Cette étape simple réduit fortement le risque de fraude (usurpation d’identité, faux courtier, plateformes non autorisées).
1) Commencez par l’essentiel : qui est l’entreprise ?
Beaucoup d’arnaques reposent sur des marques « commerciales » floues, des sites miroirs et des numéros de téléphone changeants. Avant toute vérification, identifiez :
- La raison sociale (nom de la société) et le pays d’immatriculation
- Les mentions légales (adresse, e-mail, n° d’enregistrement, conditions)
- Le nom de domaine exact (attention aux variantes d’une lettre)
2) Vérifier l’autorisation : Regafi (ACPR)
Pour proposer des services d’investissement (banque, courtier en ligne…), une société doit être autorisée et identifiable dans des registres officiels.
Le réflexe : Regafi
L’AMF recommande de vérifier les prestataires de services d’investissement via Regafi, le registre tenu par l’ACPR (Banque de France). Recherchez la raison sociale (pas seulement la marque commerciale).
Bonnes pratiques :
- Recherchez la société avec son nom légal (souvent dans les mentions légales).
- Comparez l’orthographe exacte, et recoupez avec le site web que vous utilisez.
- Si la société est autorisée mais que le site / l’adresse e-mail diffère, méfiance : possible usurpation.
3) Vérifier un conseiller (CIF) : Orias
Certaines personnes se présentent comme conseiller en investissements financiers (CIF). Dans ce cas, l’AMF indique qu’un CIF doit être immatriculé au registre unique tenu par l’Orias.
Ce que vous devez vérifier :
- Le nom de la personne ou de la société
- Le statut « INSCRIT » (si affiché par le registre)
- La cohérence des coordonnées (adresse, site, e-mail)
4) Vérifier les listes noires et mises en garde (AMF / ACPR)
En complément, consultez :
- Les listes noires : sites/acteurs identifiés comme non autorisés (Forex, options binaires, certains dérivés, crypto-actifs, etc.)
- Les mises en garde et alertes
5) Signaux d’alerte fréquents (même si le discours paraît « professionnel »)
Voici des drapeaux rouges très courants en matière d’escroqueries financières :
- Rendement « garanti » ou « sans risque »
- Pression à agir vite (« dernière chance », « offre limitée », menaces)
- Demandes de virements vers des comptes étrangers / crypto / cartes prépayées
- Frais à payer pour « débloquer » un gain, un retrait, ou « récupérer des fonds »
- Appels non sollicités, numéros multiples, interlocuteurs qui changent
- Contrats imprécis, documents génériques, ou incohérences dans les mentions légales
6) Que faire si vous pensez être victime d’un faux courtier ?
Priorités (sans attendre) :
- Stopper les virements et couper l’accès à vos moyens de paiement (banque, carte, etc.).
- Conserver toutes les preuves : e-mails, captures d’écran, IBAN, contrats, échanges, historique des virements.
- Signaler : auprès des autorités compétentes (AMF/ACPR) et des services de police/gendarmerie si nécessaire.
- Prévenir votre banque dès que possible : selon la situation, elle pourra vous guider sur les démarches.