Commerces pillés : l'État active le chômage partiel à 100 %
Au moins 3 000 commerces ont été vandalisés lors du week-end des 17 et 18 octobre. Dès le mardi 20 octobre, le gouvernement déclenche un plan d'urgence financière. Les salariés bénéficieront d'un chômage partiel pris en charge à 100 %, couplé à des aides de trésorerie.
Le ministre du Commerce, Serge Papin, a dénombré au moins 3 000 magasins vandalisés à l'issue du week-end. Ce pointage dépasse nettement les 1 500 établissements recensés le dimanche soir. Les dégradations se sont aggravées dans la nuit à Paris, Marseille, Lyon et Nantes. Sur RTL, le président de CCI France, Alain Di Crescenzo, a évalué les dégâts en centaines de millions d'euros.
Réuni en cellule interministérielle de crise le lundi 19 octobre, le Premier ministre Sébastien Lecornu a dévoilé une riposte financière immédiate. Dès le mardi 20 octobre, les salariés des boutiques sinistrées bénéficieront d'un chômage partiel (Dispositif permettant à une entreprise en difficulté de réduire ou suspendre son activité tout en indemnisant ses salariés avec l'aide de l'État.) indemnisé à 100 %. « Il n'est pas question qu'il y ait de la casse sociale dans l'emploi après avoir connu la casse tout court », a-t-il déclaré.
Un dispositif dérogatoire pour la trésorerie et l'emploi
Cette prise en charge intégrale déroge nettement au régime ordinaire de l'activité partielle. En temps normal, l'indemnité horaire versée au salarié atteint 60 % de son salaire brut, soit environ 72 % du net. Une instruction ministérielle doit encore préciser si ce maintien à 100 % porte sur la rémunération brute ou nette.
Pour éviter les faillites avant les fêtes de fin d'année, Bercy a ordonné le report des charges sociales et fiscales des commerçants touchés. Le gouvernement crée en parallèle un fonds de soutien dédié aux urgences de trésorerie (Ensemble des liquidités immédiatement disponibles d'une entreprise pour payer ses salaires, ses fournisseurs et ses charges courantes.). Ses critères opérationnels seront arrêtés d'ici le mardi 20 octobre.
Assurances : des acomptes négociés en urgence
La rapidité des indemnisations privées constitue l'autre levier du plan gouvernemental. L'exécutif négocie avec les compagnies d'assurance (Contrat par lequel un assureur s'engage à indemniser un particulier ou une entreprise en cas de sinistre matériel ou financier.) pour simplifier les démarches, accélérer les expertises et verser rapidement un acompte d'assurance (Versement immédiat d'une partie de l'indemnité par l'assureur avant la fin de l'expertise, afin de soulager la trésorerie du sinistré.) aux exploitants.
À titre de comparaison, les émeutes de l'été 2023 avaient représenté 793 millions d'euros de dégâts assurés pour 16 400 à 17 000 sinistres. Selon la fédération France Assureurs, 66 % de ces dommages touchaient déjà des biens professionnels. En parallèle, l'exécutif a rappelé que la responsabilité civile des auteurs condamnés sera engagée. Cette démarche doit permettre aux assureurs et à l'État d'exercer des recours pour alléger la facture finale.
Une hausse de 10 € du baril relève aujourd'hui les prix de 0,3 à 0,4 % en France, contre environ 0,6 % en 2016. Selon la Banque de France, cette moindre sensibilité s'explique par le recul des achats de carburants et une production moins gourmande en brut.
L'indice de référence des loyers progresse de 1,57 % sur un an au troisième trimestre 2026, selon l'Insee. Ce nouveau plafond encadre la révision annuelle des baux d'habitation du parc privé indexés sur ce trimestre. Les logements classés F ou G restent toutefois exclus de toute hausse.
Les prix à la consommation augmentent de 3,1 % sur un an en septembre 2026 en France, au plus haut depuis janvier 2024. Portée par la flambée des carburants et du gaz, cette accélération fait repasser le rendement réel du Livret A et du LEP en territoire négatif.