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Majoration des petites retraites au régime général — agence publique en pierre claire et bois avec auvent vitré, vélos sur le parvis et logo officiel de la Cnav en haut à gauche.
Fiscalité

Petites retraites : la hausse se limite à 52 € en moyenne

La revalorisation des petites retraites a rapporté en moyenne 52 € bruts par mois en 2024 à 1,3 million d'assurés. Deux tiers des bénéficiaires sont des femmes. Seuls 6 % des pensionnés concernés atteignent toutefois le plafond de 100 € bruts.

Par Paul Vidal5 min de lecture

Montage LaBanque.org — Cnav / CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

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Créée par la loi du 14 avril 2023, la majoration exceptionnelle (Revalorisation allant jusqu'à 100 € bruts par mois accordée depuis septembre 2023 aux retraités partis avant la réforme avec le taux plein et 120 trimestres cotisés.) s'applique depuis le 1er septembre 2023 aux pensions liquidées avant cette date. La Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees) a publié le 14 octobre 2026 le bilan complet du dispositif. En 2024, ce coup de pouce a représenté un gain annuel moyen de 624 € bruts par bénéficiaire.

Un gain plus marqué pour les femmes retraitées

Les femmes constituent 67 % des bénéficiaires de cette revalorisation. La Caisse nationale d'assurance vieillesse (Cnav) recense ainsi 855 780 retraitées au régime général fin 2025, contre 423 648 hommes. En 2024, leur majoration mensuelle moyenne s'est établie à 58 € bruts, contre 39 € bruts pour les hommes, soit 19 € d'écart. Des salaires plus faibles durant leur vie active maintiennent leur pension de base à distance des plafonds qui réduisent le bonus.

Parmi ces 1 279 428 assurés du régime général, 62 % percevaient déjà le minimum contributif (Plancher de pension de base accordé aux retraités du privé ou indépendants partis à taux plein après avoir cotisé sur de faibles salaires.) (64 % des femmes et 58 % des hommes). Après l'indexation de 2,2 % des pensions de retraite (Pension versée après la vie active en contrepartie des cotisations prélevées durant la carrière professionnelle.) de base début 2025, la majoration moyenne atteint 53,02 € bruts par mois fin 2025. Ce gain annuel de 636 € bruts correspond à 59,36 € par mois pour les femmes contre 40,23 € pour les hommes.

Pourquoi si peu d'assurés touchent-ils 100 € ?

Au régime général, 8 % des femmes et 3 % des hommes bénéficiaires (6 % au total) perçoivent l'intégralité des 100 € bruts mensuels. Les 94 % restants subissent une réduction liée à trois conditions cumulatives fixées par l'article 18 de la loi d'avril 2023. L'assuré doit d'abord avoir obtenu sa retraite au taux plein de 50 % et réunir au moins 120 trimestres cotisés (Trimestres acquis par des cotisations prélevées sur un revenu d'activité, hors périodes assimilées comme le chômage ou la maladie.) (30 ans).

Seuls comptent ici les trimestres acquis par des cotisations sociales (Prélèvements sur les revenus du travail qui financent la protection sociale et ouvrent des droits à la retraite.) prélevées sur un revenu d'activité. Les périodes assimilées (chômage, maladie, invalidité) et les majorations pour enfants sont écartées de ce seuil de 120 trimestres. Pour les personnes retraitées avant septembre 2023, les trimestres d'Assurance vieillesse des parents au foyer (AVPF) sont également exclus de ce décompte.

Le plafond de 100 € bruts est ensuite réduit en proportion lorsque l'assuré n'a pas cotisé toute la durée requise pour sa génération. S'y ajoute un double écrêtement (Plafonnement qui réduit ou supprime le complément de pension lorsque le cumul des retraites de base et complémentaires dépasse un seuil réglementaire.) dès que la retraite dépasse les plafonds légaux.

En septembre 2023, la pension de base majorée ne pouvait pas excéder 847,57 € bruts mensuels, ni le total des retraites personnelles 1 352,23 € bruts. Comme l'indique L'Assurance retraite, « le seul fait d’avoir un total de retraites inférieur à 1 352,23 euros n’est pas suffisant pour prétendre à la majoration ».

Exemple

Pour un retraité parti avant septembre 2023 avec 144 trimestres cotisés sur 168 requis, la majoration de 100 € est ramenée à 85,71 € bruts. Le plafond de la pension de base est lui aussi réduit dans la même proportion, passant de 847,57 € à 726,49 € bruts mensuels. Avec une retraite de base initiale de 690 € bruts, son gain réel se limite donc à la différence, soit 36,49 € bruts par mois.

Le barème 2026 pour les nouveaux départs

Depuis le 1er janvier 2026, le minimum contributif majoré des nouveaux retraités atteint 903,93 € bruts par mois, contre 893,66 € en 2025. Indexé sur la hausse de 1,18 % du Smic, le socle de base passe de 747,69 € à 756,29 € bruts mensuels. Le plafond global des retraites de base et complémentaires s'établit désormais à 1 410,89 € bruts, après 1 394,86 € en 2025.

Petites retraites et minimum contributif majoré de janvier 2020 à janvier 2026 : hausse continue en huit paliers de 702,54 € à 903,93 € bruts mensuels.
Plafond mensuel brut du minimum contributif majoré au régime général, relevé de 100 € en septembre 2023 puis indexé sur le Smic jusqu'à 903,93 € en janvier 2026.LaBanque.org — données : Cnav / Barèmes IPP et Service-Public.frSource

Entre janvier 2020 et janvier 2026, ce minimum contributif majoré a connu huit hausses successives sans aucune baisse, passant de 702,54 € à 903,93 € bruts. Après la hausse de 100 € au 1er septembre 2023 (de 747,57 € à 847,57 €), ce plancher concernait 5,6 millions de retraités en 2024 (120 € bruts en moyenne).

Sur les 223 000 nouveaux retraités du régime général potentiellement éligibles en 2024 avant plafonnement, seuls 87 500 (39 %) l'ont effectivement touché. Le plafond tous régimes supprime en effet ce complément pour 55 % des assurés ayant cotisé à plusieurs caisses, contre 2 % des affiliés à un seul régime.

L'impact sur le minimum vieillesse et la réversion

La revalorisation de la pension de base n'améliore pas le pouvoir d'achat (Quantité de biens et de services qu'un revenu permet d'acheter, après prise en compte de l'évolution des prix.) des retraités qui perçoivent l'Allocation de solidarité aux personnes âgées (Prestation sociale différentielle (ancien minimum vieillesse) versée sous condition de ressources aux retraités modestes et récupérable sur succession.) (Aspa). Cet ancien minimum vieillesse fonctionne comme une prestation différentielle versée sous condition de ressources. Toute hausse de la retraite de base par la majoration exceptionnelle diminue d'autant le montant de l'Aspa, ce qui annule le gain net.

Sur le plan patrimonial, le minimum contributif et la majoration exceptionnelle restent attachés aux seuls droits propres du retraité. Lors du décès du bénéficiaire, ces compléments ne sont pas intégrés dans le calcul de la pension de réversion versée au conjoint survivant.

Pour aller plus loin

Sources

Dans le dossier « Pouvoir d'achat »

Tout voir →
Revalorisation de la retraite complémentaire Agirc-Arrco — façade vitrée contemporaine et hall d'un immeuble de bureaux parisiens sous la lumière matinale d'octobre.

Les retraites complémentaires vont augmenter de 1,2 % à 1,9 %

Le Conseil d'administration de l'Agirc-Arrco se réunit ce 14 octobre 2026 pour fixer la revalorisation des pensions de 14 millions d'anciens salariés. Encadrée par des règles strictes, l'augmentation applicable au 1er novembre oscillera entre 1,2 % et 1,9 %, après un gel complet l'an passé.

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Baisse du prix du gazole chez TotalEnergies — station-service en France au crépuscule, pistes sous auvent éclairé et logo officiel de l’enseigne intégré en bas à droite.

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Dans la rubrique Fiscalité

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Déblocage des stocks de gazole par le gouvernement — pistolets de distribution sur une piste de ravitaillement au crépuscule et cuves de stockage en arrière-plan.

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