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Taxe foncière en hausse de 93,4 % en France — façades d'immeuble en pierre de taille et de maison en tuiles vues depuis un balcon en fer forgé au-dessus d'arbres dorés.
Fiscalité

La taxe foncière a bondi de 93,4 % en vingt ans en France

La taxe foncière a augmenté de 93,4 % en moyenne entre 2005 et 2025 en France, soit 2,5 fois plus vite que l'inflation. Pour les propriétaires, la facture moyenne atteint désormais 635 € hors ordures ménagères, et 976 € dans les cinquante plus grandes villes.

Par Paul Vidal5 min de lecture
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Un impôt qui grimpe plus vite que les loyers

Exigible chaque automne pour tout bien immobilier bâti détenu au 1er janvier, la taxe foncière (Impôt local annuel dû par tout propriétaire d'un bien immobilier bâti ou non bâti au 1er janvier de l'année d'imposition.) 2026 arrive à échéance. Les règlements hors ligne, limités à 300 €, s'arrêtent ce 15 octobre, avant la clôture du paiement en ligne sur impots.gouv.fr le 20 octobre à minuit. Le prélèvement bancaire débutera le 26 octobre, suivi le 16 novembre d'une onzième mensualité pour les contribuables mensualisés dont l'impôt augmente.

À cette occasion, l'Union nationale des propriétaires immobiliers (UNPI) publie ce 15 octobre son vingtième Observatoire national. Entre 2005 et 2025, l'impôt moyen a crû de 93,4 % hors taxe d'enlèvement des ordures ménagères (TEOM (Taxe d'enlèvement des ordures ménagères, prélevée sur le même avis que la taxe foncière mais récupérable par le propriétaire bailleur auprès de son locataire.)), et de 84,1 % TEOM comprise. Sur la même période, l'inflation (Hausse générale et durable des prix à la consommation, qui réduit le pouvoir d'achat de la monnaie.) cumulée s'est limitée à 36,8 % et la progression des loyers à 27 %.

Contrairement à la TEOM, récupérable sur le locataire selon le décret du 26 août 1987, cet impôt reste à la charge exclusive du bailleur. Au taux moyen national de 40,88 % de la base imposable, il absorbe désormais l'équivalent de 2,5 mois de loyer net par an. « Les propriétaires payent des charges de plus en plus importantes et ce n'est plus juste », déplore Sylvain Grataloup, président de l'UNPI.

Pourquoi la facture a-t-elle presque doublé ?

Cette envolée sur deux décennies résulte de deux moteurs qui se multiplient. Les bases d'imposition ont augmenté de 46,3 % à l'échelle nationale, tandis que les taux locaux ont progressé en moyenne de 32 %. Pour calculer l'impôt, le fisc applique un abattement forfaitaire de 50 % pour frais et charges à la valeur locative cadastrale (Loyer annuel théorique attribué par l'administration fiscale à un bien immobilier, servant de base au calcul de la taxe foncière après un abattement de 50 %.) du logement.

Depuis 2018 et l'article 1518 bis du Code général des impôts, cette base suit automatiquement l'indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH (Indice des prix à la consommation harmonisé, mesure européenne de l'inflation publiée par l'Insee dont la valeur de novembre indexe les bases de taxe foncière.)) de novembre. Après un plancher à +0,2 % en 2021, cette revalorisation a atteint +3,4 % en 2022, puis un record de +7,1 % en 2023. Elle s'est ensuite établie à +3,9 % en 2024 et +1,7 % en 2025, avant de revenir à +0,8 % en 2026.

Taxe foncière et revalorisation des bases cadastrales de 2005 à 2026 : évolution entre un point bas de 0,2 % en 2021 et un pic de 7,1 % en 2023, suivie d'un repli à 0,8 % en 2026.
Évolution annuelle de la revalorisation des valeurs locatives cadastrales de 2005 (1,8 %) à 2026 (0,8 %), entre un point bas à 0,2 % en 2021 et un pic à 7,1 % en 2023.LaBanque.org — données : DGFiP / Observatoire UNPI (et impots.gouv.fr pour 2026)Source

Sur cette base élargie s'appliquent les taux votés par les collectivités locales, majorés de 3 % de frais de gestion de l'État. Malgré le transfert de la part départementale en 2021, les communes ont alourdi ces taux après la suppression de la taxe d'habitation entre 2018 et 2023. « La taxe foncière est devenue le principal levier fiscal à disposition des collectivités depuis la suppression de la taxe d'habitation sur les résidences principales », souligne Sylvain Grataloup.

Exemple

Pour un bien taxé à 328 € hors TEOM en 2005, la hausse des bases (+46,3 %) porte l'impôt à 480 € à taux constant. Avec la hausse moyenne des taux locaux (+32 %), la facture atteint la moyenne nationale de 635 € en 2025, soit +307 € par an.

De forts écarts d'imposition selon les villes

Dans les cinquante grandes villes, la moyenne de 976 € hors TEOM en 2026 (973 € en 2025) monte à 1 179 € avec TEOM. Sur vingt ans, Paris affiche la plus forte envolée (+261,2 % hors TEOM et +179,7 % TEOM incluse), devant Metz (+117 %) et Marseille (+105 %). Après la hausse de plus de 50 % du taux en 2023, la moyenne parisienne atteint 900 € hors TEOM (1 163 € avec TEOM).

En montant absolu, Grenoble domine le classement avec 1 487 € hors TEOM (1 679 € avec TEOM). La ville applique un taux record de 68 % hors TEOM (76,80 % avec TEOM) et devance Bordeaux (1 173 € hors TEOM), Marseille (943 €) et Lyon (772 €).

À l'inverse, Colombes (Hauts-de-Seine) limite la hausse sur vingt ans à +39,9 % TEOM incluse (905 € hors TEOM) grâce à des baisses de taux. Dans le même département, Boulogne-Billancourt conserve le taux le plus bas des cinquante grandes villes, à 15,80 % hors TEOM (619 € en moyenne).

Un rebond dès 2027 après l'accalmie de 2026

En 2026, la hausse moyenne s'est limitée à +1,7 % dans les 200 plus grandes villes, dans le contexte des élections municipales. Mais l'IPCH a rebondi à +3,4 % sur un an en septembre 2026, et l'Insee anticipe +2,9 % pour le mois de novembre. Cet indice de novembre, publié mi-décembre, devrait donc entraîner une revalorisation automatique des bases proche de 3 % dès 2027.

Parallèlement, la Direction générale des Finances publiques (DGFiP) relance localement la révision des logements de catégories 1 à 6. Selon la réponse ministérielle au Sénat du 14 mai 2026, cette procédure ajoute des mètres carrés fictifs par équivalence superficielle (Mètres carrés fictifs ajoutés par le fisc à la surface réelle d'un logement pour chaque équipement de confort présent (eau, électricité, WC, douche, chauffage).). Six équipements sont visés (eau, électricité, WC, lavabo, douche, chauffage ou climatisation), selon l'article 324 T de l'annexe III du Code général des impôts. Suspendue au niveau national fin 2025, l'opération reprend avec les mairies volontaires, après notification des propriétaires sur impots.gouv.fr.

Outils utiles

  • Comparateur louer ou acheter — Intégrer le poids annuel de la taxe foncière dans l'arbitrage financier entre l'achat d'une résidence principale et la location.

Pour aller plus loin

Sources

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