L'inflation monte à 3,1 % en septembre et dépasse le Livret A
La hausse des prix à la consommation atteint 3,1 % sur un an en France en septembre 2026, son plus haut niveau depuis janvier 2024. Portée par le rebond de l'énergie (+21,3 %), elle fait passer le Livret A (1,7 %) et le LEP (2,5 %) sous le niveau de l'inflation.
Le 15 octobre 2026, l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) a relevé son estimation provisoire de 0,1 point. Après 2,1 % en juillet et 2,4 % en août, l'indice des prix à la consommation (IPC) atteint 3,1 % en septembre. Utilisé pour les comparaisons européennes hors remboursements de santé, l'indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH (Indice des prix à la consommation harmonisé, calculé selon une méthodologie européenne commune afin de comparer l'inflation entre les pays de la zone euro.)) atteint 3,4 %, après 2,6 % en août.
Le choc pétrolier propulse l'énergie à +21,3 %
L'accélération de septembre provient avant tout de l'énergie, dont les tarifs s'envolent de 21,3 % sur un an, après 16,7 % en août. Depuis fin février 2026, le conflit au Moyen-Orient et le blocage du détroit d'Ormuz font flamber les cours mondiaux. Sur un an, les produits pétroliers prennent 36,2 %, tirés par le fioul (+64,6 %), le gazole (+44,1 %) et l'essence (+25,7 %).
Le gaz augmente de 19,0 % sur un an (après +14,3 % en août) et l'électricité de 1,4 % (après +1,1 %). Dans l'alimentation (+1,4 % sur un an), la hausse vient des produits frais, qui gagnent 9,5 % après 5,9 % en août. Les vagues de chaleur ont fait bondir de 35,8 % sur un an les légumes frais à fruits (tomates, courgettes).
Cette facture énergétique commence à gagner les services, qui accélèrent à 2,4 % sur un an après 1,9 % en août. Les transports grimpent de 5,1 % sur douze mois (+10,0 % dans l'aérien, +4,6 % dans le ferroviaire) et l'hébergement de 4,9 %. Plus exposés à l'énergie et à l'alimentation, les 20 % de ménages les plus modestes subissent 3,3 % d'inflation (Hausse générale et durable des prix à la consommation, qui réduit la quantité de biens et de services qu'un même montant en euros permet d'acheter.) hors tabac.
Une inflation sous-jacente deux fois moins rapide
Hors énergie et produits volatils, la dynamique des prix reste nettement plus contenue dans le reste de l'économie française. L'inflation sous-jacente (Mesure de l'évolution des prix hors tarifs publics et produits volatils (énergie, produits frais), corrigée des mesures fiscales pour isoler la tendance de fond.) s'établit à 1,5 % sur un an en septembre 2026, après 1,1 % en août. Cet écart de 1,6 point avec l'indice global confirme que la poussée actuelle tient surtout au choc énergétique et climatique.
Dans les rayons des supermarchés, l'alimentation hors produits frais n'augmente que de 0,4 % sur douze mois. Les produits d'alimentation industrielle, d'entretien et d'hygiène-beauté vendus en grande distribution reculent même de 0,3 % sur un an. Les produits manufacturés baissent aussi de 0,3 % sur un an (-0,9 % pour l'habillement-chaussures et -2,3 % pour la santé).
Poste du panier IPC
Août 2026 (sur un an)
Septembre 2026 (sur un an)
Énergie (7,64 % du panier)
+16,7 %
+21,3 %
Services (51,95 % du panier)
+1,9 %
+2,4 %
Alimentation (dont produits frais : +9,5 %)
+1,1 %
+1,4 %
Produits manufacturés (23,88 % du panier)
-0,4 %
-0,3 %
Le trompe-l'œil du repli mensuel de septembre
Entre août et septembre 2026, les prix reculent pourtant de 0,3 % en données brutes, après +0,7 % en août. Ce repli mensuel provient de la fin des vacances d'été (-15,0 % sur l'hébergement et -9,8 % sur les transports). Mais cette baisse saisonnière des services (-1,4 % sur un mois en septembre 2026) reste moindre qu'en septembre 2025 (-1,9 %).
En parallèle, l'énergie a gagné 3,9 % sur un mois (+3,4 % pour le gaz et +6,1 % pour les produits pétroliers). Corrigés des variations saisonnières, les prix progressent en réalité de 0,8 % en septembre, après +0,2 % en août. Tombé à 0,3 % en janvier 2026 après 0,9 % en moyenne en 2025, le glissement annuel (Évolution d'un indice des prix entre un mois donné et le même mois de l'année précédente, ce qui neutralise les variations saisonnières habituelles.) remonte ainsi à 3,1 %.
Glissement annuel de l'indice des prix à la consommation (IPC) de septembre 2025 à septembre 2026. Après un point bas à 0,3 % en janvier 2026, la hausse des prix culmine à 3,1 % en septembre (source : Insee).LaBanque.org — données : InseeSource
Quel est l'impact sur le Livret A et le LEP ?
Avec une inflation à 3,1 %, le Livret A (Placement d'épargne réglementé par l'État, disponible à tout moment et exonéré d'impôt comme de prélèvements sociaux, dans la limite de 22 950 € de versements.) et le Livret d'épargne populaire (LEP (Livret d'épargne populaire, placement réglementé et défiscalisé réservé aux contribuables sous plafond de revenus, limité à 10 000 € de dépôts.)) affichent simultanément un rendement réel (Rendement d'un placement après déduction de l'inflation : il devient négatif lorsque le taux d'intérêt servi est inférieur à la hausse des prix.) négatif. Depuis le 1er août 2026, le Livret A et le Livret de développement durable et solidaire (LDDS) rapportent 1,7 %, contre 1,5 % auparavant. Le LEP a été maintenu par dérogation à 2,5 %, au lieu des 2,2 % issus de la formule.
Fixés cet été d'après la faible inflation du premier semestre 2026, ces taux sont désormais dépassés par la hausse des prix. L'écart réel atteint -1,4 point sur le Livret A et -0,6 point sur le LEP, une première depuis 2023.
Exemple
Sur 10 000 € placés sur un Livret A à 1,7 %, les intérêts annuels atteignent 170 €, contre 310 € d'inflation. La perte annuelle de pouvoir d'achat ressort à environ 140 €, et à 321 € au plafond légal de 22 950 €. Sur un LEP au plafond de 10 000 € rémunéré à 2,5 % (250 € d'intérêts), l'érosion réelle avoisine 60 € par an.
Ce rebond relève toutefois mécaniquement la référence retenue pour réviser les livrets réglementés au 1er février 2027. Sur juillet, août et septembre 2026, l'inflation hors tabac (+3,1 % en septembre) ressort déjà à 2,53 % en moyenne. Les relevés d'octobre, publiés le 30 octobre 2026 en version provisoire puis le 13 novembre, compléteront cette moyenne arrêtée mi-janvier 2027.
Outils utiles
Comparateur de livrets d’épargne — Comparer le rendement net du Livret A (1,7 %), du LDDS et du LEP (2,5 %) face à l'inflation de 3,1 %.
Pour aller plus loin
Inflation — comprendre les règles et les démarches
Une hausse de 10 € du baril relève aujourd'hui les prix de 0,3 à 0,4 % en France, contre environ 0,6 % en 2016. Selon la Banque de France, cette moindre sensibilité s'explique par le recul des achats de carburants et une production moins gourmande en brut.
La taxe foncière a augmenté de 93,4 % en moyenne entre 2005 et 2025 en France, soit 2,5 fois plus vite que l'inflation. Pour les propriétaires, la facture moyenne atteint désormais 635 € hors ordures ménagères, et 976 € dans les cinquante plus grandes villes.
L'indice de référence des loyers progresse de 1,57 % sur un an au troisième trimestre 2026, selon l'Insee. Ce nouveau plafond encadre la révision annuelle des baux d'habitation du parc privé indexés sur ce trimestre. Les logements classés F ou G restent toutefois exclus de toute hausse.
La banque américaine Morgan Stanley a dépassé les attentes au troisième trimestre 2026, avec un bénéfice net de 4,909 milliards de dollars. Cette performance s'appuie sur une envolée de près de 41 % des revenus du courtage d'actions, stimulée par la forte activité sur les marchés.
Au troisième trimestre 2026, Bank of America a vu son bénéfice net reculer de 16,8 % à 6,93 milliards de dollars. Ce repli s'explique par une amende exceptionnelle de 1,2 milliard de dollars infligée par les régulateurs américains pour des failles de surveillance anti-blanchiment.
Vendre une action juste avant son envol n'engage pas la responsabilité de votre banque. Le médiateur de l'Autorité des marchés financiers rappelle qu'un mandat de gestion ne garantit aucun résultat titre par titre. L'épargnant ne peut prétendre à un dédommagement sans faute prouvée.