Dossier
Droits de succession et de donation
Comprendre la transmission d'un patrimoine, le calcul des droits et les démarches fiscales après un décès ou lors d'une donation.

Les droits de succession et de donation sont les impôts qui peuvent s'appliquer lorsqu'un patrimoine est transmis après un décès ou du vivant de son propriétaire. Ils comptent parce que le lien familial, les donations passées, la valeur des biens et les délais de déclaration peuvent modifier fortement la somme à régler.
À retenir
- La succession organise et déclare la transmission après un décès ; la donation transmet un bien ou une somme d'argent du vivant du donateur.
- Le calcul part de la part reçue, puis applique les exonérations, abattements et tarifs correspondant au lien entre les personnes.
- Le conjoint survivant et le partenaire de Pacs sont exonérés de droits de succession, sous réserve de leur qualité d'héritier ou de légataire.
- Une déclaration de succession se dépose souvent dans les six mois du décès en France métropolitaine ; un don manuel se déclare en principe dans le mois.
Deux transmissions, deux moments

Une donation intervient du vivant du donateur : elle peut porter sur de l'argent, un logement, des titres ou d'autres biens. La succession commence au décès et répartit le patrimoine selon la loi, un testament (Écrit par lequel une personne organise ses dernières volontés, notamment la transmission de ses biens après son décès.) et, le cas échéant, les droits du conjoint. Dans les deux situations, la fiscalité porte sur ce que reçoit chaque bénéficiaire, pas sur le patrimoine familial pris globalement.
Avant de chiffrer, il faut donc identifier la part de chacun. Pour une succession, l'inventaire rassemble les biens et les dettes du défunt. Lorsque la personne était mariée sous un régime de communauté, la succession comprend ses biens propres et la moitié des biens communs : la liquidation du régime matrimonial précède le calcul fiscal.
La donation peut servir à organiser une transmission par étapes. Elle laisse toutefois une trace fiscale : les abattements consentis entre un même donateur et un même bénéficiaire se regardent sur quinze ans. Une donation ancienne peut donc réduire l'abattement encore disponible au décès ou lors d'une nouvelle donation. C'est le principe du rapport fiscal : l'administration tient compte de certaines libéralités antérieures pour calculer les droits.
Le montant dépend surtout du lien familial

Le calcul suit un ordre simple : évaluer la part reçue, retirer les dettes admises dans une succession, appliquer les exonérations et abattements, puis soumettre le solde au tarif adapté au lien de parenté. Les tarifs progressifs s'appliquent par tranches ; un taux élevé affiché dans un barème ne frappe donc pas nécessairement toute la somme.
| Situation courante | Repère fiscal applicable au 4 août 2026 |
|---|---|
| Époux ou partenaire de Pacs qui hérite | Exonération de droits de succession |
| Enfant ou parent qui reçoit une succession ou une donation | Abattement de 100 000 € par parent et par enfant, avant barème |
| Petit-enfant qui reçoit une donation | Abattement de 31 865 €, sauf règles particulières de représentation |
| Frère ou sœur | Après abattement, tarif de 35 % jusqu'à 24 430 €, puis 45 % |
| Neveu, nièce ou parenté plus éloignée | Les tarifs peuvent atteindre 55 % ou 60 % selon le degré de parenté |
Le conjoint et le partenaire de Pacs bénéficient d'une exonération en succession. Le Pacs, à lui seul, ne donne pas la qualité d'héritier : un partenaire qui souhaite recevoir une part de la succession doit notamment être institué par testament. Pour les enfants, l'abattement de 100 000 € s'apprécie séparément pour chaque parent ; un couple avec deux enfants peut ainsi transmettre jusqu'à 400 000 € d'abattements au total, si les conditions sont réunies.
Exemple
Exemple illustratif : un enfant reçoit une part successorale de 150 000 € et n'a pas consommé son abattement. Après l'abattement de 100 000 €, la base soumise au barème est de 50 000 €. Le montant final dépend ensuite des tranches du barème en ligne directe et des éventuelles règles propres à la situation.
La succession : préparer puis déposer

La déclaration de succession établit l'identité des héritiers, les dispositions testamentaires éventuelles, les donations antérieures, les biens, leur estimation et les dettes. Plusieurs héritiers peuvent déposer une déclaration unique, signée par les personnes concernées. Les héritiers sont en principe solidaires pour le paiement des droits, alors qu'un légataire ou un donataire remplit sa propre déclaration et reste distinct des autres bénéficiaires.
Le notaire devient obligatoire, notamment lorsqu'il existe un bien immobilier, un testament, une donation entre époux, une donation antérieure, un contrat de mariage ou un acte de notoriété à établir. Même lorsqu'un notaire prépare la déclaration, les déclarants restent responsables devant l'administration fiscale de son contenu.
Étapes
- Réunissez les actes utiles : acte de décès, livret de famille, testament ou acte de notoriété, contrat de mariage et actes de donation.
- Établissez l'inventaire des actifs et des dettes, puis conservez les éléments qui justifient les valeurs retenues.
- Déterminez les parts reçues et les donations antérieures à prendre en compte.
- Déposez la déclaration au pôle enregistrement du domicile du défunt s'il résidait en France ; s'il résidait à l'étranger, adressez-la au service des impôts des particuliers non-résidents.
- Réglez les droits en même temps que le dépôt, ou demandez, si votre situation le permet, un paiement différé ou fractionné.
En France métropolitaine, la déclaration se dépose dans les six mois à compter du décès. Le délai atteint douze mois lorsque le décès est survenu à l'étranger ; des règles propres existent dans plusieurs territoires ultramarins. Un dépôt tardif entraîne un intérêt de retard de 0,20 % par mois et peut aussi entraîner une majoration.
Certaines petites successions sont dispensées de déclaration sous conditions. Par exemple, un enfant, un petit-enfant, un parent, un époux ou un partenaire de Pacs peut être dispensé lorsque l'actif brut est inférieur à 50 000 € et que les dons antérieurs ont été déclarés ou enregistrés. Cette dispense répond à des critères précis : vérifiez-les avant de conclure à l'absence de formalité.
Donner de l'argent ou un bien

La donation immobilière, la donation-partage et la donation entre époux passent obligatoirement par un notaire. Un don manuel d'argent ou de bien meuble peut être remis directement, par chèque, virement ou espèces selon le cas. La simplicité du geste ne supprime pas l'obligation fiscale : le bénéficiaire d'un don manuel doit le déclarer depuis son espace Finances publiques, en principe dans le mois qui suit le don.
Le don familial de somme d'argent ouvre, sous conditions d'âge et de lien familial, une exonération spécifique de 31 865 €. Elle se renouvelle tous les quinze ans entre un même donateur et un même bénéficiaire et peut se cumuler avec l'abattement de droit commun lorsque les conditions de chaque régime sont réunies. Les montants et la nature du lien doivent donc être vérifiés avant le versement.
À vérifier
- L'identité complète du donateur et du bénéficiaire, ainsi que leur lien de parenté.
- La date, le montant et le moyen de remise du don, avec un justificatif de virement ou de chèque.
- Les donations déjà reçues du même donateur depuis moins de quinze ans.
- Le type de bien : une transmission immobilière appelle un acte notarié.
- La déclaration en ligne ou, lorsqu'elle est admise, le formulaire papier en double exemplaire adressé au service fiscal chargé de l'enregistrement.
Les droits de donation sont dus le jour de la donation. Pour un don manuel taxable, la déclaration et le paiement interviennent ensemble ; pour un acte notarié, le notaire assure le règlement. Le donateur peut prendre les droits à sa charge, sans que cette prise en charge soit traitée comme un supplément de donation.
Payer, demander un délai, sécuriser le dossier

Les droits de succession se paient habituellement avec la déclaration. Une succession comprenant certains biens, par exemple des biens reçus en nue-propriété, peut ouvrir un paiement différé. Le fractionnement ou le différé nécessite une demande aux services fiscaux, l'accord exprès de tous les héritiers et le versement d'intérêts au taux indiqué dans l'autorisation. Cette demande aménage l'échéance ; elle ne transforme pas la dette fiscale en annulation.
Les documents de valeur jouent un rôle central : estimation immobilière, relevés bancaires au jour du décès, factures, contrats d'assurance, titres de propriété, dettes justifiées et actes de donation. Ils permettent à la fois de remplir la déclaration et de répondre à une demande ultérieure de l'administration. En cas de désaccord sur une évaluation ou un calcul, conservez les preuves et sollicitez le service compétent ou un notaire avant d'engager une réclamation.
Questions fréquentes

Dans quels cas un héritier est-il exonéré ?
Le conjoint survivant et le partenaire de Pacs sont exonérés de droits de succession. D'autres exonérations existent dans des situations particulières prévues par les textes ; elles dépendent des qualités du bénéficiaire et de la nature de la transmission.
Quels droits paie un enfant sur une succession ?
Un enfant bénéficie en principe d'un abattement de 100 000 € par parent. Le solde éventuel relève du barème progressif en ligne directe, après prise en compte des donations antérieures concernées.
Les règles sont-elles identiques pour une donation ?
Les abattements et plusieurs tarifs sont proches, mais la donation se déclare et se paie selon son mode de réalisation. Une donation immobilière requiert un notaire ; un don manuel relève d'une déclaration dédiée.
Qu'est-ce que le rapport fiscal ?
C'est la prise en compte de certaines donations reçues antérieurement pour apprécier l'abattement disponible et calculer les droits. La période de référence est de quinze ans entre le même donateur et le même bénéficiaire.
Que faire après un don manuel ?
Le bénéficiaire déclare le don dans son espace Finances publiques dans le délai applicable. Si le don est taxable, il paie les droits au moment de cette déclaration.
Sources et mise à jour
- Service-Public.gouv.fr — Droits de succession et de donation — consulté le 2026-08-04 — https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/N31160
- Service-Public.gouv.fr — Droits de succession - Déclaration — consulté le 2026-08-04 — https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F80
- Service-Public.gouv.fr — Droits de succession - Évaluation de la succession et calcul des droits — consulté le 2026-08-04 — https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F14198
- Service-Public.gouv.fr — Paiement des droits de succession — consulté le 2026-08-04 — https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F36432
- Service-Public.gouv.fr — Droits de donation - Don d'une somme d'argent — consulté le 2026-08-04 — https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F36656
- Service-Public.gouv.fr — Droits de donation - Calcul et paiement — consulté le 2026-08-04 — https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F14205