Aller au contenu principal
Hausse du coût des carburants pour les entreprises — pompe à gazole privative et camions de livraison alignés devant un dépôt logistique.
Consommation

L'incertitude économique remonte sous l'effet des carburants

L'indicateur d'incertitude de la Banque de France est reparti à la hausse en septembre 2026, brisant six mois d'accalmie. Alimentée par le prix des carburants, cette inquiétude freine les investissements et les commandes. Dans ce contexte, la croissance du PIB reste estimée à +0,1 % au troisième trimestre.

Par Éloïse Lefort2 min de lecture
Partager

Des projets gelés et des ménages prudents

Publiée le 12 octobre 2026, l'enquête mensuelle de conjoncture de la Banque de France dévoile un net changement d'ambiance. Depuis son sommet de mars 2026, l'indicateur d'incertitude (Indice de la Banque de France mesurant l'inquiétude des chefs d'entreprise d'après l'analyse de leurs commentaires, avec une base 100 en période normale.) avait reflué chaque mois. Les réponses d'environ 8 500 chefs d'entreprise, interrogés entre le 27 septembre et le 5 octobre, révèlent un retournement brutal.

Dans leurs commentaires libres, les dirigeants pointent d'abord le renchérissement du pétrole et des carburants à la pompe. Cette flambée ravive des craintes d'inflation (Hausse générale et durable des prix des biens et des services, qui entraîne une perte de pouvoir d'achat de la monnaie.) sur les charges d'exploitation. L'institution note ainsi « des comportements attentistes », marqués par des reports de projets d'équipement et des commandes différées.

Cette retenue gagne aussi les particuliers. Face aux hausses de prix dans les stations-service, les ménages limitent leurs dépenses pour protéger leur pouvoir d'achat (Quantité de biens et de services qu'un ménage peut acheter avec ses revenus disponibles, compte tenu du niveau des prix.). Dans les services marchands, la trésorerie des entreprises se tend sous l'effet d'un allongement des délais de paiement.

Des marges comprimées et une activité au ralenti

Ce contexte difficile crée un effet de ciseau direct sur les comptes des entreprises. Dans l'industrie, seules 13 % des entreprises ont augmenté leurs prix de vente en septembre 2026, contre 10 % en moyenne historique. Elles absorbent l'essentiel de la hausse des matières premières et de l'énergie sans la répercuter, ce qui comprime leurs marges d'exploitation.

Toutes les filières ne subissent pas la même pression. Le secteur de la construction souffre le plus lourdement. Sa valeur ajoutée devrait reculer de -1,2 % au troisième trimestre 2026, après un repli de -0,6 % au deuxième trimestre. À ces tensions s'ajoutent d'autres contraintes : 18 % des entreprises peinent à recruter, tandis que 11 % des usines manquent d'approvisionnements.

Malgré ce climat frileux, la Banque de France maintient sa prévision de croissance économique (Augmentation sur une période donnée de la production de biens et de services dans un pays, mesurée par l'évolution du produit intérieur brut (PIB).) à +0,1 % pour le troisième trimestre 2026. L'activité éviterait ainsi la contraction, après un recul de -0,1 % au premier trimestre puis une stagnation à 0,0 % au deuxième trimestre.

Pour aller plus loin

  • Inflation — comprendre les règles et les démarches
  • Pouvoir d'achat — comprendre les règles et les démarches
  • Pétrole — comprendre les règles et les démarches

Sources

Dans le dossier « Inflation »

Tout voir →
Prix Nobel d'économie 2026 — estrade en chêne, pupitre officiel et rangées de sièges en velours bleu dans la salle de l'Académie à Stockholm.

Le Nobel d'économie attribué à Robert Hall et Michael Woodford

L'Académie royale des sciences de Suède décerne le prix Nobel d'économie 2026 aux économistes Robert Hall et Michael Woodford. Leurs recherches montrent comment les anticipations des ménages guident la consommation et permettent aux banques centrales de mieux calibrer leur politique de taux d'intérêt.

Croissance mondiale portée par l'intelligence artificielle — allée centrale d'un centre de données avec baies de serveurs et plancher ventilé.

L'intelligence artificielle porte la croissance mondiale à 3 %

Le Fonds monétaire international prévoit une croissance mondiale de 3,0 % en 2026. L'essor massif des investissements dans l'intelligence artificielle compense le choc énergétique et la hausse de l'inflation. Cette dynamique profite surtout aux fabricants asiatiques de puces et aux concepteurs américains.

Sur le même thème

Tout voir →
Mobilisation des stocks stratégiques de gazole — collecteur de tuyauteries et vannes métalliques devant de grandes cuves cylindriques dans un dépôt pétrolier.

Gazole : l'État mobilise ses réserves pour baisser les prix

Pour freiner la flambée du carburant, l'État mettra sur le marché dix millions de barils de gazole issus de ses réserves. Ce déstockage de trois mois vise une baisse de 12 à 18 centimes par litre à la pompe dès le 1er novembre 2026. L'économie atteindra 6 à 9 euros sur un plein de 50 litres.

Prix du gazole à la pompe en France — pistes de ravitaillement d'une station-service au crépuscule d'automne, pistolets de distribution sur les bornes et asphalte humide.

Gazole : l'État promet 12 à 18 centimes de baisse au litre

Le gouvernement va libérer dix millions de barils des réserves d'État pour faire baisser le gazole de 12 à 18 centimes par litre dès novembre 2026. Cette mesure temporaire de trois mois vise à alléger le plein des automobilistes d'environ dix euros, sans toucher aux tarifs des essences.

Stocks de pétrole mobilisés par le G7 — pistolet de distribution noir et flexible reposant sur une pompe de station-service au crépuscule.

Le G7 libère 100 millions de barils pour freiner les prix

Réunis en urgence le 2 octobre 2026, les pays du G7 vont libérer 100 millions de barils de brut et de diesel. Cette opération sur quatre mois vise à freiner les prix à la pompe. En France, le litre de gazole a culminé fin septembre au niveau record de 2,39 €.