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Stocks de pétrole mobilisés par le G7 — pistolet de distribution noir et flexible reposant sur une pompe de station-service au crépuscule.
Consommation

Le G7 libère 100 millions de barils pour freiner les prix

Réunis en urgence le 2 octobre 2026, les pays du G7 vont libérer 100 millions de barils de brut et de diesel. Cette opération sur quatre mois vise à freiner les prix à la pompe. En France, le litre de gazole a culminé fin septembre au niveau record de 2,39 €.

Par Éloïse Lefort5 min de lecture
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À retenir

  • Déblocage d'urgence sous 20 jours de réserves de gazole pour soulager le marché européen.
  • Engagement du G7 d'appliquer zéro restriction d'exportation, écartant la menace d'un arrêt des flux américains.
  • Volume équivalent à 833 000 barils par jour sur quatre mois, soit moins de 1 % de la demande mondiale.

Une injection massive pour désamorcer la crise

L'initiative a été scellée le 2 octobre 2026 lors d'une visioconférence de crise présidée par Emmanuel Macron. Face à l'escalade des cours de l'énergie, les dirigeants des grandes puissances ont choisi de puiser dans leurs réserves d'urgence. L'opération s'étalera sur une durée de 120 jours.

« On a décidé de relâcher les stocks stratégiques de diesel et de pétrole (Matière première énergétique fossile dont le cours mondial conditionne directement les prix des carburants raffinés.) brut sous la coordination de l'Agence internationale de l'énergie, jusqu'à 100 millions de barils, sous quatre mois », a précisé le chef de l'État. Ce volume représente un appoint moyen de 833 000 barils par jour pour alimenter le marché mondial.

Sur les places financières, l'annonce a entraîné un repli immédiat des cours. Le baril de Brent de la mer du Nord est repassé sous la barre des 100 dollars, à 99,55 dollars. De son côté, la référence américaine du WTI est tombée sous les 90 dollars, à 89,35 dollars. Chaque baril de pétrole (Unité standard de mesure pétrolière équivalant à environ 159 litres de liquide.) contient environ 159 litres de brut destinés aux raffineries.

Prix du pétrole et du diesel à la pompe en France en 2026 : hausse de 1,65 € en janvier au pic record de 2,39 € fin septembre, puis repli à 2,38 € début octobre.
Relevés officiels du prix moyen du gazole TTC en France métropolitaine entre janvier et octobre 2026.LaBanque.org — données : DGEC / InseeSource

L’accord politique qui écarte la menace d’un embargo

La réunion du G7 a surtout permis de désamorcer une crise commerciale majeure. L'administration de Donald Trump menaçait de bloquer ses expéditions de carburant vers l'Europe avant les élections de mi-mandat. Une telle fermeture des robinets aurait provoqué de graves pénuries dans les stations françaises dès l'automne.

Les dirigeants ont finalement convenu de ne poser aucune restriction d'exportation entre pays alliés. Cet engagement garantit le maintien des flux transatlantiques en distillats moyens (Catégorie de produits pétroliers raffinés comprenant le gazole automobile, le fioul domestique et le kérosène.), la catégorie technique qui regroupe le gazole routier et le fioul.

Le compromis s'accompagne d'un volet industriel pour désengorger la filière. Les pays membres vont synchroniser les maintenances de leurs raffineries pour tourner à plein régime. Cette maximisation de l'outil de production vise à comprimer la marge de raffinage (Différence entre la valeur des produits pétroliers raffinés obtenus et le coût d'achat du pétrole brut utilisé.), dont la flambée récente a directement gonflé les prix à la pompe.

Quand la baisse sera-t-elle visible à la pompe ?

Les automobilistes devront attendre environ trois semaines avant de constater une détente réelle sur les totems des stations-service. L'accord du G7 prévoit en priorité l'injection de volumes substantiels de gazole raffiné sous 20 jours. Ce calendrier correspond au temps nécessaire pour acheminer et distribuer physiquement le carburant dans les réseaux.

En France, le gazole a atteint des niveaux records. Au 2 octobre 2026, son prix moyen s'établissait à 2,38 € le litre, après un pic historique à 2,39 € fin septembre. La progression a ainsi dépassé 7 % sur le seul mois de septembre.

Cette flambée crée un écart inhabituel de plus de 20 centimes avec le sans-plomb 95-E10, affiché à 2,165 € le litre. La série officielle de la DGEC compte trois hausses et deux baisses sur les cinq intervalles de 2026. Le carburant était parti d'un point bas à 1,65 € en janvier.

Exemple

Pour un automobiliste au volant d'un véhicule diesel effectuant un plein de 50 litres à 2,38 € le litre (coût : 119 €), une décrue de 10 centimes par litre représente une économie de 5 € par plein. Pour deux pleins par mois, le gain direct s'élève à 10 € sur le budget mensuel.

Ce reflux attendu constitue un enjeu direct pour préserver le pouvoir d'achat (Capacité d'un ménage à consommer des biens et services selon ses revenus et le niveau des prix.) des ménages qui dépendent de leur voiture. Les dépenses de carburant pèsent lourdement sur l'inflation (Hausse générale et durable des prix des biens et services qui entraîne une perte du pouvoir d'achat de la monnaie.) subie au quotidien.

Pourquoi cette mesure reste un amortisseur temporaire

L'intervention coordonnée apporte un répit, mais ne résout pas la crise géopolitique qui perturbe le marché du pétrole. Les 100 millions de barils injectés sur quatre mois représentent environ 833 000 barils par jour. Rapporté à une consommation mondiale de 103 millions de barils par jour en 2026, cet appoint équivaut à environ 0,8 % de la demande quotidienne.

Le recours aux stocks stratégiques pétroliers (Réserves obligatoires de pétrole brut ou de carburants raffinés mobilisables par l'État pour faire face à une crise d'approvisionnement.) reste une mesure exceptionnelle régie par l'accord de 1974 de l'AIE. Chaque État membre a l'obligation de conserver au moins 90 jours d'importations nettes de brut et de carburants. En mars 2026, l'agence avait déjà autorisé la libération de 400 millions de barils sans freiner durablement l'escalade des prix.

Les difficultés logistiques continuent par ailleurs de renchérir les cargaisons. Les tensions dans le détroit d'Ormuz, où transite un cinquième du brut planétaire, obligent les pétroliers à contourner l'Afrique par le cap de Bonne-Espérance. Ce détour de deux semaines de navigation supplémentaires maintient les coûts de transport et d'assurance à des sommets.

Pour aller plus loin

  • Inflation — comprendre les règles et les démarches
  • Pouvoir d'achat — comprendre les règles et les démarches
  • Pétrole — comprendre les règles et les démarches

Sources

Dans le dossier « Inflation »

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