Fonction publique : le minimum de traitement relevé en 2027
Le ministre des Comptes publics David Amiel propose de porter l'indice minimum de traitement des agents publics à 372 au 1er janvier 2027. Cette mesure administrative fera sortir 400 000 agents du rattrapage sous le Smic, sans toutefois faire grimper leur salaire net mensuel.
Réunis le 2 octobre 2026 par le ministre délégué chargé des Comptes publics, David Amiel, les syndicats de la fonction publique ont découvert le nouveau plancher indiciaire prévu pour 2027. Bloqué à l'indice 366 depuis le 1er janvier 2024, ce seuil minimum garanti passerait à l'indice majoré (Nombre de points fixé selon le grade et l'échelon pour établir la rémunération de base.) 372.
Cette revalorisation de six points augmente le traitement indiciaire brut mensuel de 29,54 euros. La rémunération de base au premier échelon atteindra ainsi 1 831,27 euros, contre 1 801,74 euros actuellement. Ce calcul repose sur la valeur annuelle du point d'indice (Valeur monétaire de référence servant à calculer le salaire brut de base des agents publics.), fixée à 59,0734 euros.
Une hausse indiciaire pour rattraper le Smic
Ce relèvement répond à un décalage grandissant lié à l'inflation (Hausse générale et durable des prix payés par les ménages.). À ce jour, 862 000 agents publics perçoivent un traitement indiciaire inférieur au salaire minimum légal. Les hausses successives du Smic ont progressé plus vite que la grille indiciaire, gelée depuis plusieurs années.
Le passage à l'indice 372 permettra à environ 400 000 agents de dépasser à nouveau le Smic. Leur seul traitement de base suffira pour franchir ce seuil. Ces fonctionnaires et contractuels quitteront ainsi le dispositif de compensation automatique en vigueur.
Pourquoi le salaire net ne va-t-il pas augmenter ?
Sur la fiche de paie, l'opération ressemble à un strict jeu de vases communicants. Le décret du 2 août 1991 impose à l'employeur public de verser une indemnité différentielle (Complément versé à un agent public quand son traitement indiciaire est inférieur au Smic brut.) dès que le traitement indiciaire tombe sous le Smic brut. Cette compensation comble la différence chaque mois.
Le nouveau plancher ne crée donc aucun gain de pouvoir d'achat (Capacité d'un foyer à acheter des biens et services selon ses revenus et l'évolution des prix.) immédiat. Quand le traitement indiciaire augmente de 29,54 euros, l'indemnité compensatrice diminue exactement du même montant. David Amiel l'a confirmé aux syndicats : « Pour ces agents, il s'agit de remplacer une indemnité de rattrapage par du traitement indiciaire. »
Exemple
Un agent à l'indice 366 (1 801,74 € brut) touche 65,28 € d'indemnité différentielle. À l'indice 372, son traitement de base monte à 1 831,27 € (+29,54 €). Son indemnité baisse à 35,75 €. Sa rémunération brute reste fixée à 1 867,02 €.
La fiche de paie affichera une répartition modifiée entre les lignes. En bas de la feuille, le virement net perçu sur le compte bancaire restera pourtant strictement identique.
Un gain différé pour la future pension de retraite
L'intérêt réel du dispositif se révèle sur le long terme. Les primes et indemnités restent très peu prises en compte pour les pensions de base. À l'inverse, le traitement indiciaire forme le socle exclusif de la retraite (Pension financière versée à un travailleur ayant cessé son activité professionnelle.) des fonctionnaires.
La pension civile se calcule à hauteur de 75 % du traitement indiciaire brut détenu lors des six derniers mois au taux plein. Les six points d'indice supplémentaires viendront donc consolider les droits futurs des agents. Le gain pourra atteindre jusqu'à 22,15 euros brut mensuels au moment du départ. Cette amélioration future ne résout toutefois pas les tensions immédiates de fin de mois.
Le tassement des carrières au cœur des tensions
Le relèvement continu du seuil plancher aggrave un phénomène de tassement de grille (Resserrement des écarts de rémunération entre échelons sous l'effet des hausses du Smic.). Faute de revalorisation générale, les premiers échelons de catégorie C se retrouvent tous alignés sur le salaire minimum. Deux agents séparés par plusieurs années d'ancienneté touchent désormais la même rémunération de base.
Niveau de l'indice majoré plancher applicable aux agents civils et militaires de la fonction publique.LaBanque.org — données : Légifrance / DGAFPSource
Le gouvernement promet des injections de points dans les premiers échelons pour valoriser l'ancienneté. Toutefois, le ministère n'a communiqué aucun calendrier ni tableau chiffré pour ces mesures d'accompagnement.
Cette absence d'engagements précis nourrit la contestation. Damien Martinez, secrétaire fédéral de la CGT des Services publics, dénonce « des mesurettes, de l'affichage qui ne va pas chercher bien loin ». Le projet de budget 2027 présenté le 1er octobre confirme le gel du point d'indice. Cette décision suit la mobilisation du 29 septembre 2026, où plus de 300 000 agents ont réclamé une hausse générale des salaires (Rémunération versée à un salarié ou agent public en contrepartie du travail fourni.).
Pour aller plus loin
Inflation — comprendre les règles et les démarches
Le Conseil d'administration de l'Agirc-Arrco se réunit ce 14 octobre 2026 pour fixer la revalorisation des pensions de 14 millions d'anciens salariés. Encadrée par des règles strictes, l'augmentation applicable au 1er novembre oscillera entre 1,2 % et 1,9 %, après un gel complet l'an passé.
Le projet de loi de finances pour 2027 indexe le barème de l'impôt sur l'inflation et ouvre un guichet temporaire pour les dons familiaux. En contrepartie, le texte rabote l'abattement des retraités aisés et durcit la fiscalité de certains revenus de remplacement.
Pour freiner la flambée du carburant, l'État mettra sur le marché dix millions de barils de gazole issus de ses réserves. Ce déstockage de trois mois vise une baisse de 12 à 18 centimes par litre à la pompe dès le 1er novembre 2026. L'économie atteindra 6 à 9 euros sur un plein de 50 litres.
Le gouvernement va libérer dix millions de barils des réserves d'État pour faire baisser le gazole de 12 à 18 centimes par litre dès novembre 2026. Cette mesure temporaire de trois mois vise à alléger le plein des automobilistes d'environ dix euros, sans toucher aux tarifs des essences.
Le gouvernement libère 10 millions de barils de réserves pour faire baisser le prix du gazole jusqu'à 18 centimes le litre dès le 1er novembre 2026. L'opération durera trois mois et s'appliquera directement à la pompe, mais exclut totalement l'essence.
TotalEnergies va baisser le prix du gazole de 8 à 12 centimes par litre pour les particuliers dès début novembre dans ses stations. Cet engagement fait suite au déstockage de réserves stratégiques décidé par l'État pour freiner la flambée à la pompe.