À retenir
- 98,52 % des 4 271 répondants Que Choisir déclarent une hausse en 2026.
- Cotisation (prix du contrat) : hausse moyenne 106,21 € ; médiane 56,50 €.
- La Mutualité française anticipait +4,3 % en individuel et +4,7 % en collectif.
- La loi 2026 prévoit un gel et une contribution exceptionnelle de 2,05 %.
- Après un an, un contrat individuel peut être résilié à tout moment.
De combien augmente la mutuelle en 2026 ?
En 2026, la hausse la plus documentée atteint 106,21 € par an en moyenne parmi les répondants à l'appel à témoignages de Que Choisir Ensemble. Ce chiffre ne décrit pas toute la population assurée : il mesure des hausses déclarées par 3 067 réponses exploitables, avec une médiane plus basse, à 56,50 €.
En chiffres
- 4 271 témoignages recueillis du 23 janvier au 20 mars 2026.
- 98,52 % des répondants déclarent une cotisation en hausse.
- 106,21 € de hausse annuelle moyenne sur les réponses exploitables.
- 56,50 € de hausse médiane : la moitié des déclarants est en dessous.
La cotisation, c'est le prix payé à l'organisme complémentaire, généralement chaque mois. Une complémentaire santé, souvent appelée mutuelle, rembourse tout ou partie des dépenses non couvertes par l'Assurance maladie obligatoire. En 2026, l'augmentation se lit donc en euros sur l'avis d'échéance, mais aussi en pourcentage selon le niveau de départ.
La Mutualité française avait annoncé, en décembre 2025, une hausse moyenne de 4,3 % pour les contrats individuels, souscrits directement, et de 4,7 % pour les contrats collectifs d'entreprise, négociés via l'employeur. Certains courtiers et témoignages évoquent des hausses beaucoup plus fortes, parfois à deux chiffres, mais cette fourchette n'est pas consolidée par une source publique unique.
| Cotisation 2025 | Hausse à 4,5 % | Hausse à 8 % | Hausse à 12 % |
|---|---|---|---|
| 600 € par an | +27 € | +48 € | +72 € |
| 1 200 € par an | +54 € | +96 € | +144 € |
| 1 800 € par an | +81 € | +144 € | +216 € |
| 2 400 € par an | +108 € | +192 € | +288 € |
Pourquoi cette hausse maintenant ?
La hausse vient surtout du coût des soins : plus de remboursements, une population vieillissante, davantage de maladies chroniques et des tarifs médicaux revalorisés. Les complémentaires citent aussi des transferts de charges, c'est-à-dire des dépenses moins prises par l'Assurance maladie obligatoire et davantage par les organismes complémentaires.
La Drees, le service statistique des ministères sociaux, chiffre la dépense courante de santé à 333 milliards d'euros en 2024, en hausse de 3,6 % sur un an. La consommation de soins et de biens médicaux atteint 255 milliards d'euros, dont 33 milliards financés par les organismes complémentaires.
Bon à savoir
Le débat de 2026 est particulier : l'article 13 de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 crée une contribution exceptionnelle de 2,05 % sur les cotisations de complémentaire santé et prévoit que les cotisations 2026 ne peuvent pas dépasser celles de 2025. Son application pratique reste contestée par le secteur.
Les assurés voient donc deux réalités se superposer. D'un côté, les dépenses de santé progressent et les organismes disent devoir équilibrer leurs comptes. De l'autre, le Parlement a voulu limiter la répercussion sur les ménages en 2026. Au 18 juillet 2026, cette tension explique une partie de la confusion reçue dans les avis d'échéance.
Qui est le plus touché ?
Les plus exposés sont souvent les assurés qui paient seuls leur contrat individuel : retraités, indépendants, étudiants sans contrat collectif, demandeurs d'emploi. Les salariés du privé ont en général une complémentaire collective, souscrite via l'employeur, avec une prise en charge patronale minimale de 50 % de la cotisation.
| Situation | Type de contrat | Impact à vérifier |
|---|---|---|
| Salarié du privé | Collectif obligatoire | Part employeur, options famille, hausses répercutées sur la paie |
| Retraité | Individuel | Cotisation payée seul, tarif souvent lié à l'âge |
| Indépendant | Individuel ou contrat professionnel | Garanties santé séparées de la prévoyance |
| Conjoint ou enfant couvert deux fois | Doublon possible | Radiation d'un ayant droit ou dispense si les règles le permettent |
| Bénéficiaire de la complémentaire santé solidaire (C2S) | Dispositif solidaire | Vérifier l'éligibilité avant de payer une couverture classique |
Un contrat individuel est souscrit directement auprès d'une mutuelle, d'un assureur ou d'une institution de prévoyance. Un contrat collectif est négocié pour un groupe, le plus souvent une entreprise. La différence compte beaucoup : deux personnes avec les mêmes soins peuvent payer des montants très différents selon l'âge, la zone, les options et la participation de l'employeur.
Le reste à charge, c'est ce qui reste réellement payé après remboursements de la Sécurité sociale et de la mutuelle. Pour juger une hausse, il faut donc regarder le prix, mais aussi les garanties, c'est-à-dire les postes couverts : hospitalisation, dentaire, optique, audiologie, consultations avec dépassements d'honoraires.
Comment réduire sa cotisation ?
La baisse la plus réaliste vient d'une vérification méthodique : comparer des garanties équivalentes, supprimer les doublons, ajuster les postes surdimensionnés et utiliser la résiliation infra-annuelle, le droit de résilier après un an. Le prix seul ne suffit pas, car une cotisation plus basse peut laisser un reste à charge plus élevé.
Comment ça marche
- Reprenez vos remboursements des 12 à 24 derniers mois.
- Listez les besoins probables : lunettes, dentaire, hospitalisation, spécialistes.
- Comparez au moins trois devis avec le même niveau de garanties.
- Vérifiez les délais de carence, exclusions, plafonds et réseaux de soins.
- Après un an, laissez le nouvel assureur demander la résiliation si vous changez.
La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) rappelle qu'un contrat doit préciser clairement les niveaux de remboursement, les ayants droit couverts et les éventuels délais de carence. Depuis la réforme de résiliation à tout moment, un particulier peut résilier un contrat individuel après un an ; la résiliation prend effet un mois après notification, avec remboursement de la période non assurée.
Exemple
Une personne paie 112 € par mois, soit 1 344 € par an. Un contrat équivalent à 98 € par mois coûte 1 176 € par an. L'économie brute atteint 168 € par an. Elle n'est intéressante que si les remboursements utiles restent comparables.
Les doublons méritent une attention particulière. Un salarié couvert par la mutuelle obligatoire de son entreprise peut parfois garder un contrat individuel ancien sans en avoir besoin. À l'inverse, certains ayants droit ont intérêt à rester couverts par un contrat familial si les garanties sont meilleures. La bonne question n'est donc pas « le moins cher ? », mais « le bon niveau pour mes soins prévisibles ? ».
Faut-il changer de mutuelle ?
Changer peut réduire la facture, mais ce n'est pas automatique. Une nouvelle mutuelle santé moins chère devient intéressante si elle maintient les garanties vraiment utilisées et ne crée pas de reste à charge important. Pour les soins coûteux prévisibles, comparer ligne par ligne vaut mieux qu'un choix fondé sur la seule mensualité.
Il faut d'abord isoler la hausse : augmentation annuelle, options ajoutées, changement de tranche d'âge, rattachement d'un ayant droit, fin d'une participation d'employeur. Ensuite seulement, comparez le tableau de garanties. Les postes optique, dentaire, audiologie et hospitalisation produisent souvent les écarts les plus visibles entre contrats.
Attention
Cet article est une information pédagogique, pas un conseil personnalisé. Les chiffres sont vérifiés au 18 juillet 2026 et peuvent évoluer. Les règles de résiliation, les garanties et l'application du gel tarifaire doivent être contrôlées dans votre contrat et auprès des sources officielles.
Un contrat responsable, c'est un contrat qui respecte des règles de prise en charge et de plafonnement fixées par les textes. Il donne accès au panier 100 % santé pour certains soins optiques, dentaires et auditifs. Avant de baisser une garantie, vérifiez si ce panier répond réellement à vos besoins.
Questions fréquentes
La hausse des mutuelles est-elle légale en 2026 ?
La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 prévoit un gel des cotisations par rapport à 2025, mais son application pratique est contestée par les fédérations du secteur. Au 18 juillet 2026, mieux vaut conserver son avis d'échéance, demander une explication écrite et suivre les clarifications officielles.
Puis-je résilier ma mutuelle à tout moment ?
Oui, pour un contrat individuel de complémentaire santé, la résiliation est possible à tout moment après un an d'engagement, sans frais ni pénalité. Si vous souscrivez ailleurs, le nouvel organisme peut effectuer les démarches pour assurer la continuité de couverture. L'effet intervient en principe un mois après notification.
Les retraités paient-ils plus cher ?
Souvent oui, parce qu'ils financent généralement seuls un contrat individuel et que le tarif peut augmenter avec l'âge. Que Choisir Ensemble souligne que les répondants retraités ou sans participation d'employeur sont particulièrement touchés. La comparaison doit intégrer les besoins réels, notamment hospitalisation, optique, dentaire et audiologie.
Faut-il baisser ses garanties pour économiser ?
C'est possible, mais seulement après avoir regardé vos dépenses de santé réelles. Réduire une garantie peu utilisée peut alléger la cotisation. Réduire une garantie utile, par exemple en dentaire ou en hospitalisation, peut déplacer la dépense vers votre reste à charge et annuler l'économie apparente.
Comment comparer deux devis de mutuelle ?
Comparez les montants remboursés, pas seulement les pourcentages. Vérifiez le tarif mensuel, les plafonds annuels, les délais de carence, les exclusions, les garanties pour les ayants droit et les exemples de remboursement. Deux contrats à 100 % de la base de remboursement peuvent laisser des restes à charge très différents.
Sources
- Mutuelles : malgré le gel des tarifs prévu par la loi, les hausses de cotisations explosent en 2026 — Que Choisir Ensemble, consulté le 18/07/2026.
- LOI n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2026 — Légifrance, consulté le 18/07/2026.
- Assurance complémentaire santé : comparez les offres ! — DGCCRF, consulté le 18/07/2026.
- La résiliation infra-annuelle des complémentaires santé — Sécurité sociale, consulté le 18/07/2026.
- Quelle obligation pour l'employeur en matière de complémentaire santé ? — Entreprendre Service-Public.fr, consulté le 18/07/2026.
- Les dépenses de santé en 2024 - Résultats des comptes de la santé — Drees, consulté le 18/07/2026.
- Gel des tarifs en 2026 : une disposition à la fois anticonstitutionnelle et inapplicable — France Assureurs, consulté le 18/07/2026.
- Mutuelles : les cotisations des assurés en hausse de plus de 4 % en 2026 — Le Monde, consulté le 18/07/2026.



