Pernod Ricard a vu son chiffre d’affaires reculer de 14,2 % sur l’exercice 2025/26. Aux États-Unis, le déstockage chez les distributeurs a amplifié la baisse des ventes facturées. Les changes et les cessions de marques ont aussi pesé sur les comptes publiés.
Le chiffre d’affaires de Pernod Ricard a atteint 9,404 milliards d’euros sur l’exercice clos le 30 juin 2026. Il recule de 14,2 % en données publiées. Le résultat opérationnel courant baisse de 17,9 %, à 2,423 milliards d’euros. Le bénéfice net part du groupe ressort à 1,203 milliard d’euros, soit 26 % de moins qu’un an plus tôt.
En croissance organique — c’est-à-dire hors effets de change et changements du périmètre du groupe — le chiffre d’affaires diminue de 3,9 %. L’écart avec les comptes publiés traduit notamment l’effet défavorable des devises et les cessions de marques réalisées par le groupe.
Le chiffre d’affaires publié recule lors de chacun des trois intervalles de la série.LaBanque.org — données : Pernod RicardSource
Depuis FY23, le chiffre d’affaires publié a diminué à chacun des trois exercices. Cette série combine l’évolution de l’activité, les changes et les cessions. Elle ne mesure donc pas la seule demande à périmètre comparable.
Aux États-Unis, les commandes baissent davantage
Les États-Unis constituent le principal foyer de faiblesse. Les ventes organiques de Pernod Ricard y ont chuté de 14 % sur l’exercice, alors que les ventes aux consommateurs ont reculé d’environ 7 %. Le marché américain des spiritueux ralentit et la confiance des consommateurs est restée modérée, selon le groupe.
Cet écart s’explique aussi par les stocks. Les distributeurs peuvent d’abord écouler les bouteilles déjà entreposées avant de commander de nouveau au producteur. Quand ils réduisent ces stocks, les ventes facturées par Pernod Ricard diminuent plus vite que les achats des consommateurs. Cette phase de déstockage a donc amplifié la baisse enregistrée par le groupe.
La Chine a également pesé, avec un recul organique de 19 %. Le contraste est net ailleurs : hors États-Unis et Chine, les ventes organiques ont progressé de 0,5 %. Le repli annuel est ainsi concentré sur les deux marchés les plus difficiles.
Une amélioration au second semestre
La baisse organique du chiffre d’affaires a été limitée à 1,3 % au second semestre, après 5,9 % au premier. Cette amélioration ne signifie pas que la croissance est revenue sur l’ensemble de l’exercice, mais elle réduit l’ampleur du recul à mesure que l’année avance.
La trésorerie offre un autre contrepoint aux résultats. Le flux de trésorerie disponible a progressé de 6 %, à 1,197 milliard d’euros. Pernod Ricard l’attribue notamment à la baisse des créances clients et des stocks de produits finis, ainsi qu’à des investissements réduits. La part du résultat opérationnel courant transformée en trésorerie a ainsi atteint 91 %, soit 17 points de plus qu’un an auparavant.
La pression sur la rentabilité reste toutefois présente. Sur une base organique, le résultat opérationnel courant diminue aussi de 5,2 %. Le recul publié de 17,9 % est plus fort, pour les mêmes raisons de change et de périmètre. La marge opérationnelle atteint 25,8 % et a reculé de 35 points de base en organique. La dette nette s’élève à 10,662 milliards d’euros au 30 juin, en baisse de 65 millions d’euros sur un an. Son ratio à l’excédent brut d’exploitation atteint néanmoins 3,7 fois, surtout à cause du recul du résultat opérationnel courant.
Des ventes stables, mais deux marchés fragiles
Pour l’exercice 2026/27, Pernod Ricard prévoit des ventes organiques globalement stables. Le groupe anticipe toutefois la poursuite des baisses aux États-Unis et en Chine, notamment en raison d’ajustements de stocks aux États-Unis dès le premier trimestre.
Le dividende proposé est maintenu à 4,70 euros par action, sous réserve de l’accord des actionnaires lors de l’assemblée générale du 20 novembre. Cette stabilité coexiste avec un exercice de recul des bénéfices et une reprise encore incomplète sur ses deux plus grands points faibles.
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