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Retraite autour de 63 ans proposée par François Hollande — calendrier vierge, dossier de retraite et stylo sur un comptoir d'accueil administratif français.
Fiscalité

François Hollande vise une retraite autour de 63 ans

François Hollande propose de retenir un âge légal de départ autour de 63 ans au 1er janvier 2028. Ce n’est pas une règle en vigueur. Son projet renverrait surtout l’évolution future à la durée de cotisation, sans formule ni calendrier détaillés.

Par Paul Vidal4 min de lecture
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Les règles ne changent pas à ce jour

François Hollande place le point de départ de son projet au 1er janvier 2028 : « l’âge légal sera aux alentours de 63 ans ». Cette déclaration ne modifie aucune condition de départ. Seul un texte adopté pourrait modifier les règles fixées par la loi.

Pour les assurés nés à partir de 1969, l’âge légal est de 64 ans. Le relèvement de l’âge légal et l’augmentation de la durée d’assurance issus de la réforme de 2023 sont suspendus jusqu’en 2028, à partir du 1er septembre 2026. L’âge de départ varie selon l’année de naissance.

À cette date, il sera de 63 ans pour les personnes nées d’avril à décembre 1965. Il atteindra 63 ans et 3 mois pour la génération 1966. Le seuil de 64 ans ne concernera que les personnes nées à partir de 1969.

Âge légal de départ à la retraite selon la génération : de 62 ans et 9 mois en 1964 à 64 ans pour les personnes nées en 1969 ou après.
Les 7 points montrent les âges légaux applicables à partir du 1er septembre 2026 : 5 hausses, 1 stabilité et aucune baisse, de 62 ans et 9 mois à 64 ans.LaBanque.org — données : Service-Public.frSource

Ce calendrier explique pourquoi parler d’un passage général de 64 à 63 ans serait imprécis. Plusieurs générations seront déjà proches de 63 ans, mais pas toutes. La proposition ne permet pas non plus de déduire un âge unique pour chaque assuré.

La durée de cotisation devient le vrai levier

Le projet ne s’arrête pas à l’âge minimal. François Hollande propose ensuite d’allonger la durée de cotisation (Nombre de trimestres d’assurance à réunir pour obtenir le taux plein selon sa génération.) avec l’espérance de vie et les déséquilibres démographiques. Il envisage un mécanisme confié aux partenaires sociaux, sans en préciser la formule, le rythme ni les générations concernées.

L’âge légal de départ (Âge minimum pour demander sa retraite, sauf départ anticipé ; il ne garantit pas une pension sans décote.) est le premier moment où une personne peut demander sa retraite (Revenu versé après la fin de l’activité professionnelle, calculé selon les droits acquis au cours de la carrière.), hors départ anticipé. La durée de cotisation désigne le nombre de trimestres d’assurance requis pour le taux plein selon sa génération. Une personne peut atteindre l’âge légal sans réunir tous les trimestres nécessaires à une pension (Montant versé au retraité par un régime de retraite.) sans décote.

Ce choix déplacerait une part de l’effort vers la longueur de carrière nécessaire au taux plein. Il ne suffit pas de comparer 63 et 64 ans : un relèvement des trimestres requis peut repousser le moment où une pension sans décote est obtenue.

À partir du 1er septembre 2026, les générations 1964 à 1968 devront réunir entre 170 et 172 trimestres. Le projet ne fournit aucun paramètre pour établir combien de trimestres une génération donnée devrait valider en 2028. Sans ces paramètres, aucun effet individuel ne peut être chiffré.

Une même promesse ne vaudrait pas pour tous

L’exemple de la génération 1966 montre l’écart entre les deux notions. À partir du 1er septembre 2026, une personne née cette année-là pourra demander sa retraite à 63 ans et 3 mois. Elle devra aussi réunir 172 trimestres pour le taux plein.

Le projet de François Hollande ne permet pas de recalculer cette situation pour 2028. Il faudrait connaître la règle d’ajustement, la date de son éventuelle entrée en vigueur et les générations visées. Les personnes proches du départ restent soumises aux paramètres actuels.

Désindexation et capitalisation, encore floues

François Hollande évoque aussi une désindexation (Revalorisation d’une pension moins rapide que l’indice habituellement retenu, ce qui réduit son pouvoir d’achat relatif.) partielle des retraites au-delà d’un seuil de revenus. Il la rattache à un plan plus large de redressement des comptes publics. Aucun seuil ni aucune règle de calcul ne sont annoncés.

La désindexation signifierait une revalorisation moins rapide que l’indice habituellement retenu. Il mentionne également un régime additionnel comportant une part de capitalisation (Épargne investie pour financer une partie de la retraite, en complément du système par répartition.), c’est-à-dire une épargne investie en complément du système par répartition. Selon lui, ce dispositif ne produirait ses effets qu’après une ou deux décennies.

Ces deux pistes font partie de l’orientation présentée, mais elles ne permettent pas d’estimer un gain ou une perte pour un retraité à ce jour. Le point concret du projet est surtout le déplacement du débat : partir d’un âge légal autour de 63 ans, puis faire évoluer la durée de cotisation.

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