Bruno Le Maire mise sur la TVA pour relever le salaire net
Bruno Le Maire propose de déplacer une partie du financement de la protection sociale du salaire vers la consommation. Hausse de TVA, désindexation et allègement des successions : aucune de ces pistes ne modifie aujourd'hui les règles applicables.
La hausse de TVA envisagée est de 2 à 3 points, en échange d'une baisse non détaillée des prélèvements sur le salaire.
Au taux normal, une TVA à 20 % passerait à 22 % ou 23 %, à périmètre identique.
La contribution sur les plus grosses fortunes n'a ni seuil, ni taux, ni recette attendue.
Une plateforme politique, pas une réforme
L'ancien ministre de l'Économie Bruno Le Maire a publié son manifeste « L'An I — Manifeste pour une autre France » le 23 août. Il a détaillé plusieurs orientations le 26 août. Le texte est une plateforme politique personnelle, pas un projet de loi gouvernemental.
Il se dit favorable à une contribution des « plus grosses fortunes ». Selon lui, elle pourrait notamment financer des services d'urgence hospitaliers ou la rénovation d'établissements scolaires. Ni seuil de patrimoine, ni taux, ni assiette, ni rendement attendu n'ont été publiés.
Ce manque de paramètres empêche de comparer cette orientation à un impôt existant ou d'en estimer le produit. Il ne permet pas non plus d'identifier les patrimoines concernés. Aucune date d'entrée en vigueur n'est avancée. La piste reste un principe politique, sans effet calculable pour un contribuable.
Cette orientation s'inscrit dans un contexte de dette publique élevée. Elle atteignait 3 536,1 milliards d'euros à la fin du premier trimestre 2026, soit 117,5 % du produit intérieur brut. L'Insee rappelle que l'évolution de cette dette ne mesure pas, à elle seule, le déficit.
La TVA paierait une part du salaire net
Le cœur de la proposition est un transfert de financement. Bruno Le Maire veut réduire des cotisations salariales, prélevées sur le salaire brut pour financer la protection sociale. Une part de cette baisse serait compensée par une hausse de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), comprise dans le prix de nombreux achats.
Le mécanisme ne correspond donc pas à une hausse de salaire financée directement par l'employeur. Il déplacerait une partie du financement vers la consommation. Les salariés gagnants et les consommateurs supportant une TVA plus élevée ne seraient pas nécessairement les mêmes personnes.
Le manifeste évoque une hausse de TVA de 2 à 3 points et un salaire net plus élevé. Le taux normal est aujourd'hui de 20 % en métropole et en Corse. À périmètre identique, il atteindrait donc 22 % ou 23 %. Les taux réduits ne sont pas abordés dans la proposition accessible.
Le bilan pour un ménage ne peut pas être chiffré. Le texte ne précise ni les cotisations concernées, ni les salariés visés, ni l'effet sur les prix. Il ne prévoit pas non plus de compensation détaillée pour les ménages.
Retraites, impôt et successions restent inchangés
Bruno Le Maire propose aussi de désindexer les minima sociaux, les pensions de retraite et le barème de l'impôt sur le revenu. Ce barème fixe les seuils des tranches d'imposition. Autrement dit, ces montants et seuils ne suivraient plus automatiquement l'inflation. Si les prix progressent, une prestation stable perd du pouvoir d'achat. Un barème fiscal gelé peut aussi faire basculer plus vite un revenu nominal dans une tranche supérieure.
Il souhaite également alléger les droits de succession pour les classes moyennes, sans préciser les transmissions ou les tranches visées. Le droit actuel reste donc applicable. Sous conditions, chaque enfant bénéficie d'un abattement de 100 000 €. Il ne doit notamment pas l'avoir utilisé pendant les quinze années précédentes. Le conjoint ou partenaire de pacte civil de solidarité (Pacs) survivant est exonéré.
Une modification de la TVA, des cotisations, des pensions, de l'impôt ou des successions exigerait un texte fixant ses règles, puis son adoption. À ce stade, les annonces de Bruno Le Maire ne créent aucun droit ni prélèvement nouveau.
Le Medef défend de nouveau un âge légal de départ à 65 ans et une part de capitalisation pour les salariés du privé. Ce sont des propositions, pas une réforme adoptée : elles n'ont pas d'effet sur les règles qui s'appliqueront le 1er septembre.
Le Canada appliquera, le 8 septembre, des droits de douane supplémentaires de 15 % à 50 % sur certains biens américains. Le dispositif couvre 27,6 milliards de dollars canadiens d'importations et répond aux droits américains de 50 % sur des produits canadiens.
La CFDT veut que tout héritage soit taxé dès le premier euro. C'est une revendication syndicale, pas une loi ni un projet du gouvernement. Elle pourrait soumettre au prélèvement dès le premier euro des transmissions aujourd'hui couvertes par l'abattement applicable aux enfants.