Retraite : Villepin veut en finir avec l’âge pivot
Dominique de Villepin veut sortir de « l’âge pivot » dans le débat sur les retraites. Sa déclaration ne modifie pas les règles applicables dès le 1er septembre 2026.

Trois nouvelles règles de retraite s'appliquent aux pensions prenant effet dès le 1er septembre 2026. Elles peuvent améliorer le calcul de certaines retraites de base ou faciliter un départ pour carrière longue. Les pensions déjà liquidées ne sont pas recalculées.
Les décrets n° 2026-699 et n° 2026-700 ont été publiés le 31 juillet. Leurs principales mesures visent les pensions prenant effet (Pensions dont la date officielle de liquidation et de versement intervient à partir de la date indiquée.) à compter du 1er septembre 2026. Cette date est celle du début officiel de la retraite versée. Elle ne correspond pas à une revalorisation des pensions déjà servies.
Trois changements figurent dans les textes. Le plus large modifie le calcul d'une partie de la retraite de base. Le deuxième assouplit l'accès à la retraite anticipée pour carrière longue (Dispositif permettant, sous conditions, de partir à la retraite avant l'âge légal après un début d'activité précoce.). Le troisième concerne certaines femmes de la fonction publique.
Pour un enfant, le revenu annuel moyen (Moyenne des meilleures années de revenus retenue pour calculer une partie de la retraite de base des salariés et indépendants concernés.) sera calculé sur les 24 meilleures années, au lieu de 25. Il faut disposer d'une majoration ou d'une bonification liée à cet enfant. À partir de deux enfants, le calcul reposera sur les 23 meilleures années. Cette règle concerne les régimes qui déterminent la pension à partir des meilleures années de revenu.
Écarter une année moins favorable peut relever la moyenne retenue. L'effet dépend donc de chaque carrière et ne concerne pas les règles de retraite complémentaire par points. L'étude d'impact du gouvernement évalue le gain moyen à 1 % de la pension à la liquidation pour les femmes ayant eu des enfants. Ce pourcentage ne permet pas de prévoir un gain personnel sans examiner le relevé de carrière.
La réduction porte seulement sur la période retenue pour cette retraite de base. Elle ne modifie ni l'âge légal de départ ni la durée d'assurance nécessaire pour obtenir le taux plein. Les assurées qui n'ont pas de majoration ou de bonification liée aux enfants ne relèvent pas de cette règle.
Jusqu'à deux trimestres liés aux enfants pourront être retenus dans la durée réputée cotisée (Durée qui peut être prise en compte pour un départ anticipé même lorsqu'elle ne correspond pas à une période travaillée.). Ils pourront ainsi être pris en compte pour la retraite anticipée pour carrière longue. Le changement porte sur les conditions d'accès au dispositif. Il ne crée pas deux trimestres supplémentaires sur le relevé.
La retraite anticipée pour carrière longue exige un début d'activité avant l'âge requis. Elle exige aussi la durée d'assurance cotisée de la génération. Ces deux conditions restent cumulatives. Selon l'étude d'impact gouvernementale, la mesure pourrait rendre chaque année 6 000 à 12 000 assurées supplémentaires éligibles à ce départ anticipé.
Dans le régime général, la mère reçoit quatre trimestres au titre de la maternité par enfant. Les quatre trimestres d'éducation peuvent, eux, être attribués ou partagés entre les parents, avec au moins deux trimestres pour la mère. Le nouveau décompte peut donc aussi concerner un père lorsque ces trimestres lui ont été attribués.
Les femmes fonctionnaires ayant accouché après leur recrutement obtiennent une bonification d'un trimestre par enfant. Les conditions prévues par le décret doivent être remplies. Les ouvrières des établissements industriels de l'État concernées sont également visées. Cette mesure porte sur les enfants nés à compter du 1er janvier 2004.
Le nouveau trimestre complète les règles propres à ces régimes publics. Il ne concerne donc pas les salariées du régime général. La protection sociale (Ensemble des mécanismes qui protègent contre les risques de la vie, notamment la maladie, le chômage et la retraite.) française repose sur plusieurs régimes de retraite. Leurs modes de calcul et leurs majorations familiales ne sont pas identiques.
Ces trois règles répondent à des parcours professionnels souvent moins continus. Fin 2024, la pension moyenne de droit direct des femmes restait inférieure de 36 % à celle des hommes, hors pension de réversion (Partie de la retraite d'une personne décédée pouvant être versée à son conjoint survivant sous conditions.). Les nouveaux textes ne garantissent pas le même effet pour toutes les assurées. Le régime d'affiliation compte. Les trimestres inscrits comptent aussi. La date d'effet de la pension détermine les droits ouverts. Le relevé de carrière permet de les vérifier.
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