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Taxe d'habitation sur les résidences secondaires — maison côtière en pierre aux volets en bois clos et boîte aux lettres jaune dans une ruelle déserte en automne.
Épargne

Résidences secondaires : la taxe d'habitation recule de 9,7 %

Les montants de taxe d'habitation sur les résidences secondaires émis au titre de 2025 diminuent de 9,7 %, selon l'administration fiscale. Ce repli provient de la correction des avis envoyés par erreur, et non d'une baisse des taux communaux. Pour les mairies, les recettes perçues reculent de 18 %.

Par Claire Vasseur4 min de lecture
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Publié le 20 octobre 2026, le bulletin statistique n° 52 de la Direction générale des Finances publiques (DGFiP) dresse le bilan de l'exercice 2025. Le volume de logements imposés à la taxe d'habitation sur les résidences secondaires (THRS) se contracte nettement d'une année sur l'autre. L'administration recense 12 % d'appartements taxés en moins et un repli de 8 % pour les maisons individuelles.

La purge des logements imposés par erreur

Ce mouvement découle de la fiabilisation du service en ligne « Gérer mes biens immobiliers » (GMBI). Chaque propriétaire y déclare l'occupant de ses biens. Depuis la suppression définitive de la taxe sur l'habitation principale le 1er janvier 2023, ce fichier détermine quels locaux meublés restent soumis aux impôts locaux (Taxes perçues au profit des communes et intercommunalités, dont la taxe foncière et la taxe d'habitation sur les résidences secondaires.). Or, les campagnes 2023 et 2024 ont souffert de nombreuses déclarations incomplètes ou non stabilisées.

Faute d'informations à jour, le fisc avait alors taxé à tort des résidences principales. Ces anomalies avaient gonflé les émissions brutes jusqu'à 3,2 milliards d'euros en 2024, en hausse de 7,1 % sur un an. En contrepartie, l'État avait dû accorder 0,7 milliard d'euros de dégrèvement (Annulation ou remboursement partiel ou total d'un impôt accordé par l'administration fiscale après une réclamation ou une erreur.) en 2024 pour rembourser les foyers imposés par erreur.

En 2025, la radiation des logements principaux indûment répertoriés assainit enfin la base fiscale. « Les taux d'imposition étant globalement restés stables, cette baisse s'explique par l'amélioration du processus de taxation », souligne le Département des études et statistiques fiscales (DESF). Le montant de dégrèvement pris en charge par les finances publiques (Ensemble des recettes et des dépenses de l'État, des collectivités territoriales et des organismes de Sécurité sociale.) chute ainsi de 57 %, revenant à 0,3 milliard d'euros.

Pourquoi ma facture n'a-t-elle pas baissé ?

Pour le détenteur d'une véritable résidence secondaire, cet apurement statistique n'allège pas l'avis d'imposition individuel. Seules 0,9 % des communes françaises ont voté une baisse de leur taux de taxe d'habitation en 2025. Le recul global traduit uniquement la sortie du fichier des anciens contribuables taxés à tort sur leur logement principal.

La pression fiscale reste au contraire soutenue sur ce patrimoine immobilier, détenu à 35 % par les 10 % des ménages les plus aisés. En 2024, la cotisation moyenne atteignait 1 000 € par local. La facture d'un appartement dépassait alors d'environ 200 € celle d'une maison. Quant aux propriétaires non-résidents, qui possèdent environ 10 % du parc secondaire taxé, leur cotisation a augmenté de 3 % en 2025.

Dans les secteurs où le logement manque, la facture dépend surtout de la majoration votée en zone tendue (Commune où la demande de logements dépasse fortement l'offre, autorisant la mairie à voter une surtaxe sur les résidences secondaires.). Depuis un décret du 25 août 2023, 3 697 communes peuvent appliquer cette surtaxe de 5 % à 60 % sur leur part communale. Dès 2024, 1 666 municipalités l'ont activée, dont 688 au plafond de 60 %. Ce dispositif a rapporté 436 millions d'euros en 2024, contre 286 millions en 2023 (+221 % en trois ans).

Exemple

Avec une base nette imposable (Valeur locative cadastrale du logement servant d'assiette au calcul des impôts locaux par l'administration fiscale.) de 3 000 € et un taux communal de 25 %, la cotisation de base d'un appartement secondaire atteint 750 €. Si la mairie applique la surtaxe maximale de 60 %, une majoration de 450 € porte la facture à 1 200 € hors taxes spéciales.

Un recul de 18 % des recettes pour les communes

Du côté des collectivités territoriales, la correction des fichiers cadastraux provoque un repli de 18 % du rendement effectivement perçu en 2025. Ce recul dépasse nettement la baisse de 9,7 % des montants appelés auprès des particuliers. Lors des exercices 2023 et 2024, les avances versées aux mairies reposaient en effet sur des bases brutes surévaluées par les erreurs déclaratives.

Cette contraction interrompt une phase de nette progression pour les budgets municipaux entre 2021 et 2024. Le produit perçu par les communes est d'abord resté stable à 1,8 milliard d'euros en 2021 et 2022. Il a ensuite enregistré deux hausses consécutives, passant à 2,4 milliards d'euros en 2023 puis à 3,0 milliards en 2024.

Taxe d'habitation sur les résidences secondaires de 2021 à 2024 : stabilité à 1,8 milliard d'euros pendant deux ans, puis deux hausses jusqu'à 3,0 milliards d'euros.
Produit de la taxe d'habitation sur les résidences secondaires perçu par les communes de 2021 à 2024 (en milliards d'euros).LaBanque.org — données : DGCL / OFGLSource

Le calendrier de paiement de la campagne 2026

Pour l'automne 2026, les avis de taxe d'habitation sur les résidences secondaires seront mis en ligne le 2 novembre pour les contribuables non mensualisés. Les propriétaires ayant opté pour la mensualisation recevront leur avis dans leur espace particulier sur impots.gouv.fr à compter du 16 novembre 2026.

Le règlement devra intervenir au plus tard le 15 décembre 2026 par chèque, virement ou titre interbancaire de paiement (TIP). Pour un règlement en ligne ou sur smartphone, l'échéance est fixée au 20 décembre 2026. Le prélèvement bancaire interviendra à partir du 27 décembre. Enfin, les conseils municipaux situés en zone tendue ont jusqu'au 28 février 2027 pour voter ou modifier leur taux de majoration pour l'année suivante.

Pour aller plus loin

Sources

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