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Rachat d’obligations longues du Trésor américain — mains gantées manipulant des titres anciens sur une table institutionnelle, devant une architecture néoclassique de Washington.
Consommation

Le Trésor américain double le plafond de rachats longs

Le Trésor américain portera de 2 à au moins 4 milliards de dollars le plafond de certains rachats d'obligations longues le 9 septembre. L'objectif est de rendre les titres anciens plus faciles à revendre, sans diminuer la dette à financer.

Par Éloïse Lefort4 min de lecture
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Les obligations longues sont seules concernées

L'annonce du 19 août ne concerne pas toute la dette américaine. À partir du 9 septembre, le Trésor américain relèvera le plafond de ses rachats de soutien à la liquidité. Les obligations nominales de 10 à 20 ans et de 20 à 30 ans sont les seules visées.

Les titres indexés sur l'inflation et les obligations de courte durée (Titres de dette : l'investisseur prête à un émetteur, qui verse des intérêts et rembourse à l'échéance.) ne sont pas concernés. Le plafond passera de 2 à au moins 4 milliards de dollars par opération. Cette règle est prévue jusqu'au 4 novembre, date de la prochaine communication trimestrielle de financement.

Le calendrier détaillé des opérations n'est pas encore connu. Il sera actualisé lors de cette communication. Les montants effectivement retenus dépendront des offres reçues.

Le plafond ne garantit aucun achat

Un rachat de titres (Opération par laquelle l'émetteur rachète sur le marché une partie de ses obligations avant leur échéance.) consiste pour l'émetteur à reprendre des obligations avant leur échéance. Ici, le dispositif vise surtout des obligations plus anciennes que les dernières émissions comparables et donc moins faciles à échanger.

Le Trésor cible ces titres anciens, dits « off-the-run », plutôt que les émissions les plus récentes de même durée. Ils sont généralement moins négociés sur le marché.

Le chiffre de 4 milliards de dollars est un plafond minimal par opération, et non une enveloppe d'achat. Le Trésor peut retenir moins d'offres, ou ne rien acheter. La capacité non utilisée ne sera pas reportée sur l'opération suivante.

Ces rachats sont habituellement proposés une ou deux fois par semaine. Le Trésor dit recevoir régulièrement de nombreuses offres de vente sur ces maturités longues. Il veut donner davantage de liquidité aux détenteurs de titres anciens, sans présenter la mesure comme une réponse à une crise aiguë de marché.

Une aide à la liquidité, pas une dette effacée

Les obligations rachetées sont retirées au règlement. Cela ne constitue pourtant pas un désendettement durable. Le Trésor a expliqué que, toutes choses égales par ailleurs, un dollar de rachat doit être financé par un dollar de nouvelles émissions.

L'opération modifie donc les titres détenus par le marché, sans faire disparaître le besoin global de financement. Elle ne correspond pas non plus à du quantitative easing (Achats d'actifs par une banque centrale financés par création de réserves, pour assouplir les conditions financières.), c'est-à-dire des achats d'actifs par une banque centrale financés par création de réserves. La Réserve fédérale peut créer ces réserves ; le Trésor finance ses rachats avec ses propres émissions.

L'ordre de grandeur reste différent de celui du marché primaire. Les adjudications à 10 ans prévues d'août à octobre sont de 42, 39 puis 39 milliards de dollars. Celles à 30 ans sont de 25, 22 puis 22 milliards. Ces montants ne permettent pas d'associer une émission précise à une opération de rachat.

Au 18 août, la dette publique (Ensemble des emprunts des administrations publiques. La dette négociable de l'État en constitue une partie.) américaine totale atteignait 40 047,4 milliards de dollars, dont 32 265,8 milliards détenus par le public. Cette dernière mesure exclut les avoirs détenus entre administrations américaines. Le relèvement annoncé ne modifie pas à lui seul cet encours ni le financement des dépenses américaines.

Le taux à 30 ans a reflué le jour de l'annonce

Le taux américain à 30 ans a clôturé à 5,31 % le 17 août. Il est revenu à 5,19 % le 19 août, jour de l'annonce. Il était de 5,06 % le 17 juillet. Sur les cinq intervalles observés, la série compte deux hausses et trois baisses.

Cette baisse de clôture est contemporaine de l'annonce. Elle ne permet pas d'établir que les rachats l'ont provoquée.

Taux américain à 30 ans, du 17 juillet au 19 août 2026 : hausse de 5,06 % à 5,31 %, puis repli à 5,19 %.
Les six points montrent un taux à 30 ans passé de 5,06 % le 17 juillet à 5,31 % le 17 août, avant un repli à 5,19 % le 19 août.LaBanque.org — données : U.S. Department of the TreasurySource

Le 4 novembre constituera le prochain point de repère : le Trésor y précisera les tailles futures de ses rachats. D'ici là, le montant réellement racheté dépendra des offres reçues lors de chaque opération.

Pour aller plus loin

Sources

Dans le dossier « Obligations »

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