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Dette américaine et titres du Trésor — certificats aux motifs gravés posés sur un bureau vert, façade néoclassique de Washington floue à l’arrière-plan.
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La dette américaine dépasse 40 000 milliards de dollars

La dette fédérale américaine a atteint 40 047 milliards de dollars le 18 août. Ce total comprend les titres détenus par les investisseurs et ceux conservés au sein de l'administration. Pour en mesurer la portée économique, la dette détenue par le public est la distinction décisive.

Par Éloïse Lefort4 min de lecture
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Un seuil record, pas une facture immédiate

Le relevé quotidien du Trésor américain, arrêté au 18 août, établit la dette publique (Ensemble des emprunts encore dus par les administrations publiques.) fédérale, ou dette fédérale brute (Ensemble des titres de dette de l'État fédéral en circulation, détenus par les investisseurs et certains comptes publics.), à 40 047 milliards de dollars. Elle rassemble tous les titres de l'État fédéral encore en circulation. Le franchissement de 40 000 milliards est donc un record de stock, pas une somme à régler d'un seul coup.

Les titres arrivent à échéance à des dates différentes. L'enjeu est la capacité des États-Unis à financer des déficits répétés, à renouveler les titres arrivant à échéance et à en payer les intérêts. Le passage d'un seuil rond ne modifie, à lui seul, aucune règle budgétaire.

Dette fédérale brute américaine : les quatre seuils présentés montent de 37 000 milliards de dollars en août 2025 à 40 047 milliards le 18 août 2026.
Les quatre seuils affichés montent de 37 000 à 40 047 milliards de dollars : la série compte trois hausses, aucune baisse et aucune stabilité.LaBanque.org — données : U.S. Treasury, Debt to the PennySource

La hausse récente reste rapide. La dette avait franchi 38 000 milliards de dollars en octobre 2025, puis 39 000 milliards en mars 2026. Le seuil de 40 000 milliards a été franchi environ cinq mois plus tard.

La dette détenue par le public est la mesure suivie

Le Congressional Budget Office (CBO) suit surtout la dette détenue par le public (Part des titres fédéraux détenue hors administrations fédérales ; elle mesure l'emprunt de l'État auprès des marchés.). Cette mesure permet d'apprécier les effets du financement fédéral sur les marchés et les taux d'intérêt (Coût payé pour emprunter de l'argent, exprimé en pourcentage.). Elle désigne les titres détenus hors des comptes fédéraux, soit l'emprunt de l'État auprès des investisseurs. Elle atteignait 32 266 milliards de dollars le 18 août.

Cette différence compte pour les conditions de financement. Les banques, assureurs et fonds qui achètent les titres du Trésor peuvent aussi financer des ménages et des entreprises. Une plus grande offre de titres du Trésor peut donc durcir ces conditions. Elle n'explique toutefois pas seule le niveau des taux : l'inflation (Hausse générale et durable des prix payés par les ménages.), la politique de la Réserve fédérale et la demande de titres sûrs comptent aussi.

Les comptes de l'administration fédérale, notamment des fonds fiduciaires, détenaient pour leur part 7 782 milliards de dollars de titres. Ces montants sont arrondis au milliard : leur addition peut donc différer d'un milliard du total publié. Les deux indicateurs ne répondent pas à la même question. Le total décrit tous les titres en circulation ; la dette détenue par le public renseigne davantage sur les emprunts de l'État sur les marchés.

Déficits et intérêts expliquent la trajectoire

Un déficit budgétaire (Situation où les dépenses publiques dépassent les recettes sur une période donnée.) apparaît lorsque les dépenses dépassent les recettes. L'État doit alors se financer, principalement en émettant de nouveaux titres. C'est cette accumulation de déficits, et non le seul passage des 40 000 milliards, qui alimente la hausse de la dette.

Le déficit ne résume pas seul le besoin d'emprunt. Les mouvements de trésorerie et les programmes de crédit modifient aussi le montant effectivement levé sur les marchés. Dette, déficit et plafond ne sont donc pas trois compteurs directement comparables.

Le CBO fonde son scénario de référence sur les lois en vigueur au 14 janvier 2026. Il prévoit un déficit fédéral de 1 900 milliards de dollars pour l'exercice 2026, soit 5,8 % du produit intérieur brut (PIB). Il prévoit aussi plus de 1 000 milliards de dollars de dépenses nettes d'intérêts, soit 3,3 % du PIB. Ce sont des projections, pas le résultat définitif de l'exercice.

Selon ce même scénario, la dette détenue par le public représenterait 101 % du PIB en 2026, puis 120 % en 2036. Cette trajectoire dépendra des lois, des décisions administratives et de l'évolution de l'économie.

Le plafond de la dette (Limite légale à l'émission de certaines dettes fédérales ; elle ne coïncide pas exactement avec la dette brute.) est fixé à 41 100 milliards de dollars. Il serait trompeur d'en tirer une marge disponible en le comparant directement aux 40 047 milliards de dette brute.

Le plafond porte sur la dette « soumise au plafond », une mesure technique qui ne correspond pas strictement à la dette fédérale brute. Le CBO précise qu'elle exclut notamment la plupart des titres émis par des agences autres que le Trésor. Le seuil atteint le 18 août ne permet donc pas de connaître la marge exacte avant cette limite.

Sources

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