Immobilier : 9 acheteurs sur 10 négocient avec 4,8 % de remise
Neuf ventes sur dix dans l'ancien se concluent sous le prix affiché au troisième trimestre 2026. Selon le baromètre Laforêt, la remise moyenne atteint 4,8 % en France et 5,1 % en régions. Elle dépasse même 10 % sur les logements très énergivores ou avec travaux.
En 2022, seuls six achats sur dix donnaient lieu à une discussion sur le prix, contre huit sur dix un an plus tôt. À fin septembre 2026, le réseau Laforêt (720 agences) mesure une marge de négociation (Écart en pourcentage entre le dernier prix de vente affiché dans l'annonce immobilière et le prix net vendeur finalement signé au compromis.) moyenne de 4,8 % (+0,3 point sur un an). En régions, ce rabais de 5,1 % retranche 12 750 € sur un bien affiché à 250 000 €, signé à 237 250 €.
Marge de négociation moyenne nationale (en % du prix affiché) enregistrée dans les agences du réseau Laforêt entre fin 2024 et le troisième trimestre 2026.LaBanque.org — données : Réseau LaforêtSource
Des prix d'affichage ajustés dès la mise en vente
Tombée de 5,9 % fin 2024 à 4,5 % fin 2025, la remise moyenne avait rebondi à 5,2 % au deuxième trimestre 2026. Son repli de 0,4 point au troisième trimestre ne traduit pas un retour en force des vendeurs sur le marché de l'immobilier. Face à une offre en hausse de 9 % en douze mois, les propriétaires ajustent davantage leur prix dès la mise en vente.
Cet effort initial fait reculer le prix signé au mètre carré de 1,5 % sur un an en France, à 3 238 €/m². Sur l'ensemble du territoire, la vente d'un logement ancien prend désormais 101 jours en moyenne, soit six jours de plus qu'en septembre 2025.
Zone géographique
Marge de négociation (évolution annuelle)
Prix moyen au m² (évolution annuelle)
Délai moyen de vente
Paris
3,2 % (+0,2 pt)
9 553 €/m² (-1,0 %)
84 jours (+8 j)
Île-de-France (hors Paris)
4,6 % (+0,2 pt)
3 879 €/m² (-2,0 %)
99 jours (+8 j)
Régions
5,1 % (+0,5 pt)
2 433 €/m² (-1,8 %)
101 jours (+3 j)
Les passoires thermiques décotées de plus de 10 %
Les passoires thermiques (Logements très énergivores classés F ou G au diagnostic de performance énergétique (DPE), soumis à des interdictions progressives de mise en location.) — classées F ou G au diagnostic de performance énergétique (DPE (Diagnostic de performance énergétique, qui classe les logements de A à G selon leur consommation d'énergie et leurs émissions de gaz à effet de serre.)) — et les grandes maisons à rénover subissent des décotes dépassant 10 %. Sur un bien affiché à 250 000 €, cet abattement de 25 000 € compense en partie le coût de la rénovation énergétique (Ensemble des travaux d'isolation, de chauffage ou de ventilation visant à réduire la consommation d'énergie d'un logement et à améliorer sa classe énergétique.). Selon Yann Jéhanno, président de Laforêt, la discussion « devient quasi systématique » dès qu'un logement cumule « performance énergétique dégradée ou travaux à prévoir ».
Avec un crédit autour de 3,50 % sur 20 ans, la demande gagne 1 % en douze mois. Les volumes de transactions reculent toutefois de 1,8 %. Les acheteurs privilégient les appartements (+4,5 % de demande) face aux maisons (-4 %), pénalisées par les coûts d'entretien et de chauffage.
En parallèle, l'interdiction de louer les biens classés F au 1er janvier 2028 et la fiscalité locative poussent des propriétaires bailleurs à vendre. Ce désengagement fait bondir l'offre d'appartements de 13 % (+4 % pour les maisons) et l'offre globale de 15 % à Paris.
La Cour des comptes remet en cause la méthode de calcul de l'encadrement des loyers, appliqué dans 69 communes. Faute d'intégrer la surface habitable, les plafonds pénalisent les petits studios et avantagent les grands appartements. L'institution appelle à refondre ce barème ou à y mettre fin.
L'encadrement des loyers allège la facture des locataires de 520 euros par an en moyenne. Ce constat ressort d'une étude de l'association Que Choisir Ensemble publiée le 8 octobre 2026. Le gain grimpe à 1 700 euros à Paris, mais un tiers des annonces dépasse encore les plafonds légaux.
L’Insee constate que 63 % des héritiers et bénéficiaires d’une donation possédaient déjà un bien avant la transmission. Parmi les logements hérités en 2018, 29,4 % ont été vendus au 1er janvier 2022. 15,6 % étaient loués et 7,8 % vacants.