Immobilier : la reprise reste freinée par le coût du crédit
Les prévisions publiées à la rentrée situent les ventes de logements anciens de 2026 entre 920 000 et 955 000. Le crédit reste actif, mais la remontée des taux réduit le budget accessible aux acheteurs.
Les prévisions pour 2026 situent le marché de l'ancien entre 920 000 et 955 000 transactions. SeLoger-Meilleurs Agents anticipe environ 955 000 ventes, tandis que la FNAIM en attend 920 000. Ce sont des scénarios professionnels, pas un décompte définitif. SeLoger-Meilleurs Agents estime qu'il faudrait près d'un million de transactions dans l'ancien pour un marché pleinement dynamique.
Les prix ne signalent pas non plus un redémarrage net. Ils sont stables sur un an à l'échelle nationale selon l'indicateur de SeLoger-Meilleurs Agents. Les dix plus grandes villes de province affichent un recul de 0,4 %. Thomas Lefebvre, directeur scientifique de SeLoger et Meilleurs Agents, résume : « Les acheteurs sont toujours là et le marché n'est pas bloqué. »
Le crédit reste ouvert, mais plus cher
Le taux hors renégociations (Taux moyen des nouveaux prêts accordés, en excluant les anciens crédits dont les conditions ont été renégociées.) s'est établi à 3,27 % en juin, après 3,21 % en mai, selon la Banque de France. Il s'agit du taux moyen des nouveaux crédits à l'habitat, hors prêts dont les conditions ont été renégociées. La production mensuelle désaisonnalisée de ces nouveaux prêts a pourtant atteint 13,2 milliards d'euros, contre 11,4 milliards le mois précédent.
Le taux moyen des nouveaux prêts hors renégociations a augmenté sur deux des trois intervalles observés.LaBanque.org — données : Banque de FranceSource
Depuis le printemps, la Banque de France observe une stabilisation des prêts aux primo-accédants, des ventes et des crédits accordés à l'ensemble des emprunteurs. Les taux relevés par le courtier Pretto atteignent 3,54 % en moyenne sur 20 ans en septembre. Cet indicateur par durée ne se compare pas directement à la moyenne de la Banque de France, calculée sur les prêts effectivement signés toutes durées confondues.
Le contraste est plus marqué dans le neuf. Les réservations de logements collectifs y restent autour de 15 000 à 16 000 par trimestre, contre près de 30 000 avant la crise sanitaire, selon SeLoger-Meilleurs Agents.
La Cour des comptes remet en cause la méthode de calcul de l'encadrement des loyers, appliqué dans 69 communes. Faute d'intégrer la surface habitable, les plafonds pénalisent les petits studios et avantagent les grands appartements. L'institution appelle à refondre ce barème ou à y mettre fin.
Neuf ventes sur dix dans l'ancien se concluent sous le prix affiché au troisième trimestre 2026. Selon le baromètre Laforêt, la remise moyenne atteint 4,8 % en France et 5,1 % en régions. Elle dépasse même 10 % sur les logements très énergivores ou avec travaux.
L'encadrement des loyers allège la facture des locataires de 520 euros par an en moyenne. Ce constat ressort d'une étude de l'association Que Choisir Ensemble publiée le 8 octobre 2026. Le gain grimpe à 1 700 euros à Paris, mais un tiers des annonces dépasse encore les plafonds légaux.