Retraites : Édouard Philippe propose un départ à 65 ans
Édouard Philippe propose de reporter l'âge de la retraite à 65 ans et d'exiger 45 annuités de cotisation. Cette proposition politique dépasserait le barème en vigueur, sans qu'aucun projet de loi ne soit déposé.
L'ancien Premier ministre et maire du Havre a dévoilé cette orientation le 29 septembre 2026 dans une vidéo diffusée sur son site. Sur le plan pratique, cette annonce ne modifie en rien les droits des assurés : les règles applicables demeurent strictement celles fixées par la loi de financement de la Sécurité sociale (Ensemble des régimes publics qui protègent les assurés contre les risques de la vie, dont la vieillesse.) 2026.
Le calendrier légal échelonne aujourd'hui l'âge légal (Âge minimal à partir duquel un assuré est autorisé à demander la liquidation de sa pension de retraite.) de 62 ans et 3 mois à 64 ans selon l'année de naissance. Pour liquider une pension sans décote avant l'âge automatique, la durée d'assurance requise s'étend de 169 à 172 trimestres. Dans la plupart des régimes, le taux plein automatique (Âge, fixé à 67 ans dans la plupart des régimes, où la décote est supprimée même sans tous les trimestres.) intervient à 67 ans, indépendamment du nombre de trimestres validés.
Barème de l'âge légal en vigueur selon l'année de naissance, source Info-retraite.LaBanque.org — données : Info-retraiteSource
Le calendrier en deux temps de la proposition
Le projet défendu par l'ancien chef du gouvernement repose sur une trajectoire en deux étapes distinctes. Il suggère d'abord d'appliquer la cible de la réforme de 2023, avec un âge légal à 64 ans et 43 années de cotisation. L'objectif consiste ensuite à atteindre 65 ans et 45 annuités en moins de dix ans. Chaque annuité (Année complète de cotisation à l'assurance vieillesse, équivalant en pratique à quatre trimestres validés.) représentant quatre trimestres, la durée exigée s'élèverait ainsi à 180 trimestres d'assurance vieillesse.
Pour justifier ce durcissement, Édouard Philippe invoque l'équilibre de la retraite par répartition (Système où les cotisations des actifs financent directement les pensions versées aux retraités au même moment.) : « Ne rien faire, c’est nous exposer à une crise financière sans précédent ». Selon le Conseil d'orientation des retraites (COR), le déficit atteindrait 5,1 milliards d'euros en 2025 puis 5,0 milliards en 2026, avant de se creuser à -2,4 % du PIB en 2070. L'Insee anticipe de son côté un repli de la population active de 30,5 millions en 2040 à 29,2 millions en 2070.
Des dérogations ciblées et un volet de capitalisation
Le maire du Havre affirme qu'un Français sur trois pourra partir avant 65 ans, entre 60 et 64 ans. Cette dérogation s'adresserait aux carrières longues, aux métiers pénibles et aux personnes en mauvaise santé. Toutefois, aucune méthode statistique n'a été publiée pour vérifier cette proportion.
Le projet prévoit aussi d'ajouter à la répartition un volet de capitalisation (Mécanisme où les cotisations sont investies sur les marchés financiers pour financer la retraite future de l'épargnant.), via un plan d'épargne (Part des revenus non consommée immédiatement, mise de côté ou investie pour des projets ou la retraite.)-retraite (Revenu régulier versé à un travailleur ayant cessé son activité professionnelle et validé ses droits.) ouvert à tous. À ce stade, ni le taux de cotisation, ni le mode de gestion des fonds ou les garanties financières ne sont précisés.
Édouard Philippe propose de reporter l'âge légal de départ à 65 ans avec 45 annuités de cotisation en moins de dix ans. Gabriel Attal rejette ce schéma et défend un modèle fondé sur la durée cotisée et la capitalisation. Ces pistes de campagne ne modifient pas les règles actuellement en vigueur.
Le ministre du Commerce Serge Papin confirme qu'une taxe sur les produits sucrés est envisagée pour le budget 2027. Cette option fiscale n'est pas encore arbitrée dans le texte budgétaire. Elle viserait plusieurs catégories d'aliments transformés.
Le gouvernement souhaite relever la taxe sur les grandes infrastructures de transport de 4,6 % à 12,2 % dans le projet de budget 2027. Cette proposition vise 800 millions d'euros de recettes supplémentaires pour l'État, sans autoriser de hausse automatique du prix des péages pour les automobilistes.