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Salaire net et brut — main consultant un bulletin de paie anonymisé sur une table de cuisine française baignée de lumière naturelle.
Consommation

Salaire net et brut : ce que proposent trois candidats

Trois candidats veulent réduire l’écart entre le salaire brut et le montant reçu. Mais ils ne ciblent pas les mêmes prélèvements ni les mêmes salariés. Le financement reste le point décisif.

Par Éloïse Lefort4 min de lecture
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À retenir

  • La proposition des Républicains ne concerne que les heures au-delà de 1 623 heures par an.
  • Sur un salaire privé, la CSG (Contribution sociale généralisée : prélèvement qui participe au financement de la protection sociale.) et la CRDS (Contribution au remboursement de la dette sociale : prélèvement destiné à rembourser la dette de la Sécurité sociale.) totalisent 9,7 % d’une assiette égale à 98,25 % du brut.
  • Les régimes de base de la Sécurité sociale prévoient un déficit de 17,5 milliards d’euros en 2026.

Trois promesses, trois mécanismes

Le débat organisé par le Mouvement des entreprises de France (Medef) le 27 août a remis ce sujet sur la table. Gabriel Attal, Raphaël Glucksmann et Les Républicains promettent tous de mieux rémunérer le travail. Ils ne retireraient pourtant pas les mêmes lignes de la fiche de paie.

Le salaire brut (Rémunération prévue avant les prélèvements salariaux ; les cotisations patronales s’ajoutent encore au coût pour l’employeur.) est le montant prévu avant les prélèvements du salarié. Le salaire net avant impôt (Montant reçu après les prélèvements salariaux, avant le prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu.) est ce qu’il perçoit avant l’impôt sur le revenu. Réduire l’écart entre les deux suppose donc de modifier une ou plusieurs lignes de la fiche de paie.

Gabriel Attal propose un « droit au brut », fondé sur la suppression de lignes de cotisations sociales (Prélèvements qui financent notamment retraite, santé ou chômage et peuvent ouvrir des droits selon leur nature.). Son site de campagne avance un gain de 250 € nets par mois pour un salarié au salaire médian, qu’il situe à 2 200 € nets. Cela représente 3 000 € sur douze mois. Les cotisations visées, les personnes concernées et le calendrier ne sont pas détaillés.

Raphaël Glucksmann défend une autre voie : réduire la contribution sociale généralisée (CSG) sur les salaires. Il a confirmé ce principe lors du débat du Medef. Il avance 120 € par mois pour une personne gagnant 2 000 € mensuels. Il cite une taxation accrue des héritages supérieurs à 2 millions d’euros pour financer la mesure.

Les Républicains proposent une exonération de cotisations salariales et patronales sur les heures travaillées au-delà de 1 623 heures par an. Cette piste ne rapproche donc pas le brut et le net sur toute la rémunération. La CSG et la contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS) resteraient dues sur ces heures.

Ce qui changerait sur la fiche de paie

La différence tient d’abord à la ligne retirée. Les cotisations sociales financent notamment la retraite, la santé ou le chômage. La CSG et la CRDS sont aussi des prélèvements sociaux. Elles ne sont toutefois pas des cotisations ouvrant directement des droits de même nature.

Une baisse de CSG peut ainsi augmenter le net sans modifier de la même façon les cotisations de retraite. Pour les salariés du privé, l’Urssaf indique en 2026 une CSG de 2,40 % puis 6,80 %, et une CRDS de 0,50 %. Ces prélèvements sont calculés sur 98,25 % du salaire brut. Leur total atteint donc 9,7 % de cette assiette, avant les cotisations de retraite salariales.

Les slogans se comparent donc mal. La proposition d’Attal annonce un objectif mensuel général, sans préciser les prélèvements supprimés. Celle de Glucksmann vise explicitement la CSG. Celle des Républicains ne s’appliquerait qu’à une part des heures travaillées. Le gain réel dépendrait, dans chaque cas, du texte adopté et de la situation du salarié.

Le financement reste le point décisif

Retirer un prélèvement ne le fait pas disparaître du financement de la protection sociale. Il faut le remplacer par des économies, un autre impôt, un transfert ou un déficit plus élevé. Gabriel Attal évoque des économies sur le modèle social et des gains de productivité liés à l’intelligence artificielle. Il affirme un financement « à l’euro près », sans en publier le détail.

Raphaël Glucksmann identifie pour sa part une recette de remplacement, avec une fiscalité accrue sur les très gros héritages. Son chiffrage détaillé n’est toutefois pas disponible. Le barème, le rendement attendu et le coût global de sa baisse de CSG ne sont pas publiés dans les sources consultées.

Les prévisions des régimes de base de la Sécurité sociale pour 2026 donnent l’ordre de grandeur : 336,1 milliards d’euros de cotisations sociales et 130,1 milliards de CSG sont attendus, pour un déficit net prévu de 17,5 milliards. Ces montants ne chiffrent pas le coût de chaque promesse. Ils montrent pourquoi le financement ne peut pas être séparé du gain affiché sur la fiche de paie.

Aucune de ces propositions ne modifie aujourd’hui les bulletins de salaire. Elles sont formulées dans la perspective de l’élection présidentielle de 2027. Pour les comparer, le montant annoncé ne suffit donc pas : il faut regarder le prélèvement concerné, les salariés visés et la ressource appelée à le remplacer.

Sources

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