Simulateur de découvert bancaire
Agios et commissions d’intervention.
Dossier
Comprendre l'autorisation de découvert, son coût réel, les plafonds de frais et les démarches utiles pour reprendre la main sur son compte.

Le découvert bancaire est la situation où les sommes sorties de votre compte dépassent celles qui y sont entrées. Il compte parce qu'il peut dépanner quelques jours, mais son coût, ses limites et les incidents qui l'accompagnent pèsent vite sur un budget déjà tendu.
À retenir

Le solde devient débiteur lorsqu'un paiement, un prélèvement, un chèque ou un virement est exécuté alors que le solde disponible ne suffit plus. La banque peut alors laisser fonctionner le compte : cette acceptation ponctuelle s'apparente à une facilité de caisse. Elle reste à sa décision et convient à un décalage bref, par exemple entre une dépense imprévue et l'arrivée d'un revenu.
L'autorisation de découvert donne un cadre plus lisible. Elle fixe un plafond, une durée et le taux appliqué ; vous la trouvez dans votre convention de compte ou dans l'accord signé avec la banque. Elle peut être ponctuelle, pour quelques jours, ou prévue dans la durée. Vous pouvez demander une autorisation exceptionnelle par courriel, courrier ou agence, en précisant le montant souhaité, la période et la date de retour à l'équilibre. La banque évalue la demande et reste libre de son accord.
Le dépassement survient quand le compte passe au-delà du plafond autorisé, ou quand aucune autorisation ne couvre le solde négatif. C'est la zone la plus chère : les agios peuvent alors être calculés au taux majoré communiqué avant l'opération, et des commissions d'intervention ou frais d'incident peuvent s'ajouter. Regardez le plafond inscrit sur votre relevé mensuel avant d'engager une dépense importante.

Les agios sont les intérêts débiteurs. Leur calcul proportionnel dépend du montant utilisé, du nombre de jours et du taux annuel effectif global (TAEG) prévu au contrat. Le TAEG doit figurer sur le relevé mensuel ; la banque récapitule aussi les agios prélevés dans le relevé annuel envoyé en janvier. Certaines banques appliquent plutôt un minimum forfaitaire pour un découvert de faible montant ou de courte durée. Votre document tarifaire permet de savoir quelle règle s'applique à votre compte.
Exemple
Exemple illustratif : avec un découvert de 950 € pendant 15 jours et un TAEG de 18 %, les agios proportionnels représentent environ 7,03 €. Ce calcul n'inclut ni éventuel minimum forfaitaire ni frais liés à un dépassement : vérifiez la tarification de votre banque.
Les commissions d'intervention rémunèrent l'examen d'une opération qui crée ou aggrave un découvert non prévu ou dépasse le plafond. Elles diffèrent des agios : plusieurs frais peuvent apparaître sur une même période, d'où l'intérêt de lire chaque ligne du relevé plutôt que le seul solde final. Les frais prélevés doivent être identifiables et la banque informe le client au moins 14 jours avant le débit des frais pour irrégularités et incidents de paiement.
| Situation au 1er août 2026 | Plafond des commissions d'intervention |
|---|---|
| Cas général | 8 € par opération et 80 € par mois |
| Client ayant souscrit l'offre spécifique pour clientèle fragile | 4 € par opération, 20 € par mois et 200 € par an |
| Client détecté fragile sans cette offre | 25 € par mois |
Ces plafonds concernent les commissions d'intervention. Un rejet de prélèvement, de virement ou de chèque relève de plafonds propres : les confondre avec les agios rend le coût difficile à comprendre.

Le découvert sert à absorber un décalage de trésorerie, pas à financer durablement les dépenses courantes. Un découvert ne peut pas dépasser trois mois consécutifs. S'il dépasse cette durée, la banque doit vous faire une offre de crédit à la consommation (La consommation rassemble les achats de biens et services des ménages, du logement à l’alimentation, et les choix de budget qui les accompagnent.), valable 15 jours ; après signature, vous disposez de 14 jours calendaires pour vous rétracter. Cette proposition appelle une comparaison attentive : un crédit transforme le solde négatif en remboursement organisé, avec son coût et ses échéances.
Pour sortir d'une période difficile, faites la liste des opérations à venir, contactez la banque avant un dépassement et demandez la baisse temporaire d'un plafond ou une autorisation ponctuelle adaptée à votre échéance. Si la banque détecte une fragilité financière, le plafond de frais d'incidents de 25 € par mois s'applique automatiquement. L'offre spécifique, facturée au plus 3 € par mois, donne accès aux plafonds plus protecteurs du tableau ; demandez à la banque si elle correspond à votre situation.
La banque peut aussi réviser le montant ou la durée d'une autorisation. Pour une autorisation à durée indéterminée, elle adresse en principe une lettre recommandée avec accusé de réception et respecte un préavis minimal de deux mois. Un motif légitime, notamment le non-respect des conditions, peut justifier une résiliation sans préavis. En cas de désaccord que vous estimez abusif, vous pouvez saisir le médiateur bancaire ; cette saisine sert à rechercher une solution et ne rétablit pas, à elle seule, une autorisation supprimée.

Une demande claire aide le conseiller à comprendre qu'il s'agit d'un besoin temporaire et chiffré. Gardez la trace écrite de l'accord et contrôlez ensuite plafond et TAEG sur le relevé mensuel. Si le découvert se répète, un calendrier des entrées et sorties peut aussi révéler qu'un prélèvement arrive systématiquement avant le versement d'un revenu : un changement de date auprès du créancier peut alors réduire le recours au découvert.
À vérifier

Au 1er août 2026, une banque doit analyser la solvabilité lors d'une demande d'autorisation égale ou supérieure à 200 € et/ou d'une durée de plus d'un mois. À compter du 20 novembre 2026, cette évaluation s'étendra aux autorisations de moins de 200 € et/ou de moins d'un mois. Elle sera proportionnée au montant et à la durée et peut prendre en compte revenus, autres ressources, actifs, dettes et charges.
Repères dans le temps
Cette évolution encadre l'octroi d'une nouvelle autorisation ; elle ne transforme pas le découvert en droit automatique. Elle ne change pas davantage les plafonds de commissions présentés plus haut, applicables à la date de référence.

La facilité de caisse correspond à une tolérance ponctuelle. L'autorisation fixe, elle, un montant, une durée et un taux dans un accord avec la banque.
Le TAEG doit apparaître sur votre relevé mensuel. Le document d'information tarifaire complète cette information avec les frais applicables.
Ce plafond vise les commissions d'intervention du cas général. Les agios et certains frais de rejet obéissent à d'autres règles.
Vous pouvez demander une hausse, une baisse ou une résiliation à votre banque. La demande exige son accord pour une hausse ; un écrit permet de conserver la trace des modalités.
La banque doit vous proposer une offre de crédit à la consommation. Vous pouvez l'étudier avant de signer ; une fois signée, elle ouvre un délai de rétractation de 14 jours calendaires.
Les autorisations mises en place avant le 20 novembre 2026 ne sont pas affectées par les nouvelles dispositions sur l'évaluation de solvabilité.