Prix du gazole : 12 à 18 centimes de baisse dès le 1er novembre
Le prix du gazole recule de 12 à 18 centimes par litre dès le dimanche 1er novembre 2026 grâce au déblocage des réserves stratégiques. Toutes les stations-service françaises doivent répercuter cette baisse et l'afficher clairement. Les moteurs à essence restent exclus de la mesure.
Publié au Journal officiel ce jeudi 29 octobre, un arrêté ministériel contraint l'ensemble des stations-service françaises à afficher la baisse consentie sur le gazole. Ce panneau d'information doit rester visible, lisible et accessible directement sur la piste jusqu'au 31 mars 2027.
L'obligation s'applique dès le dimanche 1er novembre 2026, au retour des vacances de la Toussaint. Porte-parole du gouvernement et ministre déléguée chargée de l'Énergie, Maud Bregeon précise la trajectoire voulue par l'exécutif : « L'objectif est d'assurer une baisse visible, comprise entre 12 et 18 centimes par litre pour les automobilistes dès le début du mois de novembre. »
Exemple
Pour un plein de 50 litres (facturé 119,50 € au tarif moyen de 2,39 €/l), un rabais de 15 centimes par litre ramène la note à 112,00 €, soit 7,50 € d'économie.
Sur un aller-retour de 800 kilomètres (48 litres brûlés), l'allègement immédiat oscille entre 5,76 € (à 12 centimes) et 8,64 € (à 18 centimes).
Pour un gros rouleur parcourant 2 500 kilomètres par mois (150 litres), le gain cumulé sur trois mois atteint entre 54 € et 81 €.
L'exécutif tente d'enrayer l'envolée continue des tarifs en 2026, qui pèse sur l'inflation (Hausse générale et durable des prix à la consommation, qui réduit la valeur réelle de la monnaie.) et le pouvoir d'achat (Quantité de biens et de services qu'un revenu permet d'acheter, après prise en compte de l'évolution des prix.). Parti de 1,65 € le litre en janvier, le prix moyen mensuel du gazole a connu sept hausses sur neuf intervalles mensuels. Après un repli en mai (2,15 €) et juin (1,96 €), il a grimpé jusqu'au pic de 2,39 € en octobre.
Évolution mensuelle du prix moyen du litre de gazole en France de janvier à octobre 2026 (en euros TTC, source : SDES / Insee).LaBanque.org — données : SDES / InseeSource
Quels carburants profitent de cette remise ?
Seuls le gazole routier, le gazole non routier (GNR) et les fiouls domestiques profitent de cet allègement réglementaire. Les conducteurs d'une automobile roulant à l'essence sans-plomb (SP95, SP98 ou E10) en restent exclus. Aucun rabais similaire ne viendra soulager leur facture au 1er novembre.
La mesure découle d'une manœuvre conjointe de l'Union européenne, du G7 et de l'Agence internationale de l'énergie (AIE). Les pays européens injectent 42,6 millions de barils de pétrole et de produits raffinés sur le marché. Environ la moitié de ce volume, soit 21,3 millions de barils, se compose de gazole afin de parer aux tensions hivernales.
Au sein de cette enveloppe, la France libère jusqu'à 1,6 million de mètres cubes de gazole, soit environ 10 millions de barils. Ces volumes seront diffusés sur trois mois, du 1er novembre 2026 au 31 janvier 2027, pour amortir le pic de demande hivernale.
Le mécanisme du déstockage au coût historique
Contrairement à la remise générale de 2022, qui avait coûté 8 milliards d'euros au budget de l'État, cette mesure ne mobilise aucune subvention publique. Le décret n° 2026-981 du 23 octobre 2026 s'appuie sur les stocks stratégiques pétroliers (Réserves physiques obligatoires de brut et de carburants (au moins 90 jours d'importations) mobilisables par l'État en cas de tension sur l'approvisionnement.) déjà constitués par la filière. En France, la Société anonyme de gestion de stocks de sécurité (SAGESS (Société anonyme de gestion de stocks de sécurité, organisme privé à but non lucratif qui gère les trois quarts des réserves pétrolières stratégiques françaises.)) gère 13 millions de tonnes d'hydrocarbures, soit 75 % des réserves nationales.
La SAGESS cède ce gazole aux metteurs à la consommation (Opérateurs pétroliers (raffineurs, importateurs, distributeurs) qui livrent les carburants sur le marché intérieur et acquittent les taxes et obligations de stockage.) (raffineurs, importateurs et distributeurs) à son coût moyen pondéré d'acquisition (Prix d'achat historique moyen des barils stockés, inférieur aux cours actuels, qui permet de céder le carburant aux distributeurs avec une décote immédiate.) (CMPA). Ce tarif correspond au prix d'achat historique des barils stockés, nettement inférieur aux cours actuels du marché international. Les opérateurs doivent répercuter intégralement cet avantage hors taxes, majoré de la TVA et de l'accise, sur le tarif final.
Le rabais affiché en station doit correspondre au moins à cet écart hors taxes rapporté au litre vendu, taxes comprises. Sur les derniers relevés hebdomadaires d'octobre 2026, le gazole s'établissait entre 2,36 € et 2,41 € le litre selon les réseaux avant cette déduction.
Deux limites : prix libres et rachat des stocks
La répercussion effective comporte toutefois une limite liée à la liberté des prix à la pompe. Des distributeurs aux marges serrées pourraient relever leur tarif de base avant d'appliquer la déduction obligatoire. La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) surveillera donc les stations jusqu'au 31 mars 2027.
L'opération décale également une échéance financière au printemps 2027. Les règles européennes et de l'AIE imposent en effet un stock minimal permanent de 90 jours d'importations nettes. Dès le 1er avril 2027, la SAGESS devra planifier le rachat des 10 millions de barils écoulés. Si le baril reste cher en 2027, cette reconstitution alourdira les cotisations de stockage facturées à la filière.
Pour aller plus loin
Automobile — comprendre les règles et les démarches
Inflation — comprendre les règles et les démarches
Un projet d'arrêté fixe à 0,8 % la cotisation obligatoire qui financera la garantie émeutes dès le 1er janvier 2027. Tous les contrats habitation, automobile et professionnels alimenteront ce fonds doté de 400 millions d'euros par an. Le surcoût moyen atteindra 7 à 8 € par ménage.
Le formulaire de demande de l'aide carburant de 100 € ouvre ce mardi 27 octobre sur le site impots.gouv.fr. Grâce à un plafond de ressources relevé, 2,5 millions d'actifs supplémentaires peuvent solliciter ce virement jusqu'au 31 décembre 2026.
Les travailleurs qui utilisent leur voiture personnelle pour leurs trajets professionnels peuvent demander l'indemnité carburant de 100 € dès le mardi 27 octobre sur impots.gouv.fr. Avec un plafond de ressources relevé à 22 770 € par part, de nouveaux actifs deviennent éligibles jusqu'au 31 décembre.
Le gouvernement va libérer dix millions de barils des réserves d'État pour faire baisser le gazole de 12 à 18 centimes par litre dès novembre 2026. Cette mesure temporaire de trois mois vise à alléger le plein des automobilistes d'environ dix euros, sans toucher aux tarifs des essences.
TotalEnergies abaisse le prix du diesel à 2,15 € le litre dès ce samedi 31 octobre 2026 dans ses 705 stations Access. Cette baisse découle de la libération par l'État de 10 millions de barils issus des réserves nationales. Les autres stations du groupe et le fioul domestique suivront le 2 novembre.
Dès le 1er novembre 2026, les stations-service devront afficher au dixième de centime la baisse du gazole issue des réserves stratégiques. Attendue entre 12 et 18 centimes par litre pendant trois mois, cette remise concerne le diesel et le fioul, mais exclut l'essence.