Une cotisation émeutes de 0,8 % s'ajoutera aux assurances en 2027
Un projet d'arrêté fixe à 0,8 % la cotisation obligatoire qui financera la garantie émeutes dès le 1er janvier 2027. Tous les contrats habitation, automobile et professionnels alimenteront ce fonds doté de 400 millions d'euros par an. Le surcoût moyen atteindra 7 à 8 € par ménage.
Instituée par l'article 171 de la loi de finances du 19 février 2026, la garantie émeutes (Couverture obligatoire des contrats de dommages aux biens indemnisant les destructions matérielles et pertes d'exploitation lors de violences collectives.) franchit son étape réglementaire décisive. Les projets de décrets et d'arrêtés ont été soumis fin octobre 2026 au Comité consultatif de la législation et de la réglementation financières (CCLRF). Attendus au Journal officiel mi-décembre 2026 après avis du Conseil d'État, ils fixent le taux à 0,8 %, sous le plafond légal de 1,5 %.
Cette réforme renverse le principe historique de l'article L. 121-8 du Code des assurances. Jusqu'ici, la loi excluait par défaut les dommages causés par les émeutes et les mouvements populaires, sauf garantie optionnelle payante. Le nouvel article L. 12-11-1 impose désormais l'intégration automatique de cette couverture dans les contrats de dommages aux biens.
Combien cette cotisation va-t-elle coûter ?
La surprime représentera une dépense moyenne de 7 à 8 € par an pour un foyer assuré pour son logement et sa voiture. Elle s'appliquera à toutes les quittances et avis d'échéance émis à partir du 1er janvier 2027. L'assiette retient les primes nettes des contrats d'assurance habitation (Contrat couvrant un logement et son contenu contre les sinistres matériels (incendie, dégât des eaux, vol) ainsi que la responsabilité civile des occupants.), automobile et professionnels couvrant les biens et les pertes d'exploitation.
Seuls les risques agricoles échappent à cette contribution, tout comme les exclusions légales visant la guerre étrangère, la guerre civile et le terrorisme. Ce prélèvement obligatoire alourdit la fiscalité et les taxes parafiscales qui pèsent déjà sur les contrats d'assurance des ménages. Au 1er janvier 2025, la surprime des catastrophes naturelles avait déjà bondi de 12 % à 20 % sur l'habitation. Sur l'assurance auto, elle était passée de 6 % à 9 %.
Exemple
Ménage type (logement et voiture) : la prime habitation de 260 € et l'auto tous risques de 680 € subissent le taux de 0,8 %. La cotisation ajoute 7,52 € par an, soit 2,08 € sur le logement et 5,44 € sur le véhicule.
Commerce de centre-ville : sur un contrat multirisque professionnelle facturé 3 000 € par an, le prélèvement s'élève à 24 € par an.
Un fonds calqué sur les catastrophes naturelles
Les 400 millions d'euros collectés chaque année couvriront environ 75 % du financement régulier d'un nouveau fonds de mutualisation. Sa gestion est confiée à la Caisse centrale de réassurance (CCR) (Réassureur public détenu à 100 % par l'État, chargé de couvrir les risques exceptionnels comme les catastrophes naturelles avec la garantie financière de l'État.), entreprise publique détenue à 100 % par l'État. Comme pour le régime des catastrophes naturelles créé en 1982, l'État accorde sa garantie financière illimitée en cas de sinistre majeur.
Toutefois, un bris de vitrine isolé en marge d'une manifestation syndicale ne déclenchera pas automatiquement ce fonds. L'article L. 12-11-1 du Code des assurances cible « une action collective dirigée contre l'autorité publique » portant des revendications politiques ou sociales. Elle doit en outre occasionner des violences et causer « un préjudice économique important ».
Une Commission de qualification des émeutes (Instance administrative chargée de constater officiellement qu'un événement réunit les critères légaux d'une émeute pour déclencher l'indemnisation mutualisée.) validera chaque événement selon le nombre de participants, l'ampleur des dégâts et l'atteinte à l'ordre public. Par ailleurs, deux paramètres restent en cours de finalisation avant l'entrée en vigueur. L'arrêté définitif doit encore fixer les franchises applicables aux collectivités et aux professionnels. De son côté, la garantie d'État fait l'objet d'une notification à la Commission européenne.
Illustration LaBanque.org — Les locaux professionnels et les collectivités locales ont concentré 92 % des indemnisations versées après les violences urbaines de 2023.
Des ménages payeurs pour les mairies et commerces
Ce mécanisme répond avant tout au retrait des assureurs privés après une série de chocs financiers. Les dégradations liées aux Gilets jaunes en 2018-2019 avaient coûté 256 millions d'euros aux assureurs. Les émeutes de l'été 2023 ont ensuite atteint 793 millions d'euros pour 55 300 sinistres. En Nouvelle-Calédonie au printemps 2024, les dommages assurés ont avoisiné 1 milliard d'euros, sur plus de 2,2 milliards de pertes économiques.
Dès l'automne 2023, de nombreuses mairies ont vu leurs contrats résiliés ou leurs franchises quadruplées pour couvrir écoles et gymnases. Selon France Assureurs, les biens professionnels (65 %) et les collectivités territoriales (27 %) ont concentré 92 % des indemnisations de 2023. Les véhicules et les biens des particuliers n'ont représenté que 8 % des montants remboursés.
Ce décalage entre les ménages cotisants et les principaux bénéficiaires nourrit les critiques parlementaires contre une « taxe casseurs ». À l'Assemblée nationale, un amendement de suppression dénonçait ainsi « une double peine inadmissible pour les citoyens honnêtes ». Ses auteurs estimaient que ce prélèvement « entérine la défaillance régalienne de l'État ». En pratique, l'action récursoire (Procédure judiciaire permettant à l'assureur ou à l'État de réclamer aux auteurs condamnés le remboursement des indemnités versées aux victimes.) de l'État contre les auteurs reste marginale, faute d'identification ou de solvabilité des condamnés.
Le formulaire de demande de l'aide carburant de 100 € ouvre ce mardi 27 octobre sur le site impots.gouv.fr. Grâce à un plafond de ressources relevé, 2,5 millions d'actifs supplémentaires peuvent solliciter ce virement jusqu'au 31 décembre 2026.
Les travailleurs qui utilisent leur voiture personnelle pour leurs trajets professionnels peuvent demander l'indemnité carburant de 100 € dès le mardi 27 octobre sur impots.gouv.fr. Avec un plafond de ressources relevé à 22 770 € par part, de nouveaux actifs deviennent éligibles jusqu'au 31 décembre.
Un décret publié le 16 octobre reconduit l'indemnité carburant de 100 € pour le dernier trimestre et relève son plafond de revenus. Les 1,6 million d'allocataires du printemps sont payés automatiquement, tandis que les nouveaux bénéficiaires devront déposer une demande en ligne fin octobre.
Les cotisations d'assurance habitation et automobile augmenteront en 2027 à un rythme supérieur à l'inflation. Selon les projections d'actuaires publiées le 21 septembre 2026, le surcoût moyen atteindra 20 à 25 euros hors taxes par contrat.
Votée dans la loi de finances pour 2026, la garantie obligatoire contre les émeutes entrera en vigueur sous réserve des décrets d'application. Elle sera financée par une cotisation plafonnée à 1,5 % sur les contrats d'assurance auto, habitation et professionnels.
De nouveaux frais de traitement européens de 2 euros s'appliquent dès le 1er novembre 2026 aux commandes en ligne expédiées hors de l'Union européenne. Ce prélèvement s'ajoute au forfait douanier de 3 euros instauré en juillet. Il est facturé pour chaque catégorie d'articles présente dans le colis.