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Pression budgétaire liée au logement — radiateur en fonte blanc, trousseau de clés et document plié sur une table en bois devant une fenêtre donnant sur des toits parisiens.
Immobilier

Logement : 39 % des Français se privent de dépenses essentielles

Près de quatre Français sur dix (39 %) ont déjà réduit leurs achats alimentaires ou leur chauffage pour payer leur loyer ou leur mensualité d'emprunt. Cette pression budgétaire touche d'abord les locataires et les foyers modestes, tout en freinant l'accès à la propriété.

Par Thomas Reynaud3 min de lecture
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Publiée le 29 octobre 2026, une enquête Ipsos BVA menée auprès de 1 000 adultes mesure la pression du logement sur le budget des ménages. Plus d'un Français sur deux (52 %) juge ses dépenses d'habitation difficiles à assumer, et cette proportion atteint 62 % chez les locataires. Pour régler leur loyer ou leur crédit immobilier, 39 % des sondés ont ainsi déjà dû rogner sur des postes vitaux comme l'alimentation ou le chauffage. Au total, 79 % des personnes interrogées perçoivent un alourdissement de cette charge ces dernières années, au détriment direct de leur pouvoir d'achat.

Un écart marqué selon le revenu et le statut

Ce ressenti contraste en apparence avec les statistiques publiées en septembre 2026 par l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). L'institut y mesure le taux d'effort net (Part des revenus d'un ménage consacrée au logement (loyer ou prêt, charges, eau, énergie), après déduction des aides personnelles.), soit la part du revenu absorbée par les dépenses d'habitation après déduction des aides. Cet indicateur s'établissait en moyenne à 16,8 % début 2024, contre 18,3 % en 2014. Ce recul global s'explique toutefois par la suppression de la taxe d'habitation sur la résidence principale, qui a surtout profité aux propriétaires.

À l'inverse, les ménages exposés à l'inflation — notamment sur l'énergie — et aux hausses de loyers subissent un reste à charge bien plus lourd. Le quart des ménages les plus modestes consacre désormais 32,1 % de ses revenus au logement, soit 1,1 point de plus qu'en 2014. À l'opposé, cette part plafonne à 12 % pour le quart des foyers les plus aisés.

Statut d'occupation (début 2024)Taux d'effort net moyen (Insee)
Locataires du parc privé25,4 %
Locataires du parc social24,0 %
Propriétaires accédants (avec emprunt)23,3 %
Propriétaires sans emprunt en cours7,4 %

Un parcours résidentiel bloqué par le coût d'achat

Quitter le secteur locatif s'avère complexe dans un marché sous tension. Au sein de leur commune, 84 % des sondés jugent difficile d'obtenir un logement social, 75 % de louer dans le privé et 64 % d'acheter. Si 63 % des locataires et 75 % des moins de 35 ans souhaitent devenir propriétaires, trois freins financiers bloquent leurs projets. Ils citent d'abord le niveau élevé des prix immobiliers (61 %), devant les taux de crédit (51 %) et un apport personnel insuffisant (36 %).

Ces difficultés placent l'habitat au cœur des attentes politiques. L'Assemblée nationale examinera le 15 novembre 2026 les crédits budgétaires dédiés au logement, dont les aides personnelles et le prêt à taux zéro. Par ailleurs, 43 % des Français (57 % des moins de 35 ans) déclarent que ce sujet pèsera dans leur vote à la présidentielle d'avril 2027.

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Sources

Dans le dossier « Crédit immobilier »

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