BCE : Pierre Wunsch refuse d'alourdir les réserves des banques
Le gouverneur de la Banque nationale de Belgique, Pierre Wunsch, refuse tout relèvement du ratio de réserves obligatoires imposé aux banques par la BCE. Il dénonce un instrument quasi-budgétaire qui empiéterait sur les prérogatives des gouvernements élus.
Pierre Wunsch, gouverneur de la Banque nationale de Belgique.Banque nationale de Belgique / CC BY 3.0, via Wikimedia CommonsLicenceSource
Le 8 octobre 2026 à Bruxelles, lors de la conférence de recherche de son institution, Pierre Wunsch a tracé une ligne rouge très claire. Il s'oppose à tout relèvement réglementaire visant à immobiliser davantage de liquidités bancaires.
Depuis janvier 2012, chaque banque (Établissement financier qui reçoit des dépôts, accorde des crédits et gère les moyens de paiement des particuliers et des entreprises.) commerciale de la zone euro doit immobiliser 1 % de ses dépôts éligibles auprès de sa banque centrale. Ces réserves obligatoires (Part minimale des dépôts qu'une banque doit obligatoirement immobiliser auprès de sa banque centrale nationale, sans pouvoir la prêter.) représentent aujourd'hui environ 175 milliards d'euros bloqués au sein de l'Eurosystème. Depuis septembre 2023, ces fonds ne rapportent plus rien, leur rémunération ayant été ramenée à 0 %.
Une ponction pour combler les pertes de la BCE
La gratuité de ces dépôts nourrit des convoitises pour orienter la politique monétaire (Ensemble des actions menées par une banque centrale pour réguler la création de monnaie et orienter le niveau des taux d'intérêt.). En relevant son principal taux d'intérêt (Prix payé pour emprunter de l'argent ou rémunération perçue sur un capital placé, exprimé en pourcentage annuel.) face à l'inflation dès 2022, l'Eurosystème a essuyé des pertes financières inédites. Il continue de rémunérer l'excédent de liquidités bancaires, évalué à environ 2 109 milliards d'euros fin septembre 2026. En contrepartie, son portefeuille d'obligations souveraines rapporte des rendements très faibles.
Pour réduire cette charge, certains gouverneurs comme l'Autrichien Robert Holzmann plaident pour un durcissement marqué. Ils réclament un ratio compris entre 5 % et 10 %, ou au minimum à 2 %. Un passage à 2 % doublerait les réserves non rémunérées à 350 milliards d'euros. Cette mesure priverait les banques de 5,7 milliards d'euros d'intérêts par an au taux de la facilité de dépôt fixé à 3,25 %.
Repères
1 % : part des dépôts immobilisée par chaque banque depuis janvier 2012.
175 milliards d'euros : montant total des réserves obligatoires non rémunérées dans la zone euro.
5,7 milliards d'euros : perte annuelle d'intérêts pour les banques si le ratio était doublé à 2 %.
Le risque d'un impôt déguisé pour les banques
Pierre Wunsch refuse formellement cette logique comptable. Selon lui, utiliser ce ratio pour compenser les pertes de l'institution créerait un instrument quasi-budgétaire. Cette ponction constituerait un impôt déguisé, une prérogative dévolue aux parlements élus. Il rappelle d'ailleurs que plusieurs États, comme la Belgique, taxent déjà les surprofits bancaires.
Le dirigeant belge met également en garde contre le risque d'une incohérence temporelle. Si la banque centrale pénalise les liquidités injectées lors des plans d'urgence passés, elle fragilisera ses futures interventions. Lors d'une nouvelle récession, les banques pourraient hésiter à souscrire aux programmes de rachat d'actifs, paralysant la politique monétaire.
Le gouverneur slovène Primož Dolenc n'exclut pas de nouvelles hausses de taux face au rebond de l'inflation à 3,8 %. Ce membre du Conseil des gouverneurs de la BCE a rappelé le 8 octobre 2026 que rien n'était acté. Cette perspective prolonge la pression sur le crédit immobilier tout en soutenant l'épargne bancaire.
Face aux pertes causées par la sécheresse, le gouvernement annonce un dispositif de prêts à taux zéro pour un encours maximal de 2 milliards d'euros. L'État prendra en charge les intérêts bancaires afin de soulager la trésorerie des exploitations agricoles, sous réserve du vote du budget 2027.
La banque centrale indienne relève son taux directeur de 0,25 point, à 5,50 %, pour répondre au retour de l’inflation. Celle-ci a atteint 4,82 % en août, mais reste sous le plafond de 6 %. Une pause reste possible lors de la prochaine décision.
Le Conseil d'analyse économique préconise un redressement budgétaire d'au moins 125 milliards d'euros d'ici 2032 pour stabiliser la dette publique. Cet assainissement vise à freiner l'explosion des intérêts d'emprunt et nécessiterait des arbitrages majeurs dès 2027.
Le Premier ministre réunit les distributeurs de carburants lundi 12 octobre à Matignon pour caler une baisse de 12 à 18 centimes par litre de gazole. Issu du déblocage de réserves stratégiques, ce rabais de trois mois doit apparaître à la pompe dès les premiers jours de novembre.
La commission des finances a maintenu le 8 octobre 2026 la réforme de l'apport-cession, rejetant sa suppression grâce à la gauche. Les députés ont toutefois voté un compromis qui préserve l'exonération lors d'un décès et protège les stocks de plus-values déjà constitués.