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Rejet du volet recettes du budget 2027 — travées en hémicycle et pupitres en bois sous la verrière du Palais Bourbon, bloc officiel de la République française en incrustation.
Consommation

Budget 2027 : les députés rejettent le volet recettes remanié

Après trois jours de débats et 118 amendements adoptés, la commission des finances de l'Assemblée nationale a rejeté le volet recettes du budget 2027. Ce vote n'a aucun effet juridique direct pour les contribuables : les députés repartent du texte initial du gouvernement le 13 octobre 2026 dans l'hémicycle.

Par Éloïse Lefort4 min de lecture

Montage LaBanque.org

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Un déficit alourdi de 10 milliards d'euros

Le vote final du 9 octobre 2026 scelle une rupture nette : 31 voix contre, 3 voix pour et 2 abstentions. Seul le groupe Renaissance a soutenu le texte. Le MoDem a choisi l'abstention. La Droite républicaine et Horizons ont quant à eux joint leurs voix à la gauche et au Rassemblement national pour rejeter le texte issu des débats.

En trois jours d'examen, les commissaires ont adopté 118 amendements et en ont rejeté 421. Ce remaniement a bouleversé l'effort de 43 milliards d'euros prévu par le gouvernement de Sébastien Lecornu. L'exécutif visait à ramener le déficit public de 5,4 % en 2026 à 5,0 % en 2027. Cette trajectoire devait freiner la hausse continue de la dette publique (Total des emprunts contractés au fil du temps par l'État, les collectivités locales et les organismes de Sécurité sociale.).

Le rapporteur général Philippe Juvin (Droite républicaine) a chiffré ce décrochage : « Les modifications apportées en commission aggravent le déficit public d'environ 10 milliards d'euros, portant celui-ci à près de 5,4 % du PIB, bien loin des 5 % visés par le projet initial. » Ce vote effaçait ainsi l'assainissement budgétaire prévu, ramenant le déficit au niveau de l'année précédente.

Commission des finances sur le budget 2027 — salle de réunion parlementaire aux boiseries classiques, tables disposées en fer à cheval avec microphones de séance.
Illustration originale LaBanque.org — La commission des finances a siégé pendant trois jours avant de rejeter la copie budgétaire.

Retraites, santé, entreprises : ce qui a été voté

Pour préserver le pouvoir d'achat (Quantité de biens et de services qu'un ménage peut acheter grâce à son revenu disponible, compte tenu du niveau des prix.), les commissaires ont d'abord neutralisé plusieurs économies ciblant les ménages. Ils ont supprimé le plafonnement à 3 000 euros de l'abattement fiscal de 10 % sur les pensions de retraite. Ce rabot devait rapporter 1,4 milliard d'euros à l'État et toucher 4,6 millions de foyers fiscaux. Le plafond actuel de 4 439 euros par foyer restait ainsi préservé dans leur texte.

Les députés ont également supprimé le plafond annuel d'exonération de 7 500 euros sur les heures supplémentaires. Cette défiscalisation totale représente un coût budgétaire annuel estimé à 1 milliard d'euros. La commission a aussi annulé la fiscalisation à 50 % des indemnités pour affection de longue durée et des rentes d'accidents du travail. Cette exonération maintenue prive l'État de 963 millions d'euros de recettes sur l'impôt sur le revenu (Impôt direct et progressif calculé chaque année sur l'ensemble des revenus perçus par les membres d'un foyer fiscal.).

Pour compenser ces dépenses, une majorité de circonstance a voté de lourdes hausses fiscales contre les entreprises. Le taux de la taxe Gafam (Taxe nationale sur les services numériques ciblant les revenus de la publicité en ligne et des plateformes d'intermédiation des géants du web.) a été relevé de 3 % à 15 %. En parallèle, le seuil d'assujettissement mondial passerait de 750 millions à 2 milliards d'euros de chiffre d'affaires.

Les commissaires ont aussi adopté une taxe annuelle de 2 % sur la valeur des placements financiers des holdings patrimoniales. Enfin, le seuil d'application de la taxe sur les rachats d'actions a été abaissé de 750 millions à 100 millions d'euros de chiffre d'affaires annuel.

Article 42 : pourquoi les amendements sont caducs

Sur le plan fiscal, ce vote en commission ne modifie aucun barème pour les ménages. Le rejet global du texte rend en effet caducs les 118 amendements adoptés. Aucune démarche n'est à accomplir et aucun montant d'impôt n'est modifié pour les contribuables.

Ce mécanisme découle de l'article 42 de la Constitution (Règle imposant qu'en séance publique, les députés débattent sur le texte initial du gouvernement et non sur la version amendée en commission.). Contrairement aux lois ordinaires, le projet de budget examiné en séance n'est pas la copie issue de la commission. Les débats reprennent le mardi 13 octobre 2026 sur la version initiale du gouvernement. Le maintien du plafond des retraites comme la défiscalisation des heures supplémentaires devront donc être redéposés et revotés dans l'hémicycle pour espérer s'appliquer.

Le spectre d'un blocage et des ordonnances

Le test politique décisif débute au Palais Bourbon lors de l'examen en séance. Un vote solennel sur le volet recettes est programmé le 20 octobre 2026. Si les députés rejettent à nouveau ces recettes, l'ensemble du projet de loi de finances tombera sans débat sur les dépenses.

Le calendrier institutionnel impose ensuite un rythme strict. L'Assemblée nationale doit transmettre le texte au Sénat le 5 novembre 2026, après quarante jours de débats. En cas de blocage persistant au terme du délai de 70 jours, le 18 décembre 2026, l'exécutif pourrait recourir aux ordonnances budgétaires (Procédure d'exception de l'article 47 permettant au gouvernement d'appliquer son budget par ordonnance après un délai de 70 jours sans vote.). Cette procédure d'exception de l'article 47 permettrait d'appliquer le budget de l'État (Acte législatif annuel qui prévoit et autorise l'ensemble des recettes et des dépenses de l'État pour l'année à venir.) au 1er janvier 2027 sans vote du Parlement.

DateÉchéancePortée pour le budget
13 octobre 2026Débats dans l'hémicycleExamen du texte initial du gouvernement
20 octobre 2026Vote solennel des recettesCondition impérative pour aborder les dépenses
5 novembre 2026Fin de la première lectureTransmission du projet de loi de finances au Sénat
18 décembre 2026Délai de 70 joursÉchéance de l'article 47 ouvrant la voie aux ordonnances
1er janvier 2027Entrée en vigueurApplication du budget de l'État pour 2027

Outils utiles

Pour aller plus loin

Sources

Dans le dossier « Dette publique »

Tout voir →
Examen du budget 2027 à l'Assemblée nationale — rangées de bancs et microphones de travail dans une salle parlementaire aux boiseries classiques sous une lumière naturelle.

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Effort budgétaire face à la dette publique — façade du ministère de l'Économie à Bercy au bord de la Seine, bloc officiel avec la Marianne en incrustation.

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