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Consommation

La collectivité de Martinique doit 977 millions d’euros

La collectivité de Martinique doit 977 millions d’euros fin 2024, selon les chiffres attribués à la Chambre régionale des comptes. La projection d’un milliard en 2026 reste une prévision. L’enjeu le plus concret est le délai de règlement des fournisseurs, monté à 131 jours en 2025.

Par Éloïse Lefort4 min de lecture
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Les dépenses gagnent du terrain sur les recettes

La Chambre régionale des comptes de Martinique a délibéré son rapport le 10 juin. Sa présentation devant l’Assemblée de Martinique est annoncée les 24 et 25 septembre. Selon les chiffres qui lui sont attribués, la Collectivité territoriale de Martinique (CTM) devait encore 977 millions d’euros fin 2024.

Cet encours de dette (Montant total du capital des emprunts qu’une collectivité doit encore rembourser à une date donnée.), c’est-à-dire le capital des emprunts restant à rembourser, avait augmenté de 28 % depuis 2021. La chambre anticipe un dépassement du milliard d’euros en 2026. Il s’agit d’une prévision, pas d’un niveau déjà constaté.

Un encours n’est pas une facture à payer d’un coup. Il indique le capital restant dû à une date donnée. Pour mesurer la pression sur le budget, il faut aussi regarder les remboursements et l’argent dégagé par le fonctionnement.

Le montant de dette renvoie à un déséquilibre plus large. Entre 2021 et 2024, les produits de gestion ont progressé de 1,2 % par an en moyenne. Les charges ont augmenté de 2,1 %. Cette différence réduit la marge disponible pour rembourser les emprunts et financer les investissements. Plus cette marge diminue, plus les décisions budgétaires deviennent contraintes. Une dépense nouvelle ou un investissement suppose alors une économie, une recette ou un emprunt supplémentaire.

La CTM indique aussi une capacité financière (Marge disponible après les dépenses et le remboursement du capital des emprunts ; si elle est négative, les ressources ne suffisent pas.) négative après remboursement du capital de la dette. Elle est passée de -9 millions d’euros en 2023 à -38,3 millions en 2024. Dans cette lecture, les ressources disponibles ne couvrent plus ce remboursement. Cela limite la possibilité de financer des projets sans recourir à de nouveaux emprunts.

Les fournisseurs attendent 101 jours de trop

Le délai de paiement de la CTM était de 131 jours en 2025, contre 65 jours en 2021, selon les chiffres attribués à la chambre. Or une collectivité territoriale doit régler un marché public dans les 30 jours suivant la mise à disposition de la facture.

Exemple

Un délai de 131 jours dépasse de 101 jours le plafond légal de 30 jours. Pour un fournisseur, c’est 101 jours au-delà du délai légal avant le règlement de la facture.

Ce retard peut tendre la trésorerie des entreprises titulaires de marchés publics. Elles doivent continuer à payer salaires, achats et échéances avant d’encaisser leurs factures. Pour une petite entreprise, ce décalage peut imposer de mobiliser sa trésorerie ou un financement de court terme.

En cas de dépassement du délai, l’acheteur public doit des intérêts moratoires. Une indemnité forfaitaire de 40 € pour frais de recouvrement est aussi due. Ces sommes s’ajoutent au principal versé au fournisseur.

La chambre formule 15 recommandations sur les comptes, la trésorerie, les délais de paiement, les dettes et les investissements.

La CTM accepte le redressement, mais conteste des calculs

La collectivité ne conteste pas la nécessité d’un redressement. Elle dit avoir engagé près de 75 millions d’euros de mesures au 30 juin 2026. Elle chiffre leur effet financier durable à 26,4 millions d’euros et annonce la préparation d’un second plan. Ces deux montants ne mesurent pas la même chose.

Le désaccord porte aussi sur la lecture des comptes. La dette de la CTM envers la Caisse d’allocations familiales (CAF) était chiffrée à 183,2 millions d’euros fin 2024. Elle concerne notamment le revenu de solidarité active et le revenu de solidarité outre-mer.

La CTM estime que 122,5 millions d’euros étaient déjà comptabilisés. Elle conteste donc certains calculs de la chambre, afin d’éviter selon elle un double compte. Une même somme ne peut pas peser deux fois dans un indicateur financier. Le rapport intégral n’étant pas accessible lors de la recherche, ces données restent attribuées à la chambre et devront être confrontées au document publié.

Sources

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