Des pêcheurs bloquent des ports face au coût du carburant
Sur le littoral méditerranéen, la mobilisation des pêcheurs vise le coût du carburant. Catherine Chabaud les reçoit ce 17 septembre, alors que la précédente aide ne couvrait que les achats d'avril et de mai.
Des pêcheurs ont bloqué le port de Sète le 15 septembre. Selon un reportage réalisé sur place, aucun bateau ne pouvait alors entrer ni sortir.
Le 16 septembre, environ une centaine de professionnels ont aussi bloqué l'accès au dépôt pétrolier de Frontignan, dans l'Hérault. Les forces de l'ordre ont levé le blocage en fin de matinée. À Port-la-Nouvelle, dans l'Aude, des pêcheurs bloquent également le port ce 17 septembre pour dénoncer les prix du carburant.
Ces actions montrent que la mobilisation dépasse un seul port. Pour les équipages concernés, le gazole pèse directement sur le coût de chaque sortie en mer. À Frontignan, le pêcheur Arthur Dufour a évoqué « une dépense quotidienne de 2 500 à 3 000 euros, soit l'équivalent du chiffre d'affaires moyen d'un chalutier en Méditerranée ». Cet ordre de grandeur est celui avancé par ce professionnel, pas une moyenne sectorielle établie.
Une réunion et une aide limitée aux achats passés
Catherine Chabaud, ministre déléguée chargée de la Mer et de la Pêche, reçoit les représentants de la filière méditerranéenne le 17 septembre à 11 heures. Le ministère doit évoquer les solutions possibles et le soutien du gouvernement face à la hausse des coûts du carburant.
Un précédent dispositif a bien été autorisé, mais il ne couvre pas directement la facture actuelle. La Commission européenne a autorisé un régime français de 13 millions d'euros couvrant les achats de carburant d'avril et de mai 2026. Il prévoit 0,20 euro par litre en avril et 0,35 euro en mai.
La Commission avait relevé une hausse de plus de 75 % des prix des combustibles marins entre fin février et avril. Ces montants ne constituent donc pas une remise automatique pour les achats de septembre. Cette réunion intervient avant toute annonce publiée de nouvelle mesure pour ces achats.
L'écart de prix avec le SP95-E10 relance l'intérêt pour l'E85. L'économie se mesure toutefois au kilomètre, car ce carburant augmente la consommation. Il suppose aussi un véhicule flex-fuel ou un boîtier de conversion adapté et posé dans le cadre réglementaire.
Le gouvernement a annoncé le 16 septembre vouloir prolonger jusqu'au 31 décembre 2026 plusieurs aides face à la hausse des carburants. Elles concernent les pêcheurs, des entreprises du BTP et les agriculteurs, pas tous les automobilistes.
L’inflation française a atteint 2,4 % sur un an en août, après 2,1 % en juillet. Le mouvement vient surtout de l’énergie et des carburants, tandis que la tendance de fond des prix a ralenti.
Le groupe socialiste propose de réduire la CSG des salariés jusqu’à 2 700 € nets mensuels et de financer la mesure par une contribution sur les gros héritages. Cette proposition n’a aucun effet immédiat : le projet de loi de finances du gouvernement est attendu au plus tard le 6 octobre.
Les députés socialistes présentent un contre-budget pour 2027. Ils visent un Smic à 1 700 euros net et de nouveaux prélèvements sur les patrimoines les plus élevés. Ces mesures ne modifient pas les fiches de paie ni les impôts : le gouvernement doit encore déposer son propre projet de loi de finances.
La collectivité de Martinique doit 977 millions d’euros fin 2024, selon les chiffres attribués à la Chambre régionale des comptes. La projection d’un milliard en 2026 reste une prévision. L’enjeu le plus concret est le délai de règlement des fournisseurs, monté à 131 jours en 2025.