Énergie : l'Europe s'attend à des prix très élevés cet hiver
L'Union européenne aborde l'hiver avec des réserves de gaz en retard et des cours mondiaux sous tension. Les Vingt-Sept ont déjà déboursé 100 milliards d'euros de surcoût d'importation en 2026. Si Bruxelles écarte la rupture d'approvisionnement, la facture pèsera lourd sur le budget des ménages.
Réunis à Dublin le 29 septembre 2026, les ministres de l'Énergie de l'Union européenne ont mesuré l'ampleur du choc financier à venir. « Nous avons payé cette année plus de 100 milliards d'euros supplémentaires pour notre énergie (Ensemble des ressources comme l'électricité, le gaz et les carburants utilisées pour le chauffage et les transports.) sans recevoir une seule molécule en plus », a alerté le commissaire européen Dan Jørgensen. L'exécutif communautaire écarte tout risque de pénurie physique, mais redoute un renchérissement mondial durable qui fragilise directement le continent.
Des réserves de gaz en net retard sur les objectifs
Le niveau des réservoirs souterrains de gaz naturel illustre cette tension. Fin septembre 2026, le taux de remplissage dans l'Union européenne s'établit à 70,9 %. Ce niveau accuse un retard de 11,5 points de pourcentage par rapport à fin septembre 2025, où il atteignait 82,4 %. Il reste surtout très éloigné de l'objectif légal de 90 % fixé au 1er novembre par la réglementation européenne.
Niveau de remplissage des capacités de stockage souterrain de gaz naturel dans l'Union européenne à la fin du mois de septembre, avant le début de la saison de chauffe hivernale.LaBanque.org — données : Gas Infrastructure Europe (AGSI+)Source
Sur les marchés de gros, le mégawattheure de gaz de référence, le Dutch TTF (Bourse de référence basée aux Pays-Bas qui fixe le prix de gros du gaz naturel en Europe.), oscille désormais autour de 70 euros. Dans le même temps, le baril de pétrole (Matière première énergétique dont le prix mondial influence les carburants et les résultats des groupes producteurs.) Brent dépasse les 102 dollars, sous l'effet des perturbations dans le détroit d'Ormuz. Acheter en urgence pour respecter le seuil des 90 % obligerait les importateurs à payer le prix fort, amplifiant la hausse des cours.
Une facture alourdie pour les ménages européens
Cette envolée pèse directement sur le pouvoir d'achat (Quantité de biens et de services qu'un ménage peut acquérir avec l'ensemble de ses revenus disponibles.) des ménages et alimente l'inflation (Hausse généralisée et durable du niveau des prix des biens et des services dans une économie.). Selon la Commission européenne, environ 50 millions de personnes se trouvent déjà en situation de précarité énergétique sur le continent. Face à cette crise de coût, Bruxelles privilégie la souplesse afin de ne pas freiner les importations de gaz naturel liquéfié (Gaz naturel refroidi à l'état liquide afin d'être transporté par navire méthanier.).
L'exécutif européen propose de reporter d'un an, à début 2028, certaines contraintes du règlement sur le méthane (Norme européenne imposant de limiter strictement les fuites de méthane sur la chaîne de production des hydrocarbures.) pour les importations. Dan Jørgensen a également écarté l'instauration d'une taxe européenne sur les superprofits pétroliers. Pour traverser l'hiver, Bruxelles mise sur des efforts volontaires de sobriété plutôt que sur de nouvelles aides directes.
Pour aller plus loin
Inflation — comprendre les règles et les démarches
Le président de la Réserve fédérale de New York, John Williams, juge qu'il n'existe aucune urgence à relever les taux directeurs américains en octobre. La banque centrale souhaite évaluer les effets de sa hausse de septembre avant d'envisager un nouveau tour de vis en fin d'année.
Au deuxième trimestre 2026, le salaire mensuel de base dans le secteur privé a progressé de 2,0 % sur un an. Cette évolution dépasse la hausse des prix fixée à 1,7 %. Selon la Dares, ce regain procure un gain net de pouvoir d'achat de 0,2 % en euros constants.
Wall Street a ouvert dans le rouge ce jeudi 24 septembre 2026, freinée par la remontée du pétrole au-dessus de 104 dollars et la tension des rendements obligataires. Les marchés craignent un regain d'inflation et surveillent le sommet entre Donald Trump et Xi Jinping.
Depuis fin février 2026, les taxes sur le gazole ont augmenté de 12,2 centimes par litre en France, atteignant 1,005 euro. Cette hausse ne provient pas d'un nouvel impôt, mais de la TVA mécanique sur un carburant plus cher.
Invité aux journaux télévisés le 24 septembre 2026, Emmanuel Macron a écarté toute baisse immédiate des taxes sur les carburants. Le chef de l'État privilégie la sécurisation des approvisionnements, tout en renvoyant vers les aides ciblées pour les automobilistes qui travaillent.
TotalEnergies va consacrer 2,5 milliards de dollars au rachat de ses propres actions au quatrième trimestre 2026, contre 1,5 milliard au trimestre précédent. Le groupe pétrolier s'appuie sur un endettement en net recul et annonce également une progression de son dividende de plus de 5 % par an jusqu'en 2030.