Retraites : le forfait de 125 € reste une simple piste
Une mission IGF-Igas propose de remplacer la majoration de 10 % des pensions pour trois enfants par 125 € par mois. Ce n'est ni un projet de loi ni une règle en vigueur. L'effet dépendrait de la pension de base.
Un rapport des inspections générales des finances (IGF) et des affaires sociales (Igas) avance un forfait de 125 € par mois. Daté de juin, il a été consulté par l'Agence France-Presse (AFP). Au 21 août 2026, il s'agit d'une recommandation. Aucune décision gouvernementale n'est établie.
Dans le régime général, la pension de retraite de l'Assurance retraite est majorée de 10 % lorsqu'une personne a eu au moins trois enfants. Le père comme la mère peuvent en bénéficier. Pour un enfant sans lien de filiation, il faut notamment l'avoir élevé pendant au moins neuf ans avant ses 16 ans.
Cette majoration est calculée sur la pension de l'Assurance retraite. Si le retraité bénéficie d'une surcote, elle inclut aussi cette surcote. Les modalités de la recommandation, les personnes concernées et le sort des droits déjà ouverts ne sont pas connus.
Le seuil théorique est de 1 250 €
La comparaison porte sur la pension de base (Part de retraite versée par le régime de base, distincte de la retraite complémentaire.), c'est-à-dire la part versée par le régime de retraite de base. Elle ne doit pas être faite avec le total reçu chaque mois, qui inclut souvent une retraite complémentaire.
Un forfait verse le même supplément à chaque bénéficiaire couvert. Une majoration en pourcentage augmente, elle, avec le montant de la pension. C'est cette différence qui crée le seuil.
Le point d'équilibre théorique est de 1 250 € par mois : 10 % de cette pension correspondent à 125 €. Sous ce seuil, le forfait serait plus élevé ; au-dessus, il serait moins favorable. Un forfait de 125 € par mois représente 1 500 € par an. Ce calcul suppose une application sans transition et limitée à la pension de base, deux règles qui restent inconnues.
Exemple
Avec une pension de base de 1 000 € par mois, la majoration actuelle de 10 % représente 100 €. Un forfait de 125 € ajouterait 25 € par mois. Avec 2 000 € de pension de base, la majoration actuelle atteint 200 € : le forfait serait inférieur de 75 € par mois.
Les complémentaires empêchent un calcul global
Le seuil de 1 250 € ne dit rien, à lui seul, du montant total de la retraite. L'Agirc-Arrco applique ses propres règles : les droits acquis depuis 2019 ouvrent droit à une majoration de 10 % à partir de trois enfants. Elle est plafonnée à 2 367,48 € par an depuis le 1er novembre 2025.
Les droits acquis avant 2019 répondent à d'autres règles. Une carrière dans plusieurs caisses peut aussi changer le régime qui prend les enfants en compte. Faute de périmètre public pour la recommandation, il serait trompeur d'en déduire un effet sur l'ensemble des pensions.
L'enjeu concerne néanmoins de nombreux retraités. Fin 2023, 5,6 millions d'anciens salariés ou indépendants, soit 37 % des retraités du régime général, bénéficiaient de la majoration pour enfants. Parmi eux, 57 % étaient des femmes.
L'économie évoquée n'est pas encore une réforme
Les majorations de pension pour enfants représentaient 8,1 milliards d'euros en 2020 pour les droits directs de l'ensemble des régimes obligatoires. Ce montant ne mesure pas les 1,1 milliard d'euros d'économies à dix ans évoqués pour la recommandation. Le champ et la période ne sont pas les mêmes.
Familles de France s'inquiète de cette orientation et rappelle que « les droits familiaux à la retraite ne sont pas de simples dépenses sociales ». Le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027 devra être déposé au plus tard le 15 octobre 2026. Aucune inscription de cette mesure dans ce texte n'est établie.
Les notaires proposent de réduire de moitié certains droits de donation. La mesure n'est pas en vigueur et devrait passer par la loi. Elle viserait des transmissions précises, sous conditions d'âge, de forme et de montant.
La taxe sur les transactions financières est bien en vigueur à 0,4 % sur certains achats d’actions françaises. La Cour des comptes constate qu’elle rapporte 2,5 milliards d’euros en 2025, mais régule peu les marchés. Pour un particulier, elle s’ajoute aux frais du courtier lors d’un achat taxable.
Les notaires proposent de diviser par deux les droits de donation sur les transmissions familiales. Cette proposition ne modifie pas les règles fiscales actuelles et n’a pas de date d’application.