Revalorisation anticipée du Smic : l'exécutif temporise
Les 2,1 millions de salariés payés au salaire minimum de croissance (Smic) ne verront pas leur fiche de paie évoluer dans l'immédiat. Ce 29 octobre 2026, le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou a écarté toute décision rapide avant l'échéance légale du 1er janvier 2027.
Jusqu'à 250 000 emplois menacés selon le ministère
« Une hausse du Smic avant le 1er janvier est loin d'être décidée », a prévenu Jean-Pierre Farandou lors de ses interventions matinales. Si le sujet « n'est pas un tabou », aucun décret ne viendra modifier les salaires (Rémunérations versées par un employeur à ses salariés en contrepartie du travail fourni, selon un contrat ou un barème.) à court terme. Le montant légal reste donc fixé à 12,31 € brut de l'heure, son niveau en vigueur depuis le 1er juin 2026.
Le ministère du Travail répond ainsi aux demandes syndicales d'une augmentation mensuelle de 150 € pour soutenir le pouvoir d'achat (Quantité de biens et de services qu'un revenu permet d'acheter, compte tenu de l'évolution des prix.). Selon ses estimations, un tel relèvement « pourrait faire disparaître jusqu'à 250 000 emplois » en alourdissant les coûts des entreprises. L'exécutif dit chercher un compromis entre la progression des salaires et l'équilibre financier des employeurs.
La Direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares) recensait 2,1 millions de bénéficiaires début 2026. Cette population représente 11,8 % des effectifs du secteur privé non agricole, contre 17,3 % en janvier 2023. Les femmes constituent 59,6 % de ces salariés. Dans les entreprises de un à neuf salariés, le salaire minimum concerne 21,9 % des effectifs.
Porté par l'indexation légale sur l'inflation, le Smic mensuel brut pour 35 heures est passé de 1 554,58 € en janvier 2021 à 1 867,02 € en juin 2026.LaBanque.org — données : InseeSource
Ce qu'une hausse anticipée change sur la paie
Sur une base de 35 heures hebdomadaires, la rémunération minimale atteint 1 867,02 € brut par mois depuis juin 2026. Ce montant résulte d'une hausse de 2,41 % déclenchée par l'inflation (Hausse générale et durable des prix à la consommation, qui réduit la valeur réelle de la monnaie.) au printemps dernier. Depuis janvier 2021, le salaire mensuel brut a connu six hausses successives, passant de 1 554,58 € à 1 867,02 €.
Pour un salarié, une revalorisation anticipée en fin d'année ne produit pas le même effet qu'un coup de pouce (Augmentation du salaire minimum décidée par le gouvernement au-delà de la formule légale d'indexation sur l'inflation.) durable. Au 1er novembre 2024, un décret avait avancé de deux mois une hausse de 2 %, portant l'heure de 11,65 € à 11,88 €. Cette avance sur l'échéance annuelle avait ensuite remplacé la revalorisation automatique du 1er janvier 2025, sans gain supplémentaire sur l'année suivante.
Pour aller plus loin
Inflation — comprendre les règles et les démarches
La hausse des prix à la consommation atteint 3,4 % sur un an en France en octobre 2026, au plus haut depuis début 2024. La flambée de l'énergie et la tenue des services effacent l'accalmie observée sur l'alimentation et les biens industriels.
TotalEnergies abaisse le prix du diesel à 2,15 € le litre dès ce samedi 31 octobre 2026 dans ses 705 stations Access. Cette baisse découle de la libération par l'État de 10 millions de barils issus des réserves nationales. Les autres stations du groupe et le fioul domestique suivront le 2 novembre.
L'inflation en France grimpe à 3,4 % sur un an en octobre 2026, contre 3,1 % en septembre, selon l'estimation provisoire de l'Insee. Tirée par la flambée de l'énergie, cette hausse dépasse les attentes des marchés et creuse la perte de rendement réel du Livret A.
Le gouvernement et l'Élysée écartent toute revalorisation discrétionnaire du Smic au-delà de la formule légale. Si une hausse anticipée au 1er décembre 2026 reste à l'étude, l'exécutif renvoie les hausses durables aux 122 branches professionnelles dont les grilles débutent sous le minimum légal.
Le prix du gazole recule de 12 à 18 centimes par litre dès le dimanche 1er novembre 2026 grâce au déblocage des réserves stratégiques. Toutes les stations-service françaises doivent répercuter cette baisse et l'afficher clairement. Les moteurs à essence restent exclus de la mesure.
Dès le 1er novembre 2026, les stations-service devront afficher au dixième de centime la baisse du gazole issue des réserves stratégiques. Attendue entre 12 et 18 centimes par litre pendant trois mois, cette remise concerne le diesel et le fioul, mais exclut l'essence.