SpaceX fait chuter les opérateurs télécoms en Bourse
SpaceX a conclu le rachat des fréquences mobiles de Grain Management pour environ 8 milliards de dollars. Cette offensive dans le cellulaire a immédiatement fait reculer les cours d'AT&T, Verizon et T-Mobile US à New York. En Europe, l'action Deutsche Telekom a dévissé de plus de 7 % le 9 octobre.
Le décrochage a débuté à New York dès l'annonce de l'accord conclu par SpaceX le 8 octobre 2026. Dans les échanges électroniques postérieurs à la clôture, les actions d'AT&T ont cédé 6,47 %. Le titre Verizon Communications a reculé de 5,46 %, tandis que T-Mobile US abandonnait 5,99 %.
Le mouvement de vente s'est propagé aux places européennes le lendemain matin. À la Bourse de Francfort, l'action Deutsche Telekom a plongé de 7 % à 8 % le 9 octobre. L'opérateur allemand subit son exposition directe au marché américain, où il détient une participation de 54 % dans T-Mobile US.
À Paris, l'action Orange SA a perdu entre 2,4 % et 3,4 % par simple contagion sectorielle. Le groupe français ne possède pourtant aucune activité sur le marché mobile américain. Cette réaction illustre l'inquiétude globale des investisseurs pour les marges des opérateurs de télécommunications.
Pourquoi ces fréquences inquiètent le secteur
Cette fébrilité boursière découle de la nature stratégique des actifs rachetés à la société d'investissement Grain Management. SpaceX s'empare de 100 % de son portefeuille national de licences 800 MHz. Selon les informations du Wall Street Journal, le montant de la transaction atteint environ 8 milliards de dollars.
Jusqu'ici, le service Starlink Mobile utilisait des fréquences moyennes à 2 GHz. Ces ondes ne traversent pas efficacement les murs des habitations. À l'inverse, le spectre en bande basse (Fréquences radio inférieures à 1 GHz capables de couvrir de longues distances et de traverser les murs des bâtiments.) franchit les obstacles physiques et capte à l'intérieur des pièces sur des téléphones standards. Gwynne Shotwell, présidente de SpaceX, vise un lancement commercial fin 2027.
Les opérateurs historiques jugent néanmoins le projet démesuré. Le transfert des fréquences doit encore recevoir l'approbation formelle de la Federal Communications Commission (FCC (Régulateur américain des télécommunications, chargé d'autoriser les réseaux hertziens et les constellations de satellites.)). John Stankey, directeur général d'AT&T, a qualifié cette orientation de « stratégie non viable ». Dan Schulman, patron de Verizon, rappelle quant à lui que les réseaux terrestres restent cent à mille fois plus efficaces en ville.
Sans antennes terrestres complémentaires, la couverture satellitaire risque en effet de saturer dans les zones denses. L'analyste Anshel Sag estime que construire une telle infrastructure au sol exigerait des dizaines de milliards de dollars. SpaceX dispose désormais des fréquences nécessaires, mais le déploiement opérationnel s'annonce long et coûteux.
Le cours du pétrole a bondi jeudi 8 octobre, portant le baril de Brent à 104,28 dollars en clôture. Cette hausse combine des craintes d'escalade en Iran et l'arrêt préventif de plateformes américaines. Les prix ont ensuite marqué le pas vendredi après des déclarations de Donald Trump, tandis que les marchés d'actions restaient sous tension.
Après deux séances consécutives de baisse, l'indice CAC 40 progresse de 0,92 % ce vendredi 9 octobre en matinée. La Bourse de Paris profite du repli des cours du pétrole et d'une détente sur les taux d'intérêt. Ce répit intervient après les annonces américaines écartant toute frappe militaire immédiate contre l'Iran.
Le groupe bancaire français BPCE a acquis environ 7 % de Banco Sabadell. Cette participation a une valeur de marché estimée à environ 1,2 milliard d’euros, sur la base du cours de clôture de la veille. BPCE vise un siège au conseil et explore quatre domaines de coopération, sans annoncer de prise de contrôle.
Le taux d'emprunt de la France à dix ans atteint 4,85 % début octobre 2026, sous la pression des investisseurs. Cette hausse alourdit la charge de la dette et contraint les finances publiques sans provoquer de crise immédiate.
La banque centrale indienne relève son taux directeur de 0,25 point, à 5,50 %, pour répondre au retour de l’inflation. Celle-ci a atteint 4,82 % en août, mais reste sous le plafond de 6 %. Une pause reste possible lors de la prochaine décision.
Dans un échantillon de 62 pays, le taux d’extrême pauvreté en 2024 est supérieur de 0,8 point avec les paniers de dépenses du FMI. Le calcul fondé sur l’inflation agrégée donne un résultat inférieur. L’écart représente près de 23 millions de personnes sous le seuil, sans constituer un recensement mondial de nouveaux pauvres.