Le Sénat veut stabiliser les impôts des entreprises sur cinq ans
Le Sénat avance une programmation sur cinq ans des impôts et cotisations des entreprises. Le rapport ne change aucune règle aujourd'hui. Il veut surtout éviter de nouveaux revirements de calendrier, comme pour la CVAE.
Une programmation, pas une baisse d'impôts immédiate
La mission d'information du Sénat sur les prélèvements obligatoires des entreprises a présenté son rapport le 3 septembre. Sa recommandation centrale : inscrire, au début de chaque législature, les évolutions prévues pour les cinq années suivantes dans une loi de programmation des finances publiques.
Cette loi donnerait un cap sur les impôts et les cotisations sociales, mais elle ne modifierait pas les règles elle-même. Toute suppression ou baisse devrait encore être votée dans une loi de finances ou une loi de financement de la Sécurité sociale. Le rapport ne crée donc aucun droit nouveau pour les entreprises.
Parmi les pistes avancées, les sénateurs demandent de ne pas prolonger la contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises. En l'état du droit, cette surtaxe doit prendre fin le 31 décembre 2026. Ils suggèrent aussi de relever de 42 500 € à 100 000 € la part de bénéfice des petites et moyennes entreprises pouvant être taxée à 15 % au lieu du taux normal de 25 %, sous les conditions actuelles d'accès à ce régime.
La CVAE montre les changements que le rapport veut éviter
La cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE) est l'exemple retenu par la mission. Sa disparition a déjà connu plusieurs calendriers. Le taux maximal, descendu à 0,19 % en 2024, est remonté à 0,28 % en 2025. Il est fixé à 0,19 % en 2026, puis à 0,09 % en 2027, avant une extinction prévue à partir de 2028.
La trajectoire a connu une hausse temporaire en 2025 avant l'extinction programmée à partir de 2028.LaBanque.org — données : Mission d'information du Sénat, d'après le CGI et la loi de finances pour 2025Source
La mission recommande de ne plus déplacer cette trajectoire. Elle recommande aussi d'achever en 2028 la suppression de la contribution sociale de solidarité des sociétés (C3S), aujourd'hui due au taux de 0,16 % par les entreprises dont le chiffre d'affaires hors taxes dépasse 19 millions d'euros.
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