Villeroy de Galhau juge intenable l'abattement des retraités
L'abattement de 10 % sur les pensions reste en vigueur, plafonné à 4 439 €. François Villeroy de Galhau le juge intenable avec l'indexation intégrale des retraites. Le plafond à 3 000 €, supprimé par les députés, revient dans le texte transmis au Sénat.
François Villeroy de Galhau préside la Fondation Apprentis d'Auteuil. Il a dirigé la Banque de France de novembre 2015 à juin 2026. Dans un entretien au Monde, publié les 7 et 8 novembre 2026, il juge impossible de cumuler quatre avantages.
François Villeroy de Galhau, président de la Fondation Apprentis d'Auteuil et ancien gouverneur de la Banque de France.Jérémy Barande / École polytechnique / CC BY-SA 2.0, via Wikimedia CommonsLicenceSource
« Nous ne pouvons pas garder en France à la fois l'âge de départ effectif le plus bas d'Europe, le taux de remplacement (Part du dernier salaire que la pension de retraite représente au moment du départ.) le plus élevé, l'abattement fiscal de 10 % et l'indexation totale des pensions sur l'inflation, y compris pour les retraités les plus favorisés. »
Ce taux mesure la pension rapportée au dernier salaire. Il rappelle aussi que les dépenses publiques françaises dépassent de 9 points de produit intérieur brut la moyenne de la zone euro. Laisser filer la dette, ajoute-t-il, c'est « faire des choix contre la jeunesse, des choix gérontocratiques ».
Le plafond à 3 000 € repart au Sénat
Aujourd'hui, l'abattement de 10 % sur les pensions de retraite (Pension versée après la cessation d'activité, financée en France surtout par les cotisations des actifs.) reste plafonné à 4 439 € par foyer fiscal, pour les revenus de 2025. Sauf nouvel abaissement, l'indexation de 2,1 % du barème le porterait à 4 532 € sur les pensions de 2026.
Un salarié déduit 10 % pour frais professionnels, jusqu'à 14 555 € par personne. Le plafond des retraités vaut, lui, pour tout le foyer.
L'article 3 du projet de loi de finances pour 2027, déposé le 1er octobre 2026, abaissait ce plafond à 3 000 €. Avec ce plafond, l'impôt n'augmenterait qu'au-delà de 30 000 € de pensions par an pour le foyer, soit 2 500 € par mois.
Le rendement attendu va de 1,2 à 1,4 milliard d'euros pour les finances publiques (Recettes et dépenses de l'État, de la Sécurité sociale et des collectivités locales.). La mesure concernerait 4,6 millions de foyers, sur 13,4 millions qui comptent au moins un retraité.
Le 7 octobre 2026, la commission des finances a supprimé cet article. Sept amendements identiques de La France insoumise, du Rassemblement national, de la Droite républicaine et de la Gauche démocrate et républicaine l'ont emporté. Le 15 octobre, les députés ont confirmé la suppression en séance, par 116 voix contre 30. Seuls les députés macronistes ont voté contre.
Le 4 novembre 2026, l'Assemblée a rejeté à l'unanimité la partie recettes, par 458 voix contre et aucune pour. Le Sénat reçoit le projet initial du gouvernement, sans ces amendements. Le plafond à 3 000 € y figure donc de nouveau. Les sénateurs examinent ce texte du 20 novembre au 9 décembre.
S'il était gardé, il viserait les pensions perçues en 2026. Le prélèvement à la source de 2026 est calculé avec le plafond actuel. Le supplément d'impôt serait réclamé avec le solde, en septembre 2027. Dans la tranche marginale à 30 %, il atteindrait au plus 460 € à partir de 45 320 € de pensions déclarées.
Exemple
Si le plafond de 3 000 € est retenu, un couple marié sans autre revenu touche 2 000 € de pension par mois chacun. Le foyer déclare 48 000 €. Au barème proposé pour 2027, son impôt sur le revenu (Impôt annuel dû sur l'ensemble des revenus du foyer, calculé après abattements selon un barème progressif.) passerait de 1 647 € à 1 892 €, soit 245 € de plus. Jusqu'à 30 000 € de pensions pour le foyer, la facture ne bougerait pas.
Le 6 novembre 2026, seuls Pablo Hernández de Cos et Klaas Knot ont été proposés pour succéder à Christine Lagarde à la BCE. L'Eurogroupe fera le point le 9 novembre, sans les départager. Le taux de dépôt reste à 2,50 % : le président ne le fixe pas seul.
Dans son avis rendu public le 4 novembre 2026, le Haut Conseil des finances publiques juge que 0,5 % de croissance n'est plus une prévision centrale. Une prévision de 0,3 % lui paraît plus vraisemblable. Le déficit public glisserait de 5,4 % à 5,5 % du PIB sous le seul effet des intérêts indexés.
Dans Gouverner, paru ce 4 novembre, Jordan Bardella veut relever le revenu qui valide un trimestre de retraite. En 2026, 1 803 € bruts suffisent au régime général. Le futur seuil n'est pas chiffré, et les années très partielles seraient les premières exposées.