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Revalorisation du Smic et pouvoir d'achat des salariés — caisse de supermarché de quartier en fin de journée avec tapis roulant, terminal bancaire éteint et caissière en tablier.
Consommation

Farandou vise 1 500 euros nets, si l'emploi tient

Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, dit qu'une hausse du Smic peut prendre effet le 1er décembre 2026 si un accord se fait vite. Il écarte un Smic net de 1 700 euros. Aucun décret n'est paru : syndicats et patronat sont convoqués lundi à Matignon.

Par Éloïse Lefort5 min de lecture
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Vingt-deux euros sur la fiche de paie

Sur un temps plein, le net usuel cité pour le Smic (Salaire minimum légal en France. L'employeur ne peut pas payer moins que le taux horaire brut fixé par l'État.) est de 1 477,93 euros. Le 6 novembre, sur TF1, le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, pose une autre barre : « L'idée est la barre des 1 500 euros nets. On n'y est pas encore, on est à 1 477. » L'écart est de 22,07 euros par mois, l'équivalent de 1,49 %.

Jean-Pierre Farandou s'exprimant sur la hausse du Smic — portrait officiel en costume sombre et lunettes rondes sur fond clair uni.
Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail et des Solidarités.Matthieu Raffard / Gouvernement français / Licence Ouverte 2.0, via Wikimedia CommonsLicenceSource

Ce montant ne figure pas dans le décret, qui fixe le brut. Il correspond à un non-cadre à 35 heures, hors mutuelle, prévoyance et prélèvement à la source. D'une entreprise à l'autre, le net peut changer.

« Je ne proposerai pas de mesure qui nuirait à l'emploi », déclare-t-il le 8 novembre à La Tribune Dimanche. Un Smic à 1 700 euros nets détruirait, affirme-t-il, plus de 230 000 emplois. C'est le niveau que défend Jean-Luc Mélenchon, candidat de La France insoumise. Ce chiffre est celui du ministre : aucune étude publique ne l'établit.

Lundi 9 novembre, le Premier ministre Sébastien Lecornu réunit syndicats et patronat à Matignon, sur les salaires et le pouvoir d'achat.

Qui paierait ces euros en plus ?

Les employeurs ont déjà payé la hausse de juin : l'État a refusé de nouvelles exonérations. Le décret du 12 juin 2026 fige, pour toute l'année, le Smic qui sert à calculer la réduction générale de cotisations (Baisse de cotisations patronales sur les salaires jusqu'à 3 Smic. Si le calcul reste calé sur l'ancien taux, la hausse coûte plus à l'employeur.). La référence est celle du 1er janvier : 12,02 euros de l'heure, ou 1 823,03 euros brut par mois.

Le taux versé aux salariés est passé à 12,31 euros le 1er juin. L'exonération est restée calée sur le taux de janvier. Depuis janvier 2026, elle peut couvrir les salaires jusqu'à trois Smic.

En mai, David Amiel, ministre de l'Action et des Comptes publics, a refusé la rallonge. Sur TF1, il déclarait : « Au 1er juin prochain, le gouvernement a décidé que l'enveloppe budgétaire dédiée aux allègements généraux n'augmentera pas. » Il chiffrait à environ 2 milliards d'euros le coût d'un alignement sur la hausse de juin, une dépense ni ciblée ni financée selon lui.

Les organisations patronales ont dénoncé une « double peine » : le salaire monte, les exonérations ne suivent pas. Une hausse au 1er décembre ne modifierait ce gel qu'avec un nouveau texte.

Le salaire ne fait pas le revenu du mois

Farandou affirme qu'une hausse n'annule pas le montant de la prime d'activité (Complément versé par la CAF ou la MSA aux travailleurs modestes. Il s'ajoute au salaire et dépend de la situation du foyer.) touchée. Pour un célibataire, il retient 1 477 euros versés par l'employeur et 230 euros de prime. Il en fait un revenu disponible de 1 700 euros. L'employeur, lui, reste à 1 477 euros.

La prime change avec les autres revenus, la composition du ménage et l'aide au logement. Les 230 euros valent pour le célibataire de son exemple.

La CFDT demande 100 euros de plus, la CGT 10 %. Les 1 700 euros de Jean-Luc Mélenchon désignent un salaire net. Dans l'exemple du ministre, le même ordre de grandeur additionne le salaire et la prime.

PropositionNet mensuel viséDe plus par mois
Barre citée par Farandou1 500 €22,07 €
Demande de la CFDT1 577,93 €100 €
Demande de la CGT (10 %)1 625,72 €147,79 €
Smic net voulu par Mélenchon1 700 €222,07 €

Deux hausses dictées par les prix

Depuis le 1er juin 2026, le mois brut est de 1 867,02 euros pour 35 heures, hors Mayotte. En juin, le taux horaire est passé de 12,02 à 12,31 euros, une hausse de 2,41 %. Au 1er janvier, il était passé de 11,88 à 12,02 euros, une hausse de 1,18 %.

Chaque 1er janvier, la formule retient l'inflation hors tabac des 20 % de ménages les plus modestes. Elle ajoute la moitié du gain de pouvoir d'achat du salaire horaire des ouvriers et des employés. En cours d'année, le taux monte si les prix ont gagné au moins 2 % depuis le dernier relèvement. Cette règle a déclenché la hausse de juin.

Le 8 novembre, la discussion porte sur un coup de pouce, une hausse choisie en plus de la formule.

Smic horaire brut de janvier 2022 à juin 2026 : huit hausses successives, de 10,57 euros à 12,31 euros de l'heure.
Taux horaire brut du Smic à chaque date de relèvement, de janvier 2022 à juin 2026.LaBanque.org — données : Insee, d'après le ministère du TravailSource

De janvier 2022 à juin 2026, l'heure brute est passée de 10,57 euros à 12,31 euros. La série compte huit hausses et aucune baisse. En 2025, aucun nouveau taux n'est paru : les 11,88 euros de novembre 2024 ont couru jusqu'au 1er janvier 2026.

Moins de 12 % des salariés au plancher

La Dares, service statistique du ministère du Travail, suit les salariés du privé hors agriculture. Au 1er janvier 2026, 2,1 millions d'entre eux ont bénéficié de la revalorisation, ce qui représente 11,8 %. En janvier 2023, la part atteignait 17,3 %. Ces chiffres s'arrêtent avant la hausse de juin.

Le minimum concerne 25,6 % des temps partiels, contre 8,8 % des temps complets. Dans la restauration rapide, la part atteint 62,3 %.

Fin mai, le ministère du Travail suivait 179 branches. Il indiquait que 126 d'entre elles, environ 70 %, auraient un minimum conventionnel inférieur au Smic du 1er juin. Le salarié est tout de même payé au taux légal. Sans renégociation, son échelon se confond avec le minimum de branche, le plus bas salaire de sa convention.

Le gouvernement proposera aussi de favoriser les négociations annuelles obligatoires sur les salaires, dans les branches et les entreprises.

Pour aller plus loin

Sources

Dans le dossier « Prime d'activité »

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Nouveau calcul de la prime d'activité — hall d'accueil vitré d'une caisse d'allocations familiales avec comptoirs en bois clair, logo officiel de la Sécurité sociale en incrustation.

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