Le Smic à 1 500 € net se discute lundi, sans être acquis
Sébastien Lecornu réunit syndicats et patronat lundi 9 novembre à Matignon, sur les salaires et le pouvoir d'achat. Le Smic net indicatif est de 1 477,93 € depuis le 1er juin, pour un temps plein. La piste à 1 500 € représente environ 22 € de plus par mois, sans décision à la veille du rendez-vous.
La paie de novembre reste calée sur le barème du 1er juin. Sébastien Lecornu, Premier ministre, a lancé l'invitation le 5 novembre au soir, pendant la mobilisation interprofessionnelle. Elle ne tranchait aucun montant.
Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail et des Solidarités.Matthieu Raffard / info.gouv.fr / Licence Ouverte 2.0, via Wikimedia CommonsLicenceSource
Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail et des Solidarités, devait boucler ses concertations d'ici au dimanche 8 novembre. Le 6 novembre sur TF1, il a jugé important d'essayer de franchir 1 500 € net. « Le coup de pouce (Hausse du Smic décidée par le gouvernement, en plus de la revalorisation prévue quand les prix augmentent.) n'est pas acquis, rien n'est acquis et tout n'est pas tranché, on discute », a-t-il dit.
Il s'est dit favorable à avancer au 1er décembre la hausse prévue en janvier. « On discute d'une anticipation possible au 1er décembre et dans ce cas-là, il faut aller vite », a-t-il ajouté. Pour une application au 1er décembre, la décision devrait tomber dans la semaine du 9 novembre. Sans elle, la prochaine hausse légale reste celle du 1er janvier 2027.
Les demandes syndicales vont bien au-delà de ces 1 500 €.
Qui
Montant mis sur la table
Ministre du Travail
Piste à 1 500 € net, environ 22 € de plus par mois
CFDT
100 € net de plus par mois
CGT
10 % de plus, environ 150 € net
Force ouvrière
2 000 €, à 80 % du salaire médian
Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT, disait le 5 novembre sur BFMTV : « Il y a une forte attente sur un véritable geste significatif. » Force ouvrière ne dit pas si ses 2 000 € sont bruts ou nets. Le Medef a déclaré le 6 novembre ne pas avoir d'ouverture concrète sur les allègements de charges. Il les juge nécessaires pour financer des hausses de salaires (Rémunération versée par l'employeur pour un travail. Le brut est calculé avant les cotisations salariales, le net après.) à court terme.
Deux hausses automatiques ont déjà eu lieu
Au 1er juin 2026, le Smic (salaire minimum légal) est à 12,31 € brut de l'heure. À 35 heures par semaine, le mois brut atteint 1 867,02 €. Le net affiché par Service-Public.fr est de 1 477,93 € pour un temps plein, à titre indicatif. Il varie selon les cotisations dues.
Le 1er janvier 2026, le brut horaire était de 12,02 €, et le mois brut de 1 823,03 €. La hausse de juin atteint 2,41 %. Le net indicatif est passé d'environ 1 443 € à 1 477,93 €, un gain d'un peu moins de 35 €. Ce relèvement n'était pas un coup de pouce.
La revalorisation automatique (Hausse obligatoire du Smic chaque 1er janvier, et en cours d'année si les prix ont monté d'au moins 2 % depuis le dernier montant.) a lieu chaque 1er janvier. Elle suit l'inflation (Hausse générale et durable des prix, qui diminue ce qu'un revenu inchangé permet d'acheter.) des 20 % de ménages aux revenus les plus faibles. S'y ajoute la moitié du gain de pouvoir d'achat (Quantité de biens et de services qu'un revenu permet d'acheter, compte tenu du niveau des prix.) du salaire horaire de base des ouvriers et des employés.
La même règle joue en cours d'année, dès que les prix à la consommation ont augmenté d'au moins 2 % depuis le dernier montant. Le gouvernement peut en plus décider un coup de pouce. Le dernier date de juillet 2012, pour 0,6 %.
Depuis janvier 2022, le Smic mensuel brut est passé de 1 603,12 € à 1 867,02 €. La série compte huit hausses et aucune baisse.
Montant mensuel brut du Smic à chaque relèvement, de janvier 2022 à juin 2026.LaBanque.org — données : InseeSource
Le montant de novembre 2024, 1 801,80 €, est resté en vigueur jusqu'au 1er janvier 2026. Entre 2024 et 2025, l'Insee mesure une hausse de 0,7 % du pouvoir d'achat du Smic horaire net.
Le minimum ne fait pas monter les autres salaires
Selon la Dares (ministère du Travail), 2,1 millions de salariés du privé non agricole ont été concernés au 1er janvier 2026. C'est 11,8 % des effectifs. Cette part atteignait 17,3 % au 1er janvier 2023.
Elle a reculé avec le ralentissement de l'inflation et les négociations de branche. Le décompte s'arrête avant la hausse de juin.
Seuls les salariés payés au minimum sont augmentés par ce barème. En janvier 2026, ils représentaient 21,9 % des effectifs dans les entreprises de moins de 10 salariés. Parmi les salariés à temps partiel, 25,6 % étaient concernés, contre 8,8 % à temps complet. Un salaire juste au-dessus du Smic ne suit pas le relèvement.
Avant le 1er juin 2026, 70 % des branches suivies, 126 sur 179, avaient un minimum de branche (Plus bas salaire prévu pour un métier par sa convention collective. Sous le Smic, l'employeur doit compléter jusqu'au minimum légal.) sous le Smic. L'employeur verse alors un complément jusqu'au minimum légal. Les premiers échelons ne progressent plus. L'ancienneté et la qualification ne se lisent plus sur la grille.
Ces branches devaient négocier dans les 45 jours. Le décompte date de fin mai 2026, et des accords ont pu être signés depuis.
Roland Lescure, ministre de l'Économie, disait le 4 novembre que le montant et la date étaient sur la table. « Mais ça ne suffit pas », ajoutait-il. Les entreprises qui le peuvent doivent aussi augmenter les salaires dans leurs discussions annuelles.
Le public est traité à part
Le traitement des agents publics ne suit pas le Smic. Il part du point d'indice (Valeur de base qui sert à calculer le traitement des agents publics. Gelée, elle empêche ce traitement de suivre les prix.). Selon Force ouvrière, ce point est bloqué pour la quatrième année consécutive et concerne 5,8 millions d'agents.
David Amiel, ministre de l'Action et des Comptes publics, mène les échanges avec les représentants des agents. Ce canal reste distinct des concertations de Jean-Pierre Farandou sur le privé.
Les huit organisations syndicales trancheront la suite de la mobilisation après la conférence. Elles ont indiqué, le 5 novembre : « La seule chose qui arrêtera la mobilisation c'est la réponse aux revendications portées depuis plusieurs semaines par les salariés, les fonctionnaires, les jeunes et les retraités. »
Pour aller plus loin
Inflation — comprendre les règles et les démarches
Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, dit qu'une hausse du Smic peut prendre effet le 1er décembre 2026 si un accord se fait vite. Il écarte un Smic net de 1 700 euros. Aucun décret n'est paru : syndicats et patronat sont convoqués lundi à Matignon.
Le 7 novembre 2026, Bernard Fontana, PDG d'EDF, a dit sur France Inter que les tarifs d'électricité des particuliers « sont et seront stables jusqu'au 1er février au moins ». Il vise le tarif réglementé et ajoute « jusqu'à la fin de l'hiver ». Ce n'est pas une décision : le gouvernement tranchera le 1er février 2027.
Le 7 novembre 2026, Bernard Fontana a promis des prix stables pour la quasi-totalité des offres d'EDF aux particuliers, jusqu'au 1er février au moins. Il ajoute qu'il pourrait aller jusqu'à la fin de l'hiver. Aucun arrêté n'est signé : la hausse du 1er août reste sur la facture.
Le 6 novembre 2026, seuls Pablo Hernández de Cos et Klaas Knot ont été proposés pour succéder à Christine Lagarde à la BCE. L'Eurogroupe fera le point le 9 novembre, sans les départager. Le taux de dépôt reste à 2,50 % : le président ne le fixe pas seul.
À fin septembre 2026, selon la Dares, le salaire de base des salariés du privé perd 1,1 % de pouvoir d'achat sur un an. Le montant versé a pourtant encore augmenté. Les prix, surtout ceux de l'énergie, ont progressé plus vite.
Le 6 novembre 2026, sur TF1, Jean-Pierre Farandou a jugé « important » d'essayer de porter le Smic mensuel au-dessus de 1 500 euros net. Ce minimum est de 1 477,93 euros net depuis le 1er juin. Aucune hausse n'est décidée : la fiche de paie ne bouge qu'avec un texte.