Farandou veut tenter un Smic net au-dessus de 1 500 euros
Le 6 novembre 2026, sur TF1, Jean-Pierre Farandou a jugé « important » d'essayer de porter le Smic mensuel au-dessus de 1 500 euros net. Ce minimum est de 1 477,93 euros net depuis le 1er juin. Aucune hausse n'est décidée : la fiche de paie ne bouge qu'avec un texte.
Pour un temps plein, 1 500 euros net se situent 22,07 euros au-dessus du Smic (Salaire minimum légal en France, sur la base de 35 heures. Un salarié majeur ne peut pas être payé en dessous, hors cas particuliers.) actuel. L'écart représente 1,49 % de ce net, et 264,84 euros sur douze mois. À cotisations salariales inchangées, ce montant correspondrait à environ 1 895 euros brut par mois.
Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail, a pris la parole le 6 novembre sur TF1. « Le coup de pouce (Hausse du Smic décidée par le gouvernement en plus de la formule légale, distincte du relèvement lié aux prix.) n'est pas acquis, rien n'est acquis et tout n'est pas tranché, on discute. »
Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail.Matthieu Raffard / Licence Ouverte 2.0 (Etalab), via Wikimedia CommonsLicenceSource
Depuis le 1er juin 2026, le taux horaire brut est de 12,31 euros. Pour 35 heures, le mensuel brut atteint 1 867,02 euros. Le net indicatif (Smic après cotisations salariales, avant impôt sur le revenu. Ce n'est ni le brut du contrat ni le revenu disponible du foyer.) s'établit à 1 477,93 euros par mois, soit 9,74 euros de l'heure. Il est calculé après cotisations salariales, et avant impôt sur le revenu.
À Mayotte, le barème est à part : 9,56 euros brut de l'heure et 1 449,93 euros brut par mois. Le débat sur les 1 500 euros net ne porte pas sur ce montant.
À partir de quand ?
La fiche de paie reste inchangée tant qu'aucun texte n'est pris. Farandou se dit favorable à avancer au 1er décembre 2026 la hausse légale prévue le 1er janvier 2027. Il ajoute : « On discute d'une anticipation possible au 1er décembre et dans ce cas-là, il faut aller vite. »
Pour tenir le 1er décembre, la décision devrait tomber dans le courant de la semaine du 9 novembre. Les concertations avec les syndicats et le patronat vont jusqu'au dimanche 8 novembre. Le lundi 9 novembre, le Premier ministre Sébastien Lecornu les réunit à Matignon. L'objet annoncé : « apporter des réponses aux questions de pouvoir d'achat et de salaires ».
La hausse de juin était automatique
Le 1er juin 2026, la hausse était une revalorisation automatique (Hausse obligatoire du Smic : chaque 1er janvier selon une formule, et en cours d'année si les prix ont pris au moins 2 %.). Le taux horaire brut est passé de 12,02 euros, son niveau du 1er janvier 2026, à 12,31 euros, soit 2,41 %. Le mensuel brut est passé de 1 823,03 euros à 1 867,02 euros. Le patronat dit ne pas avoir encore absorbé ce relèvement.
Chaque 1er janvier, une formule légale relève le Smic. Elle suit l'inflation (Hausse générale des prix. Dans la formule de janvier du Smic, c'est celle des 20 % de ménages aux revenus les plus faibles.) des 20 % de ménages aux revenus les plus faibles. Elle retient aussi la moitié du gain de pouvoir d'achat du salaire horaire moyen des ouvriers et des employés.
En cours d'année, le Smic augmente dans la même proportion si les prix ont pris au moins 2 % depuis le dernier montant. Le gouvernement peut, à tout moment, décider un coup de pouce en plus de cette formule.
Montant brut pour 35 heures aux dates affichées. Janvier 2025 est au même niveau que novembre 2024.LaBanque.org — données : Insee, d'après le ministère du TravailSource
De janvier 2022 à juin 2026, le Smic mensuel brut est passé de 1 603,12 euros à 1 867,02 euros. La série compte huit hausses, un palier et aucune baisse. Ce palier maintient 1 801,80 euros, le montant de novembre 2024, jusqu'au relèvement de janvier 2026.
La progression atteint 16,5 % en euros courants. Ce chiffre ne mesure pas le gain de pouvoir d'achat. La courbe retrace le brut mensuel, et le seuil de 1 500 euros visé par le ministre est un montant net.
Avancer la date ne fixe pas le futur montant. Farandou ne communique pas le chiffre de la formule du 1er janvier 2027. Il rappelle qu'aucun coup de pouce n'a été décidé depuis 2012.
Les branches encore sous le Smic
En octobre 2026, 69 branches avaient au moins un minimum sous le Smic. Ce décompte reprend des chiffres du ministère du Travail, cités par BFM. Le 6 novembre, Farandou dit « environ 70 branches ». Les syndicats avancent 122 branches.
Le minimum de branche (Plus bas salaire prévu par la convention collective d'un secteur. Sous le Smic, l'employeur complète jusqu'au minimum légal.) est le plus bas salaire prévu par une convention collective. Lorsqu'il passe sous le Smic, l'employeur verse un complément pour atteindre le minimum légal. Un débutant et un salarié un peu plus qualifié peuvent alors recevoir le même montant.
Farandou affirme qu'un décret est prêt pour pousser ces branches à relever leurs minima, faute de quoi la réduction de charges serait affectée. Le schéma envisagé jouerait sur les allègements de cotisations (Réductions de charges patronales, particulièrement fortes au niveau du Smic. Le décret annoncé s'en servirait pour pousser les branches.). Ces réductions de charges patronales sont particulièrement fortes au niveau du Smic. Si le minimum de branche est inférieur au Smic, elles seraient calculées sur ce minimum, et non plus sur le Smic.
Le patronat conteste ce schéma et soulève un risque constitutionnel. Une entreprise pourrait être pénalisée pour une négociation de branche qu'elle ne mène pas seule. Ce décret reste à publier.
La CFDT demande 100 euros, la CGT 10 %
L'objectif de 1 500 euros reste en deçà des demandes syndicales. « La CFDT demande 100 euros d'augmentation du Smic, net », a déclaré Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT, le 23 octobre sur TF1. Le Smic net passerait à 1 577,93 euros, soit 77,93 euros au-dessus du seuil de 1 500 euros. Elle jugeait insuffisante une simple anticipation de la hausse légale.
La CGT réclame une hausse de 10 %, selon BFM. Appliquée au net actuel, cette hausse fait 147,79 euros de plus par mois. Le Smic net atteindrait 1 625,72 euros.
Le 5 novembre, le ministère de l'Intérieur a compté 575 000 manifestants. La CGT en a déclaré 1,6 million. Après la conférence de lundi, l'intersyndicale décidera de la suite de la mobilisation.
Pour aller plus loin
Inflation — comprendre les règles et les démarches
À fin septembre 2026, selon la Dares, le salaire de base des salariés du privé perd 1,1 % de pouvoir d'achat sur un an. Le montant versé a pourtant encore augmenté. Les prix, surtout ceux de l'énergie, ont progressé plus vite.
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