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Hausse du Smic réclamée pour les bas salaires — entrepôt logistique au ralenti lors d'un arrêt de travail, transpalettes et palettes filmées alignés près des quais de chargement.
Consommation

Smic : la CFDT réclame 100 euros nets de hausse immédiate

Le 5 novembre 2026, la Confédération française démocratique du travail (CFDT) réclame 100 euros nets de plus par mois sur le Smic. Formulée en pleine journée de grève, cette hausse immédiate de 7,0 % viserait les salariés au plancher légal et les bas salaires du public.

Par Éloïse Lefort3 min de lecture
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Un saut de 7,0 % pour le salaire minimum net

Marylise Léon, secrétaire générale du syndicat, a formulé cette demande alors que la mobilisation pour le pouvoir d'achat (Quantité de biens et de services qu'un revenu permet d'acheter, compte tenu de l'évolution des prix.) rassemble jusqu'à 700 000 manifestants. Depuis la revalorisation anticipée de 2 % au 1er novembre 2024, le salaire minimum de croissance (Smic (Salaire minimum interprofessionnel de croissance : plancher horaire légal en dessous duquel aucun salarié adulte ne peut être rémunéré en France.)) s'établit à 1 801,80 euros brut mensuels. Pour 35 heures hebdomadaires, ce plancher de 11,88 euros brut de l'heure représente environ 1 426,30 euros net par mois.

Un ajout de 100 euros nets porterait la paie mensuelle à 1 526,30 euros, soit 1 200 euros de plus par an (+7,0 %). Pour l'employeur, l'effort représenterait environ 127 euros brut supplémentaires chaque mois par salarié à temps complet. L'exécutif n'a toutefois accordé aucun coup de pouce au-delà de l'indexation légale depuis la hausse de 0,6 % du 1er juillet 2012.

Grilles de branche et cotisations dans le viseur

Cette demande marque une inflexion pour la centrale réformiste, qui privilégiait jusqu'ici la négociation collective plutôt qu'une intervention directe de l'État. Entre 2021 et 2023, la poussée de l'inflation (Hausse générale et durable des prix à la consommation, qui réduit la valeur réelle de la monnaie.) a fait progresser le plancher légal plus vite que les barèmes de nombreux secteurs. Ce décalage a accentué la smicardisation (Tassement progressif des rémunérations vers le niveau du salaire minimum, réduisant l'écart salarial entre salariés débutants et qualifiés.) (le tassement des rémunérations vers le salaire minimum) au détriment des salariés qualifiés.

La Direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares) suit la part des salariés du privé directement revalorisés. De 2020 à fin 2024, cet indicateur compte deux hausses et trois baisses sur cinq intervalles. Après 13,0 % en 2020 et un creux de 12,0 % en 2021, la proportion a atteint 14,5 % en 2022. Après un pic à 17,3 % en 2023, elle est redescendue à 14,6 % début 2024 puis 12,4 % fin 2024.

Smic et part des salariés du secteur privé touchés par sa hausse de 2020 à fin 2024 : recul de 13,0 % à 12,0 % en 2021, pic à 17,3 % en 2023 puis repli à 12,4 %.
Après un pic historique à 17,3 % en 2023 sous l'effet de l'inflation, la proportion de salariés du privé directement revalorisés par le Smic est revenue à 12,4 % fin 2024.LaBanque.org — données : Dares (ministère du Travail)Source

Sur BFM Business et RMC, Marylise Léon a donc exigé « une remise à plat intégrale des grilles salariales dans les branches ». Le syndicat demande de suspendre les allègements de cotisations patronales dans les secteurs qui maintiennent des minima conventionnels (Salaires planchers fixés par les partenaires sociaux dans les conventions collectives de chaque branche selon les niveaux de qualification.) sous le Smic. Selon le rapport Bozio-Wasmer remis à France Stratégie en octobre 2024, ces exonérations coûtent près de 75 milliards d'euros par an aux finances publiques (Ensemble des recettes et des dépenses de l'État, des collectivités territoriales et de la Sécurité sociale.).

Concentrées sur les bas salaires jusqu'à 1,6 Smic, ces réductions diminuent fortement dès que l'employeur augmente un salarié au-delà du plancher. Sans geste supplémentaire du gouvernement, la prochaine revalorisation annuelle obligatoire interviendra le 1er janvier 2027. Son calcul reposera sur l'inflation de novembre, publiée le 5 décembre 2026 par l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee).

Pour aller plus loin

Sources

Dans le dossier « Inflation »

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