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Pouvoir d'achat rogné par la hausse des prix — bulletin de salaire replié sans texte lisible, sac de provisions et clés de voiture sur une table de cuisine au crépuscule.
Consommation

Le salaire de base du privé perd 1,1 % de pouvoir d'achat

À fin septembre 2026, selon la Dares, le salaire de base des salariés du privé perd 1,1 % de pouvoir d'achat sur un an. Le montant versé a pourtant encore augmenté. Les prix, surtout ceux de l'énergie, ont progressé plus vite.

Par Éloïse Lefort5 min de lecture
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À retenir

  • Les prix hors tabac passent de 1,7 % en juin à 3,1 % en septembre.
  • L'inflation sous-jacente (Hausse des prix hors tarifs publics et hors produits aux prix très variables, corrigée des mesures fiscales et des saisons.) s'établit à 1,5 %, sous les 1,9 % de hausse du salaire en euros.
  • Les employés perdent 0,8 % de pouvoir d'achat (Quantité de biens et de services qu'un revenu permet d'acheter une fois les prix pris en compte.), les cadres et professions intermédiaires 1,3 %.

En juin, le pouvoir d'achat était encore en hausse

À la fin juin 2026, le pouvoir d'achat du salaire de base progressait encore de 0,2 % sur un an. Fin décembre 2025, la hausse atteignait 1,0 %. En euros, le rythme annuel est resté proche de 2 %.

Sur le troisième trimestre, la hausse en euros tombe à 0,2 %, après 0,7 % au premier trimestre comme au deuxième. La direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares) a publié ces chiffres provisoires le 6 novembre 2026. Les trimestres antérieurs cités sont définitifs.

Salaire de base du privé en euros constants, de l'automne 2025 à l'automne 2026 : le glissement annuel passe de +0,9 % à −1,1 %, après un pic à +1,0 %.
Glissement annuel du salaire mensuel de base en euros constants, corrigé des prix hors tabac. Le troisième trimestre 2026 est provisoire.LaBanque.org — données : DaresSource

Le graphique suit l'évolution sur un an en euros constants, une fois les prix hors tabac retirés. D'un trimestre à l'autre, la série compte deux hausses et deux baisses. Elle part de +0,9 % au troisième trimestre 2025 et atteint +1,0 % au quatrième. Elle passe à 0 % au premier trimestre 2026, puis à +0,2 % au deuxième, et finit à −1,1 % au troisième.

Mon salaire a-t-il baissé ?

Non. Le montant du salaire de base n'a pas baissé en euros. Le salaire mensuel de base suit le brut du poste, en général la première ligne du bulletin, avant les cotisations et les contributions sociales.

Les primes restent à l'écart, sauf le cas échéant celle liée à la réduction du temps de travail. Les heures supplémentaires des temps pleins et les heures complémentaires des temps partiels n'entrent pas dans le calcul. L'indice retient les salariés présents deux trimestres de suite, à la même qualification.

Une embauche, un départ ou une promotion ne le fait donc pas varier. Il ne mesure pas le salaire moyen par tête, qui ajoute les primes, les heures en plus et les changements de postes.

Le champ couvre les salariés du privé en France hors Mayotte, sans l'agriculture, les particuliers employeurs ni les activités extraterritoriales. Les agents de la fonction publique n'y figurent pas.

Exemple

Sur une base de 2 000 €, qui n'est pas un salaire moyen, une hausse de 1,9 % ajoute 38 €. Le recul de 1,1 % du pouvoir d'achat correspond à 22 € par mois sur cette base.

L'énergie a fait la différence

Entre juin et septembre, la hausse annuelle du salaire en euros est passée de 2,0 % à 1,9 %. Les prix hors tabac retenus par la Dares sont passés, aux mêmes dates, de 1,7 % à 3,1 %.

L'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) mesure aussi 3,1 % en septembre 2026, pour l'indice d'ensemble comme pour l'indice hors tabac. En août, la hausse annuelle des prix était de 2,4 %. L'énergie explique l'essentiel du saut : +21,3 % sur un an, après +16,7 % en août et +12,6 % en juillet.

Pouvoir d'achat et coût des carburants — automobiliste vu de dos ravitaillant un véhicule sous l'auvent d'une station-service française au crépuscule.
Illustration LaBanque.org — Les carburants ont pesé sur les prix à la consommation en septembre 2026.

Les produits pétroliers ont augmenté de 36,2 % sur un an, dont le gazole de 44,1 % et l'essence de 25,7 %. Le gaz a pris 19,0 %. L'électricité n'a progressé que de 1,4 %, comme l'alimentation. Les services ont monté de 2,4 % et les produits manufacturés ont reculé de 0,3 %.

L'inflation sous-jacente s'élève à 1,5 % en septembre, après 1,1 % en août. Elle reste inférieure aux 1,9 % de hausse du salaire de base. Le pouvoir d'achat tient mieux face au panier hors énergie et hors prix très variables. Ni la Dares ni l'Insee ne publient le salaire corrigé de cette seule manière.

Le −1,1 % officiel se calcule sur les niveaux d'indices, pas en soustrayant 3,1 et 1,9. L'indice des prix à la consommation harmonisé, celui des comparaisons européennes, atteint 3,4 %. La Dares ne l'utilise pas pour corriger le salaire.

Le recul n'a pas la même ampleur partout

Toutes les catégories perdent du pouvoir d'achat. Les employés reculent de 0,8 % sur un an, les ouvriers de 1,2 %, les professions intermédiaires et les cadres de 1,3 %.

En euros, les employés gagnent 2,2 %, les ouvriers 1,9 %, les cadres 1,8 % et les professions intermédiaires 1,7 %. Mieux augmentés, les employés limitent leur perte de pouvoir d'achat.

L'industrie limite la perte de pouvoir d'achat à 0,9 %. Le tertiaire et la construction reculent de 1,2 %. En euros, l'industrie progresse de 2,1 %, le tertiaire de 1,9 % et la construction de 1,8 %.

Le salaire horaire de base des ouvriers et des employés, dans les entreprises d'au moins 10 salariés, progresse de 2,1 % sur un an. Une fois les prix hors tabac retirés, il baisse de 1,0 %.

Lundi, syndicats et patronat à Matignon

Ces résultats paraissent le 6 novembre, au lendemain d'une journée de mobilisation. Ils précèdent la conférence sociale du lundi 9 novembre, annoncée le 5 novembre par les services du Premier ministre, Sébastien Lecornu.

Syndicats et patronat y sont conviés. Le communiqué de Matignon, cité par franceinfo, donne pour objectif « d'apporter des réponses aux questions de pouvoir d'achat et de salaires ». Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail et des Solidarités, devait boucler d'ici au dimanche 8 novembre les concertations déjà engagées.

Pour aller plus loin

Sources

Dans le dossier « Pouvoir d'achat »

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