Deux candidats seulement briguent le poste de Lagarde
Le 6 novembre 2026, seuls Pablo Hernández de Cos et Klaas Knot ont été proposés pour succéder à Christine Lagarde à la BCE. L'Eurogroupe fera le point le 9 novembre, sans les départager. Le taux de dépôt reste à 2,50 % : le président ne le fixe pas seul.
Au moins 16 États sur 21, représentant 65 % de la population, doivent soutenir le nom retenu.
Le départ du 7 février 2027 intervient 266 jours avant le terme du 31 octobre 2027.
Isabel Schnabel quitte le directoire le 3 janvier 2027, Philip Lane le 31 mai 2027.
Madrid et La Haye ont déposé les deux noms
L'Espagne a proposé Pablo Hernández de Cos. Les Pays-Bas ont proposé Klaas Knot. Kyriakos Pierrakakis, président de l'Eurogroupe (Réunion des ministres des Finances des pays de l'euro. Elle examine les candidatures et ne nomme pas le président de la BCE.), a clos l'appel le 6 novembre avec ces deux dossiers. La France n'en a pas déposé.
Hernández de Cos dirige la Banque des règlements internationaux, à Bâle, depuis le 1er juillet 2025. L'institution réunit les banques centrales. Il a été gouverneur de la Banque d'Espagne du 11 juin 2018 au 11 juin 2024.
Klaas Knot a dirigé la Banque des Pays-Bas du 1er juillet 2011 au 1er juillet 2025. Aucun des deux n'est gouverneur en exercice.
Le président de la Banque centrale européenne est nommé pour huit ans, sans second mandat. La décision revient au Conseil européen, où siègent les chefs d'État ou de gouvernement, sur recommandation des ministres. Le Parlement européen et le Conseil des gouverneurs (Organe qui fixe les taux de la BCE. Il réunit le directoire et les gouverneurs des banques centrales de la zone euro.) rendent un avis. Cet avis n'est pas un veto.
La zone euro compte 21 États depuis l'entrée de la Bulgarie, le 1er janvier 2026. La majorité qualifiée renforcée (Seuil pour nommer un dirigeant de la BCE : au moins 16 des 21 États de la zone euro, représentant 65 % de la population.) exige au moins 16 États, représentant 65 % de la population. Le 9 novembre, l'Eurogroupe dresse l'état des deux candidatures, sans nommer le président.
Que change la succession pour les taux ?
Le taux de la facilité de dépôt (Taux versé aux banques qui laissent des liquidités à la BCE pour 24 heures. Il guide le prix de l'argent à très court terme.), maintenu à 2,50 % le 29 octobre 2026, ne dépend pas du seul président. Les trois taux directeurs sont restés inchangés. Ce taux rémunère pendant vingt-quatre heures les liquidités déposées à la BCE. Il oriente les taux d'intérêt à court terme, et le prix du crédit en France.
Le Conseil des gouverneurs réunit le Directoire de la BCE (Les six dirigeants permanents de la BCE, dont le président, nommés pour huit ans sans renouvellement.) et les gouverneurs des banques centrales nationales. C'est cet organe qui fixe les taux. Le titulaire change le 7 février 2027, pas le barème décidé le 29 octobre.
Le 10 septembre 2026, les trois taux ont augmenté de 25 points de base, soit 0,25 point de pourcentage. Ce niveau de dépôt s'applique depuis le 16 septembre. La BCE a invoqué les tensions inflationnistes liées au conflit au Moyen-Orient.
Le 29 octobre, l'inflation sous-jacente était jugée « globalement stable ». Les salaires n'avaient « pas encore réagi de manière significative ». Les prix de l'énergie continuaient de monter. Les conditions de financement s'étaient durcies.
Eurostat estime l'inflation annuelle à 4,0 % en octobre, après 3,8 % en septembre. L'énergie augmente de 20,8 % sur un an. Elle tire l'indice des prix et pèse sur le pouvoir d'achat.
Hors énergie, les services sont à 3,3 % et les biens industriels hors énergie à 1,2 %. L'alimentation, l'alcool et le tabac sont à 1,6 %. Le chiffre d'octobre est une estimation rapide. Le détail définitif est attendu le 18 novembre 2026.
La cible reste une inflation de 2 % à moyen terme. En septembre, les services de la BCE attendaient 3,0 % en moyenne pour 2026. Ils tablaient ensuite sur 2,5 % en 2027 et 2,1 % en 2028.
Lagarde part le 7 février 2027
Christine Lagarde, présidente de la BCE depuis novembre 2019, quittera son poste le 7 février 2027.European Parliament / CC BY 2.0, via Wikimedia CommonsLicenceSource
Christine Lagarde préside la BCE depuis le 1er novembre 2019. Le mandat de huit ans court jusqu'au 31 octobre 2027. Le 29 octobre 2026, elle a informé António Costa, président du Conseil européen, et le Conseil des gouverneurs. Elle partira le 7 février 2027, soit 266 jours plus tôt, huit mois et vingt-quatre jours.
Selon Le Monde, elle a déclaré : « Je sens que je dois dire ces choses, et je ne peux pas le faire dans ma position actuelle. » Elle veut s'exprimer hors de la politique monétaire. Le journal relie ce calendrier à l'élection présidentielle française du printemps 2027.
Un accord avant ce scrutin laisserait Emmanuel Macron prendre part au vote du Conseil européen. Le 29 octobre, il a demandé une succession « ordonnée et équilibrée » entre partenaires européens. Huit ans sans renouvellement mèneraient le successeur jusqu'au début de 2035, s'il entre en fonction en février 2027.
Trois sièges tournent d'ici fin mai 2027
Isabel Schnabel quitte le directoire le 3 janvier 2027. Elle y siège depuis le 1er janvier 2020, et son mandat courait jusqu'à la fin de 2027.
Le 24 septembre 2026, Kristalina Georgieva a annoncé l'intention de nommer Schnabel conseillère financière du Fonds monétaire international. La date visée est le 4 janvier 2027. Cette nomination n'est pas encore accomplie.
Philip Lane, économiste en chef, siège au directoire depuis juin 2019. El País situe la fin de son mandat au 31 mai 2027. Trois des six membres changent entre janvier et mai, présidence comprise.
El País écrit que plusieurs gouvernements, dont l'Espagne, voudraient négocier ces trois successions ensemble. Le prochain budget de l'Union, visé avant la fin 2026, peut entrer dans cette discussion.
BFM évoque une piste non confirmée par Bercy. Paris viserait le poste d'économiste en chef. Le même média parle d'un duel entre le Nord et le Sud. El País note qu'aucun favori n'est aussi net que Jens Weidmann au précédent choix, lequel n'avait pas été retenu.
Les sommets des 26 et 27 novembre, puis des 17 et 18 décembre 2026, sont au calendrier. El País y voit une fenêtre pour un accord. Aucun ordre du jour publié n'y inscrit la nomination.
Pour aller plus loin
Inflation — comprendre les règles et les démarches
À fin septembre 2026, selon la Dares, le salaire de base des salariés du privé perd 1,1 % de pouvoir d'achat sur un an. Le montant versé a pourtant encore augmenté. Les prix, surtout ceux de l'énergie, ont progressé plus vite.
Le 6 novembre 2026, sur TF1, Jean-Pierre Farandou a jugé « important » d'essayer de porter le Smic mensuel au-dessus de 1 500 euros net. Ce minimum est de 1 477,93 euros net depuis le 1er juin. Aucune hausse n'est décidée : la fiche de paie ne bouge qu'avec un texte.
Le pouvoir d'achat individuel recule de 0,7 % en 2025 et devrait céder encore 0,6 % en 2026 selon l'Insee. Derrière cette baisse sur deux ans, les salaires réels restent inférieurs de 2,4 % à leur niveau de 2019. Les dépenses contraintes absorbent 30 % du revenu des ménages.
Dans son avis rendu public le 4 novembre 2026, le Haut Conseil des finances publiques juge que 0,5 % de croissance n'est plus une prévision centrale. Une prévision de 0,3 % lui paraît plus vraisemblable. Le déficit public glisserait de 5,4 % à 5,5 % du PIB sous le seul effet des intérêts indexés.
La hausse des prix à la consommation atteint 3,4 % sur un an en France en octobre 2026, au plus haut depuis début 2024. La flambée de l'énergie et la tenue des services effacent l'accalmie observée sur l'alimentation et les biens industriels.
Le taux d'emprunt de l'État français à dix ans a franchi 5 % en séance le 21 octobre 2026. Ce sommet inédit depuis juillet 2002 alourdit le coût de la dette publique. Il réduit aussi la marge des banques sur les futurs crédits immobiliers.