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Gaz européen et cargaisons de GNL — méthanier accosté à un terminal, bras de déchargement reliés au navire et réservoirs industriels au bord de la mer.
Consommation

Le pic du gaz européen à 80 €/MWh ne fixe pas les factures

Le prix de gros du gaz européen a brièvement dépassé 80 €/MWh le 9 septembre, sur fond de tensions sur les livraisons mondiales. Ce pic ne se répercute pas automatiquement sur les factures françaises. L'offre souscrite et le prix repère de la CRE comptent aussi.

Par Éloïse Lefort4 min de lecture
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Un pic en séance, puis un repli sous 80 €/MWh

Le contrat à terme néerlandais TTF (Principal marché de référence du gaz en Europe, situé aux Pays-Bas ; son prix sert de repère aux transactions de gros.), référence du gaz en gros en Europe, a atteint 80,99 €/MWh en séance le 9 septembre. Vers 14 h 40 GMT, il était revenu à 79,21 €/MWh. Reuters a relevé un sommet voisin, à 80,98 €/MWh, puis une cotation à 79,28 €/MWh à 15 h 24 GMT.

Ce seuil marque un plus haut depuis janvier 2023. Il s'agit toutefois d'un pic intrajournalier, pas d'un cours de clôture durable. Le marché a franchi les 80 €/MWh, mais il a aussi reflué sous ce niveau dans la même journée.

Gaz européen TTF, du 31 août au 9 septembre 2026 : le cours de clôture progresse de 69,809 à 78,435 €/MWh, malgré une baisse le 3 septembre.
Le contrat TTF « calendar » a progressé lors de cinq des six intervalles observés.LaBanque.org — données : Yahoo Finance (Dutch TTF Natural Gas Calendar)Source

Sur les sept dernières séances disponibles, le contrat TTF « calendar » est passé de 69,809 €/MWh le 31 août à 78,435 €/MWh le 9 septembre. La série compte cinq hausses et une baisse. Elle montre l'accélération qui a précédé le franchissement ponctuel des 80 €/MWh.

Les cargaisons de GNL pèsent sur le marché

La fermeture de fait du détroit d'Ormuz a interrompu une route représentant près de 20 % de l'offre mondiale de GNL (Gaz naturel liquéfié, transporté par navire après refroidissement, puis regazéifié à l'arrivée.), selon l'Agence internationale de l'énergie. Le gaz naturel liquéfié, ou GNL, est transporté par navire. Les acheteurs européens se retrouvent donc en concurrence avec d'autres régions pour les cargaisons encore disponibles.

Entre mars et juin, les chargements provenant du Qatar et des Émirats arabes unis ont diminué de 35 milliards de m³ sur un an. La hausse de la production hors Golfe n'en a compensé qu'environ les trois quarts. Ce déficit partiellement amorti explique que le marché reste sensible à toute difficulté sur les approvisionnements.

Des réserves utiles, sans garantie contre le choc

Le relevé GIE affiché le 9 septembre porte sur le 8 septembre à 6 h CEST. Les stockages de l'Union européenne étaient remplis à 67,12 %, contre 79,48 % un an plus tôt. En France, ils contenaient 92,00 TWh de gaz, pour un taux de remplissage de 74,26 %.

Ces réserves servent d'amortisseur avant l'hiver. Leur niveau ne signale pas une pénurie immédiate, mais réduit la marge face à un nouvel incident d'importation. Le volume entreposé ne garantit pas, à lui seul, l'arrivée de nouvelles cargaisons. L'Agence internationale de l'énergie souligne que les réserves physiques ne suffisent pas à répondre à toutes les perturbations. Elle recommande aussi des contrats de GNL plus flexibles.

Pourquoi ma facture ne suit-elle pas ce cours ?

Ce prix de gros ne fixe pas directement et du jour au lendemain la facture d'un foyer. Le point à vérifier est la formule de l'offre. Un contrat à prix fixe d'un an peut s'écarter sensiblement des variations mensuelles et trimestrielles du marché de gros.

Le prix repère de la Commission de régulation de l'énergie (CRE) aide à situer les offres, sans les imposer aux fournisseurs. En zone GRDF, il s'élevait en septembre à 0,13474 €/kWh TTC pour un client chauffé au gaz. L'abonnement annuel atteignait 360,79 € TTC. Son calcul inclut le coût d'approvisionnement, l'acheminement, le stockage et les coûts commerciaux.

La composante d'approvisionnement de ce prix repère de la CRE (Indicateur mensuel du coût moyen théorique du gaz pour les ménages ; ce n'est ni un tarif réglementé ni un prix obligatoire.) est actualisée chaque mois à partir d'échéances mensuelles et trimestrielles. Le prix repère de septembre était donc déjà établi au moment du pic du 9 septembre.

Sur une offre variable, le rythme de répercussion dépend de la clause d'indexation et du calendrier du fournisseur. Pour les factures d'énergie, le TTF n'est donc qu'un élément parmi d'autres. Le prix de l'énergie dépend aussi des coûts de réseau et de l'abonnement. Une hausse durable de ces échéances pourrait peser sur les prochains repères, sans entraîner une augmentation identique et immédiate pour tous les contrats.

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