Le gouvernement étudie une hausse anticipée du salaire minimum
L'exécutif examine une revalorisation anticipée du salaire minimum dès le 1er novembre 2026, sans attendre l'échéance annuelle du 1er janvier 2027. Ce geste viserait le pouvoir d'achat des salariés modestes, mais le Medef alerte déjà sur la fragilité financière des petites entreprises.
Depuis le 1er juin 2026, le salaire minimum (Rémunération horaire légale en dessous de laquelle aucun salarié majeur ne peut être payé en France (Smic).) interprofessionnel de croissance (Smic) s'établit à 12,31 € brut de l'heure. Pour 35 heures hebdomadaires, ce taux correspond à 1 867,02 € brut par mois, soit environ 1 478 € net. Aucun décret n'étant encore signé, l'hypothèse d'une revalorisation anticipée (Relèvement du Smic décidé par décret avant l'échéance annuelle du 1er janvier, déduit ensuite du calcul de début d'année.) dépend toujours de l'arbitrage gouvernemental. Si elle est retenue, elle s'appliquera d'office sur le bulletin de paie sans démarche du salarié.
Le Code du travail prévoit une révision annuelle chaque 1er janvier. Une hausse automatique s'ajoute en cours d'année si l'inflation (Hausse générale et durable des prix à la consommation, qui réduit le pouvoir d'achat de la monnaie.) atteint 2 % pour les ménages les plus modestes. Ce mécanisme a déclenché l'augmentation de 2,41 % en juin 2026. Depuis janvier 2021, le Smic horaire brut a ainsi connu cinq hausses successives, passant de 10,25 € à 12,31 €.
Le Smic horaire brut est passé de 10,25 € en janvier 2021 à 12,31 € en juin 2026 sous l'effet de l'indexation sur l'inflation. Source : Insee.LaBanque.org — données : InseeSource
Une avance sur le calcul du 1er janvier 2027
Avancer l'échéance au 1er novembre 2026 soutiendrait plus tôt le pouvoir d'achat (Quantité de biens et de services qu'un revenu permet d'acheter, compte tenu de l'évolution des prix.) des travailleurs au salaire minimum. Dans le secteur privé, les femmes représentent 59,6 % des bénéficiaires directs selon le service statistique du ministère du Travail (Dares). Ce relèvement ne constitue toutefois pas un gain supplémentaire durable. Toute hausse accordée à l'automne est déduite du calcul automatique du 1er janvier 2027, réduisant d'autant l'ajustement du nouvel an.
Pourquoi le patronat s'oppose à cette mesure
Du côté du Mouvement des entreprises de France (Medef), cette piste suscite une vive opposition. « Une hausse du smic mettra les entreprises dans la nasse », a averti son président Patrick Martin le 23 octobre 2026. Les très petites entreprises de 1 à 9 salariés comptent en effet 21,9 % de salariés au Smic, contre 9,5 % ailleurs.
Chaque relèvement rattrape aussi les premiers échelons de plusieurs branches et oblige à renégocier leurs grilles salariales. Or le Parlement examine simultanément une baisse des allègements de cotisations sociales (Prélèvements obligatoires sur les salaires servant à financer la protection sociale (santé, retraite, famille, chômage).) patronales entre 1 et 1,6 Smic pour 2027.
Pour aller plus loin
Inflation — comprendre les règles et les démarches
Le salaire net médian du secteur privé atteint 2 238 € par mois en 2025, selon le bilan annuel de l'Insee publié le 22 octobre 2026. Grâce au repli de l'inflation, le pouvoir d'achat moyen progresse de 1,5 % et dépasse pour la première fois son niveau de 2019.
L'Assemblée nationale a supprimé le 22 octobre 2026 la taxe sur les produits industriels sucrés prévue au budget 2027 de la Sécurité sociale. Ce vote écarte pour le moment toute hausse de fiscalité sur ces produits en rayon.
En 2025, le salaire net moyen du secteur privé atteint 2 797 € par mois à temps plein. Ce montant marque un gain de pouvoir d'achat de 1,5 %. Pour les salariés, cette deuxième hausse annuelle consécutive efface les pertes cumulées depuis la crise sanitaire.
L'agence de notation Moody's publie ce vendredi 23 octobre 2026 au soir sa révision de la note souveraine de la France, aujourd'hui fixée à Aa3. Un abaissement d'un cran alignerait son évaluation sur celles de Standard & Poor's et de Fitch. Dans le même temps, les taux d'emprunt de l'État dépassent déjà 5 %.
Le taux d'emprunt de l'État français à dix ans a franchi le seuil des 5 %, une première depuis juillet 2002. Cette tension renchérit le financement du budget 2027 et pousse déjà les taux des crédits immobiliers sur vingt ans jusqu'à 5,10 %.
Les députés ont supprimé 3,7 milliards d'euros de recettes du projet de budget de la Sécurité sociale pour 2027. La mesure visait à réduire les exonérations de charges des entreprises versant des primes d'épargne salariale. Ce vote fragilise l'objectif de ramener le déficit social à 12,7 milliards d'euros.