TotalEnergies : la grève sur les salaires bloque des expéditions
La CGT a appelé à 24 heures de grève chez TotalEnergies le 8 octobre 2026 pour réclamer des hausses de salaires et des embauches. Si des expéditions et quelques dizaines de stations ont été perturbées, les stocks évitent à ce stade une pénurie nationale pour les automobilistes.
Le mouvement de débrayage a touché l'ensemble des implantations françaises du groupe : raffineries, dépôts, sites industriels et stations-service. En France métropolitaine, l'entreprise exploite trois des six raffineries du pays et plus de 3 000 stations-service. TotalEnergies y emploie environ 35 000 salariés dans le secteur du pétrole (Matière première fossile raffinée en carburants, dont l'approvisionnement détermine les prix à la pompe.).
Des expéditions ralenties mais pas de pénurie
Sur le terrain, les constats divergent fortement. Selon la CGT, 50 à 60 % des salariés du raffinage ont fait grève le 8 octobre 2026 et bloqué les expéditions à Donges. À l'inverse, la direction évalue le suivi à environ 2 % dans les raffineries. Elle affirme maintenir les approvisionnements et assurer les expéditions par pipeline.
Dans les stations-service, l'impact direct est resté limité. Sur le réseau Argedis, qui compte environ 180 stations, la CGT recensait 29 fermetures l'après-midi, contre 23 sites touchés selon la direction. Le carburant transite des raffineries vers des dépôts intermédiaires avant d'alimenter les cuves locales. Ces blocages ponctuels n'interrompent donc pas immédiatement la distribution pour les usagers de l'automobile (Secteur de la mobilité motorisée, directement tributaire des tarifs et des volumes de carburant disponibles.).
200 euros réclamés face à une prime ponctuelle
Le désaccord porte d'abord sur la rémunération et le statut des équipes. Le syndicat réclame 200 euros bruts d'augmentation mensuelle pour tous et un salaire de base minimum fixé à 1,2 Smic. Il demande aussi l'embauche de tous les intérimaires et des CDI pour les postes vacants. Ces revendications visent à protéger le pouvoir d'achat (Quantité de biens et de services qu'un revenu permet d'acheter, selon le niveau des prix et de l'inflation.) face aux dépenses courantes.
En réponse, la direction a annoncé une avance ponctuelle de 1 000 euros sur la prime annuelle 2026. Directrice People & Social Engagement, Catherine Remy justifie ce versement pour « reconnaître dès aujourd’hui leur contribution à la réussite collective de la Compagnie ».
Ce versement intervient après un bénéfice net semestriel de 11,248 milliards de dollars, en hausse de 72 %. Le deuxième acompte sur dividende a également progressé de 5,9 % à 0,90 euro par action. Ces montants n'éteignent pas le débat avant les négociations annuelles obligatoires (NAO (Négociations annuelles obligatoires entre la direction d'une entreprise et les syndicats, portant notamment sur les salaires.)) de décembre 2026. Dès le 9 octobre, des assemblées générales devaient décider d'une éventuelle reconduction du mouvement.
Pour aller plus loin
Automobile — comprendre les règles et les démarches
Le Premier ministre réunit les distributeurs de carburants lundi 12 octobre à Matignon pour caler une baisse de 12 à 18 centimes par litre de gazole. Issu du déblocage de réserves stratégiques, ce rabais de trois mois doit apparaître à la pompe dès les premiers jours de novembre.
Le prix moyen du gazole dans l'Union européenne recule à 2,15 euros le litre, marquant sa première baisse après un mois de hausses ininterrompues. En France, le tarif reste supérieur à 2,35 euros, dans l'attente du déstockage des réserves stratégiques de carburant.
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