À retenir
- Les ventes d’Hermès ont progressé de 6,7 % au deuxième trimestre, à taux de change constants.
- La hausse publiée en euros est de 4,8 %, en raison d’un effet défavorable des devises.
- Sur le semestre, les Amériques gagnent 15,3 % quand l’Asie hors Japon avance de 2,4 %.
- La croissance organique trimestrielle est passée de 27,5 % en 2023 à 6,7 % en 2026.
La hausse est réelle, mais son rythme s’est tassé
Hermès a enregistré 4,094 milliards d’euros de chiffre d’affaires au deuxième trimestre 2026, publié le 29 juillet. Les ventes ont augmenté de 6,7 % sur un an à taux de change constants, c’est-à-dire en neutralisant l’effet des monnaies. Une fois les recettes converties aux taux effectivement pratiqués, la hausse ressort à 4,8 %.
Ce résultat confirme une croissance, mais à un rythme bien moindre qu’au début de la décennie. La comparaison porte sur le même trimestre : le taux organique avait atteint 19,5 % en 2022, puis 27,5 % en 2023. Il s’est ensuite établi à 13,3 % en 2024 et 9,0 % en 2025.

Le ralentissement ne signifie donc pas un recul du niveau des ventes. Le chiffre d’affaires du deuxième trimestre atteint encore 4,094 milliards d’euros, contre 2,710 milliards au deuxième trimestre 2022. Le groupe maintient une ambition de progression du chiffre d’affaires à taux constants à moyen terme, sans donner de cible chiffrée pour 2026.
Les devises expliquent l’écart en euros
Sur les six premiers mois de l’année, Hermès affiche 8,163 milliards d’euros de chiffre d’affaires, contre 8,034 milliards un an plus tôt. Cela représente une hausse publiée de 1,6 %, alors que la progression à taux de change constants atteint 6,1 %.
L’écart compte pour lire ces résultats. Selon le groupe, les parités monétaires ont retiré plus de 360 millions d’euros au chiffre d’affaires semestriel. Cet effet de conversion ne mesure pas, à lui seul, l’évolution de l’activité commerciale.
Exemple
Pour le Japon, les ventes ont augmenté de 11,0 % à taux de change constants au semestre. Pourtant, leur montant publié a reculé de 2,1 %, à 798 millions d’euros, après conversion en euros.
Ces indicateurs servent surtout à distinguer l’activité commerciale de l’effet des monnaies sur les comptes du groupe.
La croissance ne vient pas de tous les marchés
La hausse d’Hermès est très inégale selon les zones. Les Amériques progressent de 15,3 % à taux de change constants au premier semestre, pour 1,585 milliard d’euros de ventes publiées. Le Japon gagne 11,0 % sur cette même base.
À l’inverse, l’Asie-Pacifique hors Japon ne progresse que de 2,4 % à taux constants, à 3,533 milliards d’euros publiés. La zone reste la première destination de ventes du groupe. La zone « Autres », essentiellement le Moyen-Orient, baisse de 4,2 % à taux constants sur le semestre, dans un contexte géopolitique décrit comme instable par Hermès.
La France offre un contrepoint plus favorable au deuxième trimestre. Après une baisse de 2,8 % au premier trimestre, les ventes y ont augmenté de 6,2 % à taux constants au deuxième. Sur l’ensemble du semestre, la hausse française ressort à 1,8 %. Le groupe l’attribue à la clientèle locale et à la reprise des flux touristiques.
Le sac reste le principal moteur de l’activité
La maroquinerie-sellerie, qui réunit notamment les sacs et les articles de voyage, a progressé de 10,2 % à taux de change constants au deuxième trimestre. Sur le semestre, cette activité atteint 3,761 milliards d’euros et gagne 9,8 %. Elle représente environ 46,1 % du chiffre d’affaires consolidé : 3,761 milliards divisés par 8,163 milliards.
Cette dépendance au métier historique explique l’importance des capacités de fabrication. Hermès a inauguré sa 25e maroquinerie à Loupes, en Gironde, début avril 2026. Le groupe annonce aussi des ouvertures à Charleville-Mézières en 2027, à Colombelles en 2028 et aux Andelys en 2030 ; ces horizons sont des annonces du groupe, non des dates d’inauguration fermes.
Tous les métiers ne suivent pas la même trajectoire. Parfum et Beauté a reculé de 9,5 % à taux de change constants au deuxième trimestre et de 4,5 % au semestre, à 233 millions d’euros. C’est le seul métier explicitement en baisse sur les six premiers mois.
Ce que la rentabilité indique, et ce qu’elle ne dit pas
Le résultat opérationnel courant s’élève à 3,351 milliards d’euros au premier semestre. Il correspond au profit tiré de l’activité habituelle avant le résultat financier et l’impôt. La marge opérationnelle courante atteint 41,0 %, contre 41,4 % un an plus tôt. Autrement dit, le groupe a dégagé 41 euros de résultat opérationnel courant pour 100 euros de ventes.
La baisse est limitée, mais elle rappelle que les ventes et la rentabilité ne progressent pas nécessairement au même rythme. Le résultat net part du groupe est presque stable, à 2,238 milliards d’euros contre 2,246 milliards un an plus tôt. Le montant publié est notamment affecté par la contribution exceptionnelle française sur les bénéfices des grandes entreprises.
Comment ça marche
Le taux de change constant recalcule les ventes étrangères avec les taux moyens de la période précédente. Il aide à mesurer l’évolution de l’activité sans l’effet des monnaies. Le taux de change courant, lui, est celui retenu pour les comptes effectivement publiés en euros.
Le prochain point de comparaison sera le chiffre d’affaires du troisième trimestre, que le groupe prévoit de publier le 22 octobre 2026. D’ici là, la lecture la plus complète reste de regarder ensemble le rythme organique, les devises et la diversité des marchés, plutôt que le seul pourcentage mis en avant au deuxième trimestre.
Sources
- Hermès - Résultats du premier semestre 2026 — Hermès International, consulté le 29/07/2026.
- Hermès - Résultats annuels 2022 — Hermès International, consulté le 29/07/2026.
- Hermès - Résultats annuels 2023 — Hermès International, consulté le 29/07/2026.
- Hermès - Résultats annuels 2024 — Hermès International, consulté le 29/07/2026.
- Hermès - Résultats annuels 2025 — Hermès International, consulté le 29/07/2026.



