La Banque centrale européenne relève son taux de dépôt à 2,50 % le 16 septembre. Cette décision peut influencer les offres de crédit et d’épargne, mais elle ne modifie pas automatiquement les contrats des particuliers.
Le taux de refinancement hebdomadaire sera porté à 2,65 %.
Le taux de prêt au jour le jour aux banques atteindra 2,90 %.
La BCE anticipe encore 2,1 % d’inflation en 2028, au-dessus de son objectif de 2 %.
Les nouveaux taux entrent en vigueur
Le Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) a augmenté ses trois taux directeurs de 25 points de base le 10 septembre. Le taux de la facilité de dépôt (Taux auquel les banques placent leurs liquidités au jour le jour auprès de l’Eurosystème.) sert à orienter sa politique monétaire. Il rémunère les liquidités que les banques placent au jour le jour auprès de l’Eurosystème.
Ce taux passera de 2,25 % à 2,50 % à l’entrée en vigueur de la décision. Le taux auquel les banques se refinancent chaque semaine auprès de l’Eurosystème sera porté à 2,65 %, et le taux de prêt au jour le jour à 2,90 %. Un point de base (Un centième de point de pourcentage : 25 points de base correspondent à 0,25 point.) correspond à un centième de point de pourcentage : 25 points de base représentent donc 0,25 point.
Il s’agit de la seconde hausse de 0,25 point en 2026. Le taux de dépôt était de 2,25 % depuis le 17 juin. Il avait auparavant été ramené jusqu’à 2,0 % en juin 2025, après six baisses successives depuis septembre 2024.
Après six baisses jusqu’en juin 2025, le taux de dépôt repart à la hausse en 2026.LaBanque.org — données : BCESource
Pourquoi la BCE remonte ses taux
La BCE veut ramener l’inflation (Hausse générale et durable des prix payés par les ménages.) vers son objectif de 2 % à moyen terme. Or l’inflation annuelle de la zone euro a été estimée à 3,3 % en août, après 2,9 % en juillet. Les prix de l’énergie affichaient alors une hausse annuelle de 14,3 %, selon l’estimation flash d’Eurostat.
Ses propres projections restent au-dessus de cet objectif sur l’horizon publié : 3,0 % en 2026, 2,5 % en 2027 et 2,1 % en 2028. Hors énergie et produits alimentaires, l’inflation atteindrait 2,5 % en 2026, 2,6 % en 2027 et 2,3 % en 2028. Ces chiffres sont des projections, et non des prix observés. Elles prévoient aussi une croissance réelle de 0,9 % dans la zone euro cette année, puis 1,4 % en 2027 et 1,5 % en 2028.
Ce taux ne s’adresse pas directement aux particuliers. Son relèvement renchérit le financement dans l’économie et vise à freiner la hausse des prix.
Quel effet sur les crédits et l’épargne ?
Cette hausse ne transforme pas mécaniquement le taux d’un crédit immobilier (Le crédit immobilier est un prêt destiné à financer l'achat, la construction ou certains travaux d'un bien immobilier, remboursé selon un échéancier.), d’un crédit à la consommation (Un crédit à la consommation finance un achat ou un besoin de trésorerie, avec des règles sur l’information, le coût, la rétractation et le remboursement.) ou d’un livret. La Banque de France décrit une influence des taux directeurs sur les conditions proposées par les banques, pas une répercussion identique ni immédiate.
Pour un crédit déjà signé, les règles du contrat restent déterminantes. Pour une nouvelle offre, chaque banque fixe ses conditions commerciales et les conditions de marché comptent également. Les écarts entre les offres comptent donc davantage qu’une anticipation de hausse uniforme. Il serait trompeur d’attendre une hausse de 0,25 point sur tous les prêts ou tous les produits d’épargne.
Exemple
Si une hausse de 0,25 point était intégralement appliquée pendant un an sur 10 000 € de capital restant dû, elle représenterait 25 € d’intérêts simples supplémentaires. Ce calcul ne tient pas compte de l’amortissement ni des clauses du contrat : il illustre seulement l’ordre de grandeur.
La suite sera décidée réunion par réunion
La BCE n’annonce pas à l’avance une nouvelle hausse, ni un maintien de ses taux. « Le Conseil des gouverneurs ne s’engage pas à l’avance sur une trajectoire de taux particulière », rappelle-t-elle dans son communiqué.
Les prochains rendez-vous de politique monétaire sont prévus les 29 octobre et 17 décembre. D’ici là, les données complètes d’inflation d’août doivent être publiées le 17 septembre. Elles préciseront l’estimation flash qui a servi de dernier repère disponible.
Les taux des crédits immobiliers remontent dans les barèmes de septembre. Sur vingt ans, les moyennes observées vont de 3,43 % à 3,54 % selon les courtiers ; un retour vers 4 % reste un scénario, pas un taux déjà appliqué.
Les rendements des obligations d’État françaises et japonaises ont progressé. Cela ne modifie pas la mensualité d’un crédit immobilier à taux fixe déjà signé. La hausse peut toutefois peser, avec le temps, sur les nouvelles offres de prêt et sur le coût de la dette publique.
Les taux de crédit immobilier remontent en septembre. Sur vingt ans, le baromètre Pretto affiche 3,54 %, soit 0,12 point de plus qu’en août. Pour 200 000 € empruntés sur vingt ans, l’écart représente environ 12 € par mois hors assurance.
À quelques heures de la décision de la Banque centrale européenne, les grands indices oscillent faiblement. Les investisseurs suivront le niveau des taux, puis les indications de Christine Lagarde sur leur évolution.
Le CAC 40 gagnait 0,3 % dans la matinée du 10 septembre, après sa baisse de 1,94 % la veille. Les marchés attendaient les annonces de la Banque centrale européenne prévues dans l'après-midi. Ce rebond restait un instantané de séance.
Le Brent a clôturé à 101,21 dollars le baril le 9 septembre, après une escalade militaire dans le Golfe. Les marchés actions américains ont reculé. Le prix du brut ne suffit toutefois pas à prévoir celui des carburants en Europe.