Le gazole gagne près de 5 centimes en une semaine
Les prix moyens du gazole et du SP95-E10 ont fortement progressé en une semaine. Au 4 septembre, un plein de 50 litres de gazole coûtait en moyenne 2,43 € de plus qu'au relevé précédent.

Le Brent a clôturé à 101,21 dollars le baril le 9 septembre, après une escalade militaire dans le Golfe. Les marchés actions américains ont reculé. Le prix du brut ne suffit toutefois pas à prévoir celui des carburants en Europe.
Le Brent a terminé la séance du 9 septembre à 101,21 dollars le baril, en hausse de 3,4 %. Il a ainsi clôturé au-dessus de 100 dollars pour la première fois depuis juillet. En cours de séance, il avait déjà dépassé ce seuil après des signalements de navires en feu dans le Golfe.
Cette hausse intervient dans un contexte d'escalade militaire. Le commandement central américain (CENTCOM) a affirmé avoir détruit cinq pétroliers de brut iraniens le 8 septembre. Selon ce communiqué, l'opération a suivi deux tirs de missiles balistiques iraniens contre un navire de l'US Navy. Cette version établit la revendication américaine, sans mesurer indépendamment les dommages ni les volumes réellement affectés.
Le détroit d'Ormuz est au cœur de l'inquiétude. Avant la guerre, environ un cinquième de l'offre mondiale de pétrole y transitait, rappelle AP. Le marché intègre donc le risque d'une perturbation du transport, au-delà des volumes déjà touchés et des installations encore exposées.
La réaction a dépassé le marché du pétrole. Le S&P 500 a cédé 0,5 %, le Dow Jones 0,8 % et le Nasdaq 0,6 % le 9 septembre. Au sein du S&P 500, seul le secteur de l'énergie a progressé. Les investisseurs redoutent qu'une énergie plus chère entretienne l'inflation (Hausse générale et durable des prix payés par les ménages.) et retarde une baisse des taux d'intérêt.
Parce que le pétrole brut (Matière première énergétique dont le prix mondial influence les carburants et les résultats des groupes producteurs.) n'est qu'une matière première. Il doit être transporté, transformé en produits raffinés (Carburants et combustibles issus de la transformation du pétrole brut, comme l'essence, le gazole et le kérosène.), puis distribué avant d'arriver à la pompe. Les produits raffinés regroupent notamment l'essence, le gazole et le kérosène. Si leur production ou leur transport se tend, leur prix peut évoluer plus vite que celui du baril.
C'est précisément le point de fragilité actuel. Les raffineries mondiales ont traité 80,9 millions de barils par jour en juillet. C'est presque 5 millions de moins qu'un an auparavant, selon l'Agence internationale de l'énergie. Dans le même temps, les marges de raffinage ont atteint des records pour le diesel, le kérosène et l'essence dans le bassin Atlantique.
La marge de raffinage (Écart entre le prix de vente d'un carburant et le coût du pétrole brut utilisé pour le produire.) mesure l'écart entre le prix de vente d'un carburant et le coût du brut utilisé pour le produire. Lorsqu'elle s'élargit, le carburant peut devenir plus cher même si la hausse du brut reste limitée. Aux États-Unis, cet écart moyen entre l'essence raffinée et le brut dépassait d'environ un dollar par gallon son niveau de 2025 depuis mai. Cette donnée illustre le mécanisme, mais elle ne décrit pas un prix français.
Le resserrement ne se limite pas aux raffineries. Les échanges maritimes de produits raffinés ont baissé de 3,8 millions de barils par jour sur un an en juillet. Les exportations de diesel venues de Russie, du Moyen-Orient et d'Asie ont reculé de 1,3 million de barils par jour. Cela représente environ un cinquième du commerce maritime mondial de diesel.
Pour l'Union européenne, le risque immédiat n'est pourtant pas une pénurie établie. La Commission européenne a indiqué le 8 septembre que la demande de diesel et de kérosène restait couverte. Elle cite une production européenne accrue, des approvisionnements alternatifs et des stocks suffisants.
Cette assurance sur les volumes ne signifie pas que les prix resteront stables à court terme. La Commission juge néanmoins les marchés du diesel et du kérosène particulièrement volatils. Le conflit se poursuit et la demande d'automne et d'hiver approche. Pour un automobiliste français, aucune hausse ne peut être déduite du seul Brent à 101,21 dollars. Les cotations de l'essence et du gazole, l'euro face au dollar, les stocks et les taxes interviennent aussi.
Les prix moyens du gazole et du SP95-E10 ont fortement progressé en une semaine. Au 4 septembre, un plein de 50 litres de gazole coûtait en moyenne 2,43 € de plus qu'au relevé précédent.
Bercy a confirmé le 9 septembre qu'il n'annonçait ni baisse temporaire de taxes, ni plafonnement national, ni nouvelle aide générale sur les carburants. Les dispositifs ciblés existants restent en place, dont une aide de 100 € à demander avant le 30 septembre pour certains travailleurs modestes.
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