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Lisière de pins calcinés et pare-feu de terre nue devant une zone industrielle intacte, en Gironde.
Consommation

Incendie de Saumos : prévenir le risque industriel

L’incendie de Saumos a conduit à protéger des sites industriels sensibles, sans accident Seveso établi à ce stade. Le coût économique n’est pas encore chiffré, mais l’épisode illustre l’intérêt de la prévention autour des usines.

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À retenir

  • Au 27 juillet, le feu de Saumos avait parcouru 42 000 hectares.
  • Aucun accident Seveso provoqué par l’incendie n’est documenté dans les sources consultées.
  • La Nouvelle-Aquitaine comptait 158 établissements Seveso dans la carte de 2025, sur les 1 299 recensés en France.
  • Dassault Aviation a transféré des équipements sensibles à titre préventif.

Pas d’accident industriel établi à ce stade

L’incendie parti de Saumos, en Gironde, le 22 juillet a mis les activités industrielles voisines sous pression. Au 27 juillet, il avait parcouru 42 000 hectares. Le bilan officiel mentionnait aussi 220 000 personnes évacuées ou encore concernées par les évacuations. Il recensait 277 bâtiments détruits, impactés ou brûlés.

L’enjeu économique ne se limite pas aux surfaces brûlées. Un feu extérieur peut menacer une installation par les flammes, la chaleur ou les fumées. Il peut aussi couper l’électricité, l’eau ou les télécommunications. Le danger est alors un risque NaTech : un phénomène naturel qui peut déclencher ou aggraver un accident technologique.

À ce stade, aucune source publique consultée ne rapporte d’accident Seveso causé par le feu. Les opérations décrites relèvent donc de la prévention, et non d’une catastrophe industrielle déjà survenue. La surface parcourue et le bilan matériel pourront encore être révisés après expertise.

Les protections limitent le risque d’arrêt d’activité

Autour de sites sensibles, des travaux ont été menés dans la nuit du 24 au 25 juillet. Ils visaient à créer des pare-feu et à retirer la végétation combustible. Un pare-feu est une bande aménagée pour freiner les flammes. L’objectif est d’empêcher le feu d’atteindre les installations, les stocks ou les réseaux nécessaires à leur fonctionnement.

Dassault Aviation a indiqué avoir transféré des équipements sensibles depuis Martignas et son centre logistique de Cestas. Ils ont été déplacés vers Mérignac et la base aérienne 106. L’entreprise cite une coopération avec la Direction générale de l’armement et les autorités préfectorales. Aucun volume transféré, dommage aux équipements ou retard de livraison n’a été rendu public.

Ces mesures peuvent entraîner des frais de transport et de réorganisation. Elles peuvent aussi ralentir une activité. Leur rôle est d’éviter des conséquences plus lourdes : arrêt de site, rupture d’approvisionnement ou perte d’équipements difficiles à remplacer. Dassault Aviation a réalisé 7,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2025. Son carnet de commandes atteignait 46,6 milliards d’euros fin 2025. Ces montants donnent l’échelle du groupe, pas celle de l’impact du feu.

Attention

Le coût moyen de 17 000 € par incendie d’entreprise, cité par l’administration, ne permet pas de chiffrer le feu de Saumos. Il couvre tous les incendies d’entreprise, alors que les feux de forêt y sont minoritaires.

Pourquoi les sites Seveso restent un enjeu local

Un établissement Seveso est classé selon la nature et la quantité des substances dangereuses qu’il détient. Un Seveso seuil haut est soumis aux obligations les plus strictes. Un Seveso seuil bas relève de quantités inférieures, mais réglementées. Ce classement ne signifie pas qu’une usine est dangereuse par nature.

La France comptait 1 299 établissements Seveso en 2025 : 702 seuil haut et 597 seuil bas. La Nouvelle-Aquitaine en comptait 158, dont 81 seuil haut et 77 seuil bas. Cela représente environ 12 % du total national. Le calcul consiste à rapporter 158 à 1 299. Tous ces sites ne se trouvaient pas sur la trajectoire du feu.

L’exposition ne concerne pas que les établissements Seveso. Une base aérienne, une plate-forme logistique, un site de défense ou un réseau électrique peuvent être importants pour un territoire sans relever de ce régime. Éviter un second sinistre limite le risque que les perturbations dépassent le front de feu.

Comment ça marche

  1. Le feu approche d’un site et peut atteindre ses accès, ses réseaux ou ses abords végétalisés.
  2. L’exploitant réduit ce qui peut brûler ou être déplacé, tandis que les secours protègent les zones exposées.
  3. Ces mesures limitent le risque qu’un incendie de végétation provoque un accident industriel secondaire.

Les plans existent, mais le risque dépasse le site

Les installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE) regroupent des activités surveillées en raison de leurs risques ou pollutions possibles. Pour certains sites, l’exploitant prépare un plan d’opération interne (POI). Il s’agit d’un plan de crise pour maîtriser un accident à l’intérieur du site. Il doit être testé au plus tous les trois ans et actualisé si nécessaire.

Ce document ne remplace pas le plan particulier d’intervention (PPI). Le PPI est piloté par le préfet lorsqu’un accident peut avoir des effets au-delà du site. Il organise alors la protection de la population. Le POI organise la réponse de l’exploitant à l’intérieur de l’installation.

L’épisode girondin montre une limite pratique. Une usine peut être préparée à un incident interne tout en dépendant de routes accessibles, d’équipes disponibles et de réseaux fonctionnels. Elle dépend aussi d’un environnement végétal entretenu. Une mission publique recommande des diagnostics de vulnérabilité et des stress tests pour les sites Seveso. Ces tests évaluent la résistance à des scénarios extrêmes. Ils ne constituent pas de nouvelles obligations entrées en vigueur.

Le chiffrage des pertes devra attendre

Aucun chiffrage public consolidé des dégâts assurés, des arrêts de production ou des dommages aux infrastructures n’était disponible au 29 juillet. Les pertes de la filière forêt-bois ne l’étaient pas davantage. Il serait trompeur de convertir les évacuations, les bâtiments touchés ou le chiffre d’affaires d’une entreprise en pertes financières.

Le feu rappelle la dimension économique de la prévention. Entre 2006 et 2021, la France hexagonale et la Corse ont connu en moyenne 11 600 feux par an. Ils ont détruit 15 700 hectares par an. Les années diffèrent fortement : plus de 70 000 hectares ont brûlé en France en 2022, contre 5 440 hectares, hors outre-mer, en 2024. Ces repères nationaux ne suffisent pas à évaluer un risque industriel local.

Le prochain jalon annoncé est une carte fine de sensibilité aux feux. Sa maille serait d’environ cent mètres et sa publication est attendue fin 2026 ou début 2027. Elle pourrait mieux cibler la protection des logements, des activités et des infrastructures. Son calendrier reste indicatif.

Sources

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